‹ Histoire de Marie StuatChapitre 82 sur 214 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

commencement de 1565 à Saint-André pour y jouir de plus de liberté en se séparant des affaires et de la cour, elle y fut suivie par Bandolph, qu^elle admit dans sa plus familière intimité. Elle vécut là sans pompe et presque sans suite dans la maison d'un marchand de Saint-André', et elle eut des épancfaements très-spirituels avec Tambassadeur d'Élisabetfa, soit à table, où elle le faisait asseoir à côté d'elle , soit dans ses pi*omenacles à cheval , où il raccompagnait*. Elle lui dit qu'elle ne pouvait pas différer de se marier sans encourir plusieurs inconvénients, et qu'elle était disposée à suivre les avis de sa maîtresse. « Si elle veut, ajouta-t^Ue, me traiter, ainsi qu'elle l'annonce, comme sa propre sœur ou comme sa fille , je me considérerai comme l'une ou comme l'autre, et je n'hésiterai pas à lui obéir et à l'honorer comme ma sœur ainée ou comme ma mère. Mais si elle ne veut jamais voir en moi que sa voisine la reine d'Ecosse, tout en me trouvant disposée à vivre en bonne amitié et à maintenir la paix, elle ne doit pas s'attendre à des concessions

* Tytler, t. VI, p. 362. —Elle y dit à Randolph, qui lui parlait d'affaires : u I see now well that y ou are weary of tliis cotnpany and treatment. I sent for you to be merry, and to see how lîke a bourgeoises wîfe I live, with my little troop, and you will interrupt onr pastîmes with'your great et grave maUers. n Randolph à Cecil, 5 févr. 1565. State Pap. Off., et Tytler, t. VI, p. 362.

«Tytler, t. VI, p. 362. 363.

auxquelles je me résoudrais volontiers autreineni'. » A la fin de cet entretien, où il fut question de Lei* cester , elle sembla subordonner la détermination qu'elle prendrait envers lui ^ à la reconnaissance du titre d'héritière légale du trône d'Angleterre. Ban**dolph lui ayant en effet demandé ce qu'elle pensait de Lcicester : « Ce que j'en pense^ lui répondit-elle^ c'est qu'il doit être un véritable gentilhomme, d'après l'avis de beaucoup de gens^ et tel que la reine ma bonne sœur , qui le jugerait digne d'être son mari s'il n'était pas son sujet, ne doit trouver aucune objection à ce qu'il soit le mien^« Du reste, ajouta* t'cUe, ce que je ferai dépendra de la volonté de votre maîtresse, qui sera mon guide et ma règle*, n

^ Même lettre de Rândolph, ddtis Tyder, t. VI, p. 364.

* « My miad towards him is such as ii ought fo be of a very noblerasn, as I hear ssy by very many^ and iilch one, as the queen, your mistress, my good sîsler, doth so weel ]ike to be her husband) if he were not her subject, ouçfat not lo mislike me to be mine. » Tytler, t. VI, p. 367, et Chalmerâ, tke Life of Mary qtteen ofScôtts, i, I, p. 195. La dépêcbe de Randolpk est tout enlière dans ce dernier ouvragée, de la page 190 à la page 197.

^ et Marry, lui dit-elle, wbat I sball do, lielb in your mistress's wîll, who sball wholly guide me and rule me. » Tytler, t. VI, p. 367, et Chalmers, the Life of Mary queen of ScoUs, t. I, p. 195. — Elle reprochait à Elisabeth d'être à cet égard sans résolution : « IIow wîlling I am to follow bcr advice I bave shown inanv tiiues, and vet I can tind in her

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