CHAPITRE III
qil'un membre de la noblesse , de ihetti*e le peuple en garde totitre les dangers, et, par cette raisdn^ ce que j'^i dit en public je le répète nlaintenant devant vous^ « Si la noblesse de ce pays s'oubliait à ce » point de consentir à ce que vous fussiez unie a n un mari infidèle, elle renoncerait au Christ en ce » (}ui dépeiidhiit d'elle , bannirait la fbi et ti^hirait M la liberté du royauriie *: » La reine courroucée lui ordonna de sortir de sa présence. En passant par les antichambi*es , où étaient réunies quelques-unes des jeunes dames de cette cour dont il censurait les plaisirs, et qu'il vit parées et causant gaiement ensemble, il les apostropha avec une amère ironie : tf Ah! belles dames, leur dit-il, quelle plaisante vie que la vôtre si elle durait toujours et si nous pouvions à la fin aller au ciel dans ces belles pariires! Mais, obi la vilaine chose que cette mort qui arri-? vera quoi que vous fassiez! et, quand elle sera arrivée, des vers repoussants s'attaqueront à votre chair, lors même qu'elle ne serait plus aussi tendre, et la pauvre âme, je le crains bien, sem si faible qu'elle ne pourra emporter avec elle cet or, ces joyaux , ces perles et ces pierreries '. «
* &nox, Historg ofthe reformationy t. II, p. 388.
* Ibid.i p. 389.
* « Ah, feyre ladies, how pleasing wâS this lyeff of yours, if ït should ever abyd , and then in ihe cud ye my^jht passe lo heaven witli this gay gcar! But fyc upon that knave, Death, that will corne whither we will or not! And when
456 MARIE SÏL'ART.
Knox ne ménagea pas davantajj^e Murray, qui se montrait trop favorable aux desseins de la reine sa sœur. Il l'accusa d'abandonner Dieu pour se maintenir dans son autorité et dans son élévation. Mais il lui annonça que ses ambitieusei^ condescrendances ne le préserveraient point d'une chute prochaine ^ Murray, blessé de ses remonti'anccs , s'éloigna de lui. Leur vieille amitié se refroidit, et pendant dix-huit mois ils échangèrent à peine quelques mots. Lethington, revenu d'Angleterre, se plaignit aussi des emportements et des défiances du réformateur *, qui exposait sa souveraine aux soupçons et aux hostilités, en répandant le bruit qu'elle devait épouser le prince d'Espagne. L'opiniâtre Knox n'en persista pas moins à sonner l'alarme, et il écrivit à Cecil, avec lequel il était en correspondance suivie, que tout était compromis, et que, sur les douze membres du conseil de la reine , neuf étaient gagnés par elle et entreraient dans tous ses desseins '.
Mais le projet auquel Marie tenait le plus ne se
he lias laid on his areist, ihcn foull vvornis will be busyc wilh ibis flescbe, be it never so fayr so and tender, and ihe seally sowll, I fayr, shall be so feable, ibat it can neither cary with it g^old, garnassing, targattin(][ , pearle, nor precious slones. n Knox, History cf the reformations 1. 11^ p. 389. « lind,, p. 382, 383.
* Ibid.y p, 390, 391. — Tytler, 1. VI, p. 334.
* Knox à Cecil, 5 octobre 1563, lettre ins., au State Pap. Off., et dans Tytler, t. VI, p. 334, 335.
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