‹ Histoire de Marie StuatChapitre 78 sur 214 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Letliiiigtoii et au comte d'Argylc. Ceux-ci auraient été moins éloignés de cette union que Marie s'il en était résulté la reconnaissance de son droit à la succession d'Angleterre. Us promirent d'employer toute leur influence à y décider leur souveraine, dans le cas où la reine Elisabeth la déclarerait son héritière \ et ferait confirmer par acte du parlement la couronne d'Angleterre aux enfants qui naîtraient de ce mariage.

Mais il se présenta bientôt un autre prétendant moitié anglais et moitié écossais, placé dans une condition beaucoup plus favorable que lord Robert. Le comte de Lennox, de la maison de Stuart, proscrit en Ecosse pour avoir embrassé la cause d'Henri VIII, s'était réfugié en Angleterre, où ce prince lui avait fait épouser sa nièce lady Marguerite Douglas, fille du comte d'Angus et de Marguerite Tudor, veuve de Jacques IV. De ce mariage était né lord Henry Darnley, qui appartenait ainsi aux deux familles assises sur les deux ti*ônes d'Angleterre et d'Ecosse, et qui avait alors dix-neuf ans. Sa mère n'avait cessé d'entretenir des relations d'amitié et de parenté * avec Marie Stuart depuis le retour de celle-ci dans son royaume; elle lui fit proposer secrètement à cette époque de le prendre pour

* Lettre ms. de Randolph à Cecil du SO mars 1564, ex- Iraîte du State Pap. Off., et citée par Tyller, t. VI, p. 339. ^ Elle avait pensé à ce inariaffe dès 1561.

mari. Elle lui mppela , afin de Y y mieux disposer, qu'il portait comme elle le u surnom de Stuart , si agréable aux Écossais ^ , » qu il avait la même religion qu elle , et qu'il était après elle Théritier de la couronne. Dans l'embarras oCi elle se trouvait, Marie ne repoussa point cette ouverture, et elle autorisa le comte de Lennox à revenir en Ecosse pour s'y faire rétablir dans les biens et les homieurs qu'il avait perdus depuis sa forfaiture. Mais il fallait qu'il en obtint l'agrément d'Élisabetb. Cecil demanda à Murray et à Letbington si le retour de Lennox n'aurait pas de graves inconvénients pour la cause protestante et pour lem* parti. MuiTay lui répondit le 13 juillet 1564: ff Notre établissement, grâce à Dieu, n'est pas si faible que nous ayons à concevoir quelque crainte lors même que le premier sujet de ce

*■ u Lors madame de Lenox (comme tousjours despuîs que je fus remué* par elle avvoit fayt) m'envoyai visiter et par lettres et tokenes (présents) solisiter d'aesepter son fi)x, du sang d'Angleterre (et) d'Ëscosse, et le plus prosche après moi en sucsésion, Stevart di nom, pour tousjours entretenir ce surnom si agréable aux Escossois, de mesme relig^ion que moy, et qui me respecteroit selon que Fhonneur que je lu y ferois en cela l'obligeoit. A cela insistoit le comte d*Athol, le lord Lindsay, tous les Stevarts , et les catholiques. >• Fragment d'un mémoire de Marie Stuart sur son second mariage, dans Labanoff, t. I, p. 297.

' Cette phrase n*a pat de sent , elle a été probablement mal iraoscriie et il y a eu quelque mot oublié; je supposerait volonliers que le sens esl : depuis que je fus rentrée pnr elle avvoit eue fayt.

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