CHAPITRE in
ambitieuses intentions y jusqu'à prétendre qu'il aspirait à devenir roi d'Ecosse, u Je vois bien, dit-elle, à quoi il tend ; il voudrait mettre la couronne sur sa tête '. w
Murmy justifia en partie les défiances de sa sœur par l'hostilité de ses démarches. Il parut dans Edimbourg à la tête de cinq ou sin: mille ^ personnes pour y faire condanmer le comte de Bothwell j qu'il accusait d'avoir complote plusieurs fois contre sa vie et que sa sœur rappelait de l'exil. Il se ligua avec le comte d'Argyle et le duc de Chàtellerault dans le dessein de se soutenir et de se défendre en commun. 11 s'entendit avec les ministres de l'Église protestante qui s'étaient assemblés à Edimbourg , afin de pourvoir à leur sûreté qu'ils croyaient menacée. 11 s'adressa, par l'entremise de Randolph, à la reine Elisabeth j dont il réclamait l'assistance qu'elle était disposée à lui accorder'.
Cette princesse, en effet, s'était vivement prononcée contre le projet de mariage avec Damley , que lui avait annoncé l'équivoque Lethington. Loin d'y donner son assentiment , conune elle en était
* « So far suspecteth raylord of Murray that, no many days since, sbe said «that she saw whereabout he went, and ihat he would set the crown upon hîs own head. » Randolph à Gecil, 3 mai 1565, au State Pap. Off., et dans Tytler, t. VI, p. 383.
« /«rf., p. 381. ~ 3 îhiiL, el Tytler, p. 387, 388.
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sollicitée , elle en avait soumis l'examen à son conseil privé qui , le V mai , le déclara unanimement préjudiciable aux deux reines et dangereux pour les deux royaiunes * . Dans son dépit , Elisabeth , oubliant les instances qu'elle avait faites naguère en faveur de Leicester , dit à l'ambassadeur de France Paul de Foix : « Qu'elle n'aurait jamais pensé que la reine d'Ecosse eût le cœur si bas, de se marier avec le fils du comte de Lennox, avec son vassal *. » Elle chargea en même temps Throckmorton d'aller porter à Marie Stuart l'avis du conseil privé d'Angleterre et de mettre obstacle à son mariage en se servant de tous ceux qui y étaient contraires. Throckmorton devait lui proposer de nouveau Leicester , et en outre lui laisser le choix du duc de Morfolk ou du comte d'Arundel ^.
Mais lorsqu'il arriva en Ecosse, Marie Stuait s'était tellement avancée qu'elle ne pouvait plus recu-
* u As prejadîcial to both tfae queens, and consequently dang;erous to the weal of both couhtries. » Keith , p. 270, 274, 275.
* Dépèche ms. de Paul de Foix du 24 avril. Biblioth nat., fonds Saint-Germain Harlay, n*" 218.
^ « Et si le mariage du fils de Lenos n'est conclud, iceluy empescher, en proposant à la royne d'Escosse des parts de la royne d'Angleterre le choix de trois , qui sont : le duc de Norfolk y comtes d'Arundel et de Lecestre. » Dépêche ms. de Paul de Foix. Bibl. nat., fonds Saint-Germain Harlay, n« 218.