CHAPITRE III
à lui, laissant éclaler un enthousiasme qui ne lui était pas habituel, il entretint Cecil de Funion de l'Angleterre et de TÉcosse, qu amènerait ce mariage, avec* un noble patriotisme : «< Cet événement nous assurerait, à vous et à moi, lui dit-il, une mémoire plus glorieuse, et de la part de la postérité une reconnaissance plus solide , que n'en ont obtenu ceux qui aidaient vaillamment le roi Edouard P' à conquérir l'Ecosse et le roi Robert Bruce à la recouvrer * . >»
Murray n'oubliait rien non plus pour persuader Elisabeth. Il faisait conjurer Cecil d'intervertir auprès d'elle, afin que reconnaissant le droit de Marie Stuart à la couronne d'Angleterre, elle accélérât son mariage avec Leicester. Il disait que, si ce mariage ne s'accomplissait pas, il perdrait lui-même toute son influence; que la politique qu'il avait conseillée et qui avait été suivie à l'égard de l'Angleterre, depuis quatre ans, serait infailliblement abandonnée; que la reine sa sœur se défierait d'autant plus de lui qu'aucune des espérances dont il l'avait flattée et en vue desquelles il l'avait fait agir ne se serait réalisée ; que la déférence qu'elle
* u Would secure a more g^lorious memory, a more unfading gratitude in the âges to corne, than belonged to those who did most valiaDtly serve king Edward the first in his conquest, or king Robert the Brace, in bis recovery oF the country. » Lelbington à Cecil, 1*' février 1565, au St. Pap. Off., et dans Tytler, t. VI, p. 371, 372.
avait luoiitréc pour la reine Llisobeth cesserait; qu elle se rapprocherait de ses parents et des princes catholiques du continent dont elle s'était éloignée ; que le nouveau roi lui en voudrait mortellement à lui-même d avoir ti^vaillé au mariage d'un autre et cherché à empêcher le sien; que, si ce roi était papiste, il faudrait ou lui obéir ou passer pour le chef des mécontents , et s'exposer à des traverses et à des misères qui avaient cessé depuis cinq ans '.
Ces fortes raisons auraient dû. décider Elisabeth , dont Marie Stuart semblait attendi*e la résolution pour arrêter la sienne. Elle avait répété à Randolph que la reine d'Angleterre prendrait , si elle le vou* lait, le plus grand pouvoir sur ses déterminations. u Mon mari , lui di8ait<elle , doit êti*e comme celui que votre maîtresse veut me donner ^. Mais Élisa^ beth , qu'agitaient des sentiments contraires , était poussée par sa politique à céder Leicester à la reine d'Ecosse, et par son affection à le garder pour elle. D'ailleurs elle éprouvait une répugnance invincible a se donner une héritière. Aussi Cecil écrivait-il: it Sa Majesté la reine désire bien que milord Lei-* cester parvienne à la haute position d'être le mari
* Randolph à Ceci], 4 mars 1565, au St. Pap. Off., ei dans Tytier, l. VI, p. 370, 371, noie 1.
' u And as 1o marriage, my husband niust be sueh a one as she will give me. » Randolph à Cecil , 4 mars ] 565 , au St. Pap. Off., et dans Tytier, t. VI, p. 369.