‹ Histoire de Marie StuatChapitre 79 sur 214 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

royaume viendrait se joindre aux factieux , parce que nous jouissons de la faveur de notre souveraine et de la liberté de conscience autant que nous pou* vons le désirer : qu'il vienne ou qu'il ne vienne pas» les affaires de la religion n'en ressentiront pas un grand effet K n Elisabeth, après quelques tergiversa* tions, permit à Lennox de se rendre en Ecosse et le recommanda môme par ses letti*es à Marie Stuart^> Elle entrevoyait le but -caché de ce voyage et n elait peut-être pas fâchée , dans le moment , que le fils du comte de Lennox aspirât à la main de la reine sa cousine. Deux prétendants comme lord Robert et lord Darnley suffisaient à peine , à ses yeux , pour écarter les prétendants continentaux qu'elle redoutait encore, et elle se flattait sans doute de les écarter ensuite facilement l'un et Tauti^e. Elle espérait ainsi empêcher tour à tour tous les mariages par des manœuvres adroites et des oppositions opportunes, et maintenir forcément Marie Stuart dans l'état où elle restait volontairement elle-même.

Le comte de Lennox arriva le 23 septembre 1564 en Ecosse '• Marie Stuart le reçut avec beaucoup de faveur et le rétablit bientôt dans son ancienne posi-

*■ JVfurray h Ceci], 13 juillet 1564. Lettre ms, extraite du * State Pap. Off., et citée dans Tytler, t. VI, p. 346. > Keilh , p. 254.

• Diumal of oecurents in Scotland, p, 77.— Tytler, I. VI, p. 347.

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tion, au QVanA déplaisir de la famille des Hamîltoii, ennemie de la sienne. Elle s'entretint avec lui du projet de mariage qui lavait surtout ramené dans son pays. Mais avant de prendre un parti , Marie voulut connaître encore plus sûi^ement les intentions d'Elisabeth à l'égard de son mariage et de ses droits éventuels à la couronne d'Angleterre. Elle chargea de cette mission délicate James Melvil, qu'elle fit partir pour Londres et qui devait aussi s'entendre secrètement avec lady Lennox pour hâter la venue de Darnley en Ecosse. Gentilhomme accompli et négociateur délié, James Melvil avait passé sa jeunesse sur le continent, dont il connaissait bien les intérêts et parlait les principales langues; il avait vécu à la cour de France, visité les cours d'Allemagne , fait partie pendant neuf ans de la maison brillante du connétable de Montmorency, possédé pendant trois ans la confiance de l'électeur palatin , et il était fort apprécié d'Elisabeth ', auprès de laquelle il ne pouvait pas manquer de réassir.

Cette princesse , aussi vaine comme femme que politique comme reine, montra en effet pour lui des empressements singuliers. Elle voulut qu'il mangeât chez madame Stafford , sa principale dame de confiance, afin d'être plus à portée de le voir et de conférer avec lui *. Elle fit de la musique et dansa en

» Mémoires de Meluil, t. I, p. 31, 45, 89, 99, 103, 105, 108, 113, 118, 119.— 2 rhîH., p. 148.

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