‹ Histoire de Marie StuatChapitre 83 sur 214 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Cette négociation en était là loi*sque Henri Damley arriva en Ecosse , Elisabeth lui avait permis de rejoindre le comte de Lennox, sous prétexte de se*conder son père dans des arrangements de famille. Elle n'ignorait pas ses prétentions , et peut-être prévoyait-elle qu'il traverserait le mariage avec Leicester tout comme Leicester avait travci*sé les négociations engagées avec les princes du continent. Au fond 9 cette princesse tortueuse visait à prolonger les tti*^ certitudes et à tout tenir en suspens. Damley reçut de la reine sa cousine le plus aimable accueil ^ . Il avait des manières agréables , beaucoup de distinc* tion extérieure et tout le charme de la jeunesse. Il y joignit, sur le conseil de ses ambitieux parents, assez d'habileté. Plus adroit qu'il ne sut l'être depuis , il chercha, dès son arrivée, à capter Murray en se plaçant sous sa direction ; il assista le matin à tm ser** mon de Knox, et le soir il dansa une gaillarde avec la reine*. C'était vouloir rassurer l'Église défiante d'Ecosse et gagner les bonnes grâces de la cour.

A partir de ce moment, la lutte s'établit entre les

no résolution or détermination* « Tytier, t. Yl, p. 364 , et Ghalmers, the Life of Mary queen ofScotts, t. I, p. 192.

* 11 y arriva le 12 février. Lettre de Randolph à Geoil, 12 février 1565, au Stat. Pap. Off., et dans Tyiler, t- VI, p« 368 «

a Lettre de Randolph à Ceci], 19 février 1565, nu St. Pap. Off., et dans Tytler, t. VI, p. 369.

deux pretendants du parti réformé et du parti catholique, entre Leîcester soutenu par Lethington et Murray, et Damley qu appuyaient fortement le comte d'Athol, tous les barons écossais restés attachés à la vieille croyance , et un Italien nommé David Riccio, qui avait remplacé RauUet comme seci*étaire de la reine pour la correspondance française , et qui avait déjà pris beaucoup d'empire sur elle. Lethin{][totf écrivit alors à Cecil plusieurs lettres remplies des considérations les plus politiques en faveur d'un mariage ^u'il considérait comme pouvant être si utile à leur cause commune et à leurs deux pays. Il le conjurait d'obtenir de la reine Elisabeth la condition seule propre à en décider le succé^. Mais Elisabeth se plaignit qu'on fit de cette négociation un marché ' , et elle se moqua de Lethington , qui , parlant sans cesse de sa succession , lui semblait être une horloge de mort sonnant à chaque instant le glas fwièbre*. Lethington répondit que sa maîtresse avait besoin d'opposer une raison pareille aux objections des princes étrangers, afin qu'on sût partout que, dans la question de son mariage, elle n'avait pas cédé légèrement à la requête de la reine d'Angleteri'e. Quant

* « As transforniing the negotiation too much into a matter of bargain. » Tytier, t. VI, p. 371.

^ u That Maîtland in hîs constant allusions to the succession, was, Hke a death-watch, cver ringing her knell in her hears n Ibid.

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