‹ Histoire de Marie StuatChapitre 86 sur 214 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

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croyance catholique. Elle fit revenir de France Faudacieux comte de BotliwelP pour s'en sw'vir au besoin contre Murray, dont il était Tennemi personnel et qui lavait contraint de se réfugier sur le continent depuis plusiein*s années , et se proposa de remettre en grâce le comte de Huntly , dont Murray avait abaissé la maison.

Mais ce mariage rencontrait aussi beaucoup d'obstacles et causait de grandes alarmes. Le parti protestant et les lords de la congrégation le repoussaient comme un acheminement à la restauration du catholicisme. Le duc de Chàtellerault et tous les Hamilton, adversaires depuis longtemps irréconciliables des Lennox , y entrevoyaient la ruine future de leur maison. Murray , qui aux yeux de Damley possédait un trop grand pouvoir*, en attendait sa disgrâce certaine. Enfin la reine Elisabeth était, par là, exposcîc à l'inimitié prochaine de l'Ecosse, dont le roi et la reine pourraient s'appuyer sur les puissances catholiques de l'Europe et exciter contre elle ses nombreux sujets restés attachés à l'ancienne religion du royaume. Le comte de Lennox ne s'en cachait pas ; il disait imprudemment que le roi d'Espagne serait leur ami et qu'ils pouvaient compter sur la plus grande partie de l'Angleterre *.

* Tytler, t. VI, p. 380.

> Randolph à Cecil, 21 mai 1565, au Stat. Pap. Off., et <1an« Tytler, t. VI, p. 378.

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Décidée à épouser Damley malgré ces redoutables oppositions, Marie Stuart essaya d'en diminuer le nombre ou la force. Elle avait fait condescendre à son mariage le facile Letbington , elle voulut y gagner Murray , qui était moins accommodant et qui s'était déjà retiré de la cour. Elle le rappela auprès d'elle et lui demanda, sous peine de s'attirer son déplaisir, de signer un papier contenant l'approbation de son mariage et la promesse de le favoriser par tous les moyens. Murray s'y refusa et lui dit avec une fermeté froide que ce mariage était trop précipité, que les princes étrangers le jugeraient mal, que la reine d'Angleterre s'en offenserait, et que d'ailleui's lui, considérant avant tout les avantages que le mariage de la reine pourrait apporter à la vraie religion du Christ, ne se sentait pas disposé à désirer qu'elle s'unit à quelqu'un qui s'en était montré jusqu'alors plutôt l'ennemi que l'ami '. Marie, irritée de cette résistance , employa tout pour en triompher; elle pria, menaça, se fâcha, conjura, mais ce fut en vain. Elle congédia Murray en lui reprochant son ingratitude. Elle lui attribua les plus

Lennox) (hat be is sure of the g^rcatcst part in Eng;land, and that the kîng^ of Spain will be his friend. » Randolph à Cecil, 3 mai 1565, au Stat. Pap. Off., et dans Tytler, t. VI, p. 386.

* Randolph k Cecil, 8 mai 1566, au State Pap. OfF., et dansTyiler, t. VI, p. 390, 391.

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