‹ Histoire de MarseilleChapitre 11 sur 28 · BIQUE DR MARSEILLE DE · texte numérisé non relu

BIQUE DR MARSEILLE DE

Les emprunts , que nous avons faits aux statuts municipauoo de Marseille, au moyen-âge , suffisent pour démontrer la supériorité de son régime démocratique sur celui des Républiques Italiennes , où l'élément aristocratique dominait cssenlieUement. Ces statuts, dont naus n'avons cité que les bases fondamentales , forment un manuscrit in-folio de 1G0 pages, connu sous le nom de Livre HmigB , à cause de la couleur de sa reliure.' Pas un article n'y consacre un privilège , un préjugé. Giaque page , au contraire , y respire des principes d'égalité et de fraternité ; le code entier est le palladium de la liberté ! Epoque glorieuse » admirable , pour la fille de Pbocée , que celle où , — ville libre et chrétienne , elle déclarait fièrement ne plus relever que de son seigneur Jésus-Christ et donnait , pour date à ses actes officiels, Tannée du rè^ du Rédempteur des hommes {Jent-ChrUtoregnaaté) t Livre éternellement suUime , que celui où les citoyens d*une République , sans autre distinction que celle des vertus , du talent et de la noblesse du cœur , pouvaient lire les mêmes droits et les mêmes devoirs pour tous !

Depuis longtemps , on su le rappelle , le royaume do Provence avait pris le titre de comté. Après la mort de Contran ii , le dernier comte de la maison de bosou {\ OOij , Gerberge , sa sœur , en

' Uû reste de diaîiie , fixée à la couverture du livre , atteste h prix (juc les Marseillais lui «iomiaieol. Oo sait que les maouscrits rares étaient arrêtés par une petite chaloe de Ter , afio itm tnpêdMr renlèvemeiit Cdoi de Bfaneill« était aini {dicé wr le pupitre qui le trouvait tes la saDèdo conidl municipal. Du reste , cet vaage s'est conservé Ûen loi^(teaipB. Aa rennieDcement du xv» sii^rle . Jean de Bonifacc , prévôt de la Major , appelé à l'évêché de Gbodevès , donna au Cfiapitre de Marseille un bréviaire , relié en velours vert et embelli de deux i^rafes en vermeil , sur lesquelles étaient ses armes ; mais il imposa la condition que ce Kne serait sttadié dans le diœiir avec une chafoe de fer, et que le Chapitre a'aimil pes la atrté da le tnasparter aillaon w de ralîàier (1405).

avait apporté l'Iiéiitago h snn r'poux Gilbert , viconite deGévaudaQ «t seigneur de iMilhaud et de Carlad. Gilbert mourut en 11 09 , ne laissant que deux filles uniques, Dourc et Etiennette. L'une fut mariée à Raymond-Bérenger m , comte de Barcelonne et descendant de Geoffroi-le-Velu (1112); l'autre épousa Raymond de fiaux , et lui apporta des domaines considérables connus sous le nom de terres baussenques. Douce , investie du comté de Provence par sa mère , en fit donation à son époux , par acte du 1 3 janvier 1113 ; et , dès lors , la Provence échut aux comtes de Barcelonne , à Texception du marquisat, comprenant tout le pays situé entre la Duranoe, l'Isère et le comtédeForcalquier, qu'Alphonse lourdaîn, comte de Toulouse , obtint comme héritier de la fille de Rotbold , dans un traité de partage signé le 1 6 septembre H 25. Le mariage d'Etiennette fut Torigine d^une guerre d'ambition entre les princes de Barcelonne et Raymond de Baux qui prétendait s'agrandir à leurs dépens ; et la Provence se débattit , durant quarante-deux ans, dans la plus violente anarchie. C'est au milieu de toutes ces luttes que les communes provençales s'affranchirent de la tyrannie féodale. Arles, la fille chérie de Rome, la capitale des empereurs gothsetdes comtes de Provence , Arles se souvint de ses libertés municipales et se donna , sous le titre de consulat, uneConstitutiou républicaine, vers 1150. Nice, impatiente de la domination de Ravinond-Bérenger m, répoiuiait à coups de ilèobes à l'hommage avilissant que le comte réclamait d'elle, en 1165. Avignon se plaçait également, en 1151, sous l'égide consulaire. Grasse, Tarascon, Brignoles, Âpt, Reillane, le bourg de Saignon, Embrun et Sisteron eurent leurs communes et leurs consuls. Ainsi , toutes ces villes , sorties à la faveur du commerce , de cet état d'abaissement où la Barbarie du x* siècle les avait plon^^ées , formèrent sur la terre de Provence , en proclamant leur aflrancliissement , un faisceau étroitement serré, qui s'unissait par les nœuds d une intime alliance aux républiques d'Italie. Longtemps avant son organisation entièrement républicaine, la commune de Marseille avait assez d'indépendance pour contracter des alliances , déclarer la guerre et signer des traités de paix tantôt de concert avec les vicomtes , tantAt en son propre nom. Vers Tan 1 %H , dans le but d'humilier la fierté de Gènes qui , aspirant au sceptre des mers ,

DE MARS6IUE. il9

«herchâlt à écraser toutes les villes maritimes du voisinage , elle se déclara pour les Pisans ; mais , après avoir essuyé plusieurs écbecs sur mer, elle conclut la paix avec les Génois pour vingt

ans (août 1 21 1 ). Â peu près & la même époque , elle fit avec Arles un traité , en vertu duquel les Ârlais , habitant Marseille , se U-ouvaient affranchis de certaines charges , et réciproquement. En 1216 , Sauce , comte de Provence , signa avec Guillaume VivuutJ , Cerléon et Salomon , recteurs do la ville , l'engagement de protéger et de deleuili e la nouvelle Réj>ul)li(|ue , et » de ne faire aucune paix ni aucune guerre , sans avoir pris , à ce sujet , l'avis des recteurs de Marseille, — nisi cojisilio nelorum. » En 1^19, Hugues, comte d Empurias, députa aux Marseillais une ambassade solrnnelle , pour leur offrir sou alliance. Ils aecueiliirenl digneuieul ses envoyés et en obtinrent , par un traité , l'autorisation de faire librement le négoce dans les Etats du comte, et l'exemption du droit de bris , qui donnait au seigneur de l'écueil tout ce que la mer lui jetait. La même année , Marseille conclut avec Nice un U^té célèbre , dont le préambule démontre combien la noble cité s'enorgueillissait de son indépeiulance : «Au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, disait-elle, l'an de l'incarnation douze cent dix-neuf, la cinquième édiction, le six des calendes de septembre. C'est au nom de Jésus-Christ que nous accomplissons nos desseins et nos actes ; car par lui nous avons conquis la liberté de notre ville et nous avons décoré notre République ; c*est à lui que nous devons Taccroissement que nous avons donné aux droits et aux avantages de notre ville , ainsi que le maintien d'une paix que son aide nous permettra de conserver dans Tavenir; Dieu lui-même gouvernant seul notre ville. * Ces quelques mots , inscrits en tète d'un pacte fraternel , il y a 631 ans , offrent , selon nous , à la jeune et forte génération du xix' siècle , la formule la plus nette , la plus simple de cette démocratie chrétienne , qui doit , un jour, rallier tous les peuples autour de son drapeau.

Cependant , par inie étrange anomalie , Urmlis (jue, dans la ville basse, on proclamait h» liberté au nom de Jésus-Christ , — dans la ville haute . la tyrannie leockdc continuait à régner sous la même ÎDVûcatioo. Arme à deux tranchants , la religion , entre des mains

pures, déracinait les abus et coupait les liens du la servitude; puis, entre des mains impies, elle frappait le pauvre et le faible et creusait profondément la ligne de démarcation qui séparait la bouTigeoisie et la plèbe — de la noblesse et de 1 Eglise. Avec une même origine , avec le souvenir de communes souffrances et d'une commune gloire , Marseille n'obéissait plus à la même destinée ! Marseille ne formait plus une seule et même famille ! Enhardie par Texemple de aa sœur, la cité épiscopale voulut , à son tour, vivre sons la protection des lois démocratiques. £lie se révolta contre rautorité temporelle de Tévèque , et se constitua en République (1219). Hais elle commît une fauté énorme. Privée de ressources suffisantes pour affermir son triomphe » elle aurait dû s'unir à la cité inférieure , en se plaçant immédiatement sous l'égide de son administration ; et cette union eût assuré sa délivrance, en ajoutant à la puissance de la République. Soit orgueil, soit oubli , dans le premier moment d'enthousiasme et d'effervescence, elle improvisa son conseil de ville , son podestat, ses syndics et ses juges. Le podestat, nommé Rican , publia diverses ordonnances , créa plusieurs offices et investit Guillaume Arnaud des fonctions de notaire. Certes, les citoyens de la ville haute surent prouver que le sang Phocéen coulait aussi dans leurs veines. Toutefois , leui imprévoyance compromit leur victoire ; car les forces faillirent à leur noble ambition. Pierre ii de Montlaur, leur seigneur et leur évêque , ne larda ])a> a les faire rentrer sous son autorité. Il convoqua le peuple sur une place pul»iique , par un hérault , au srm li*' la irniiiitctte ; et, accompagné fle l'archidiacre et de quatre autres chanoines , il prononça lui-même l arrét qui condamnait l'insurrection. Cet arrêt disait : «ISous, Pierre, par la grâce de Dieu , évèquc de Marseille , à qui appartient la pleine et entière juridiction temporelle , de quelque espèce que ce soit , dans la ville supérieure ; juridiction que Jésus-Christ a donnée , de temps immémorial , à nos prédécesseurs et à i'Ëglise BiarseiUaise ; prononçant en dernier ressort , cassons , annulons , bannissons du souvenir des hommes , toutes les sentences que nos infidèles vassaux , leur podestat , leurs syndics ou leurs juges ont prononcées, tout ce qu'ils ont établi en matière de tutelle , de curatelle et de contrats, et généralement tous les actes où ils sont intervenus

comme personnes publiques, et nommément la création d'une cbaige de notaire en faveur de Guillaume Arnaud. »

Les habitants se résignèrent et reconnurent ou feignirent de reconnaître que la juridiction temporelle de la ville épiscopale appartenait à l'évêque , et qu'ils l'avaient injustement usurpée. Ils promirent on conséquence do ne jamais tenter d'établir le consulat , ni de former aucune association ou confrérie avec les citoyens de la cité vice-comilale ; ils se déclarèrent les vassaux de l'évêque , lui jurèrent foi et lioiiunage sur l'évangile ; puis un acte, scellé du sceau épiscopal , et signé par quatre des notables de la ville, fut destiné à perpétuer ce serment.

Marseille , qui n'avait donne signe de vie . sous le règne de ses vicomtes, qu'à l'époque des croisades, ne quitte plus la scène historique, àdaterdu jour de son indépendance. Alliée de Raymond Vf, comte de Toulouse, — contre qui les moines deCiteaux avaient publié une croisade , dans la conviction qu'il avait assassiné Pierre de Casteinau , religieux de leur ordre , — elle le secourut , sans se soucier du reproche d'hérésie qu'on lui faisait bien à tort , parco qne ce malheureux prince passait pour le protecteur des Albigeois, — réformateurs un peu trop mystiques , un peu trop égarés dans rîdéal des croyances chrétiennes primitives. Hais Raymond manqua de cœur. Cité , le 4 8 juin 1 209, devant le concile de Valence , il8*y rendit, promit obéissance au légat, livra les sept plus forts châteaux de ses domaines , et , descendant , dans sa déplorable lâcheté , les derniers degrés de la faiblesse et de la honte, se laissa conduire à Saint^ailles. Là , en présence des archevêques d'Arles , d'Àix , d*Aucb, des évéques de Marseille, Avignon, Cavaillon, Carpentras, Vaison , Trois-Châteaux , Nice , Apt , Sisteron , Usez , Viviers , Orange, Nîmes , Agde , Maguelonne, Lodève , Béziers, Fréjus , Toulouse, et une foule de peuple, il lut uni formule d'amende honorable écrite par le légat en termes avilissants, et fut publiqiununî fouetté, les épaules nues, sur la tombe de Pierre de CasîdiKoi. F^e Irmlf nuln d»» refte humiliation. — après avoir pnniiis d abandonner 1rs Albigeois, et d'obéir aux volontés du l 'Hitife; après avoir Hvk !os clefs de ses forteresses et licencié ses tiuupes, il apprit qu une armée formidable , commandée par les comtes de Ne vers , de Montfort , de Bar-sur-Seine , de Saint-Paul,

183 HISTOIRC

par le sénéclial d'Anjou , les archevêques de Rouen , de Reiiiis el de Sens , et par les évêques de Lizieux , de Chartres , de Beauvais , de Bayeux , d'Autun, de Nevers et deClermnnt, était arrivée à Ia'Oh. Raymond alla au-devant de ces Aînaliques, mil comme eux la croix de soie rouge sur la poitrine et les conduisit contre son neveu Trencavel , à Béziers , où ils entrèrent , le %\ juillet , sous la conduite du fameux abbé de Citeaux.

Ainsi, traître à son pays par lâcheté, repentant de ses erreurs et toujours en butte aux persécutions du Saint-Siège , Raymond mourut (août 1 222) en léguant sa mauvaise fortune à son fils , Raymond tii. Marseille resta dévouée à la cause du jeune comte et puisa, dans son propre ressentiment, le zèle avec lequel elle essaya de le remettre en possession de ses Etats. En effet, elle était encore sous rinfluence du dépit que lui causait un échec récemment éprouvé dans un différend avec l'abbaye de Saint-Victor« On se rappelle que le vicomte Roncelin avait cédé une même portion de ses biens au monastère et à un gentilhomme Bbrseillais nommé Anselme; puis, — que celui-ci passa ses droits à la commune. L'abbé deSainWVictor, premier acquéreur, attaqua le second acte de vente De son côté , la République contesta Tauthenticité de la ce8si<Hi faite au couvent et se prélendit légitime propriétaire des droits seigneuriaux de Hoiicelin. Toutefois , obéissant à de hautes conveiiances , elle oflVil généreusement de transiger. Le prieur refusa toute indemnité , et » sans calculer les chances de son entêtement , recourut à l'intervention pontifirale. Honorius m chargea trois députés (le maintenir Taliliaye dans l'investiture des biens de Roncelin, et, en cas d upiMsilii^n , de frapper d'excommunication la Hépublique rebelle. Ces députés accomplirent en tous jxnins les volontés du Saint Pbre et arborèrent en L^rande pompe, sur le sommet de la tour du Tolonée , une croix et une bannière aux armes de Saint-Victor, en signe de possessicm. Le peu|de laissa soudain éclater son mécontentement d'une façon menaçante , et le podestat fit abattre la bannière. L' évoque de Marseille , Benoit d'Alignagno, successeur de Pierre ii de Montlaur, l'abbé Bonlils, prieur du monastère, Honorius lui-même , réunirent leurs efforts pour vaincre les résistances de la hautaine cité. Biais le peuple fut inflexible et brava les colères de l'évéque et du prieur aussi bien

DE MARSEILLE. t83

que les foiulrcs du Vatican. Le temps put entin ealmerles esprits et amener une li aiisaction , en vertu de laquelle les religieux afFermaient , pour six aii>, à la ville inférieure, la portion de seigneurie, objet du litige, moyennant une somme de 500 sous royaux couronnés, payable annuellement à la fête de Sainl-Vietor, — et sous condition de retour à l abbaye , à l'expiration du terme.

C'est donc par rancune contre le Saint-Siège que les Marseillais redoublèrent d'attaebement pour le comte de Toulouse. Ils combattirent pour lui , dans le Venaissin , contre les croisés , avec les habitants d'Avignon, de Saint-Gilles, de Beaucaire, et de Tarascon, et poursuivirent avec acharnement le cardinal Bertrand , légat du pape , qui ne rougissait pas de jouer le premier rôle dans une guerre où toutes les lois étaient violées , où le fanatisme engendra des crimes affreux , et que termina la mort du comte de Montfort ; car il en était seul la tête et le bras. Son fds Amaury» trop faible pour continuer la lutte , abandonna le siège de Toulouse et implora l'appui du roi de France. La mort empêcha Philippe-Auguste de répondre à l*appel d'Amaury. Louis vin , héritier des instructions de son père , se garda bien de trop presser les Toulousains , pour mieux forcer le fils de Montfort à céder ses droits. Dès qu*il fut arrivé à son but, Louis leva le masque, et» toujours sous le motif banal de la croisade contre les Albigeois, il accourut à la tète d*une puissante armée. Ecrasé par le nombre , Raymond-leieune recula devant l'oriflamme rouge de France , lorsque la mort renvoya le roi à Saint-Denis, cloué dans un cercueil. Sous la régence de Blanche de Castille, le comte de Toulouse , entouré de trahisons, et voulant mettre un terme aux maux que souffraient ses fidèles sujets , sul>i( un ti aik; ^1 228) , œuvre d'iniquité , dans laquelle la croisade avoua que les malheureux Albigeois n'avaient été iju un prétexte puiu ( uuviir le grossier intérêt temporel du Sainl-Siége et la cupide ambition de la royauté ; pour donner Avignon au pape et Toulouse au roi de France.

Heureusement sortie des hasards d une guerre , oii le ressentiment Rvâit jeté sa fortune, Mai^ ille travaillait, chaque jour, à l'aflernussementde ses institutions républicaines. Aussi, la voit-on, dès cette époque , multiplier ses alliances , consolider par de nouvelles transactions et augmenter ses droits territoriaux et étendre

ses franchises commerciales. En 1:2^3» elle signe un compromis .avec les co-seigneurs d'Hyères et de Brégançon , soutient ses droits contre la ville épiscopale , comme Tatteste un acte de la même année , et obtient de Robert de Ibelino , seigneur de Beyruth , l'exemption des droits d'entrée et de sortie pour ses marchandises. Bérenger, dernier comte de Provence de ce nom , qui, en 1218, avait accordé à la nouvelle République la faculté de battre la men- . naie d'argent , passe avec elle , en 1225 , la transaction suivante : « 1<> Le comte confirme les acquisitions faites par l'université Marseillaise. — 2* Le comte recevra de la commune, pour cette confirmation, 25,000 BOUS royaux.— 3*^ Les Marseillais garderont l'ile de Corenthe , le château qu'ils y ont bâti et le port de Bouc. — 4* Le comte devra faire enlever tout ce qu'il a fait dans Vile de Saint- Géniés% et ne plus y élever des fortifications, ce que la commune

' La commune des Martigues ( lou Martégué ) , Tune de« plus remanyuables du département , a cela de particulier que Uhis ceux, qui cbercbeot à la bien connaître, la trouvent de pliv n plpi intémiiunte à maniri étèodeot lenn obMrnlioai. Les gniiib dimg»- . nentsqui Msont opMidiwIeslMra,rnié|Misal^

^Ue au milieu des eaux , les vastes étangs sur lesquels elle domine et dont elle garde rentrée , tout frappo (rélonoemcnt ; et, lorsque Ton considère d'un côté tes nombreux avantages d'une si belle position , et de Tautre le peu d'étendue et de population de cette Venise de laPlovenoe, en «e dénude pourquoi tairt de tmiroe» de prospérité n*«nt pis eale réwdltt qu'en devait en attendra.

Dans les temps qui ont procédé les op 'rations militaires de Marius , ces îles , occupées maintenant parla vjllede Martigues, étaient environm'es rl'un terrain fangeux qui •î'éleiidait dans toutl'^pace qu'occupent les bouriiigues. Lu auirc marais existait aux bourdigiiôs de Boue. Les caax sanbeodaiites éi Yétaat de Bem s*éooidaient I traveis oee boatien et se rendaient à la mer par deux embouchures qui entourent encore aiqoarfbui l'tle où est bAtie la tour (le Roue. Le.>; aiu-icns historiens ou géoi,Taphes soit grecs, soit latins, ont considéré rcs ein!»ûii( lnircs comme celles d un llenve (ju'ils ont appelé Ccrnus , par abréviation de Lœnodus , bourbeux, pleiu de fauge, a cauâo des nianuâ boueux qu'il lraveR»ait. Le nom de Ceno^VitilU eu Vùm Cœnut , est raslé à remboodiare orientale.

Selon la tradition , la population romaine des Martigues fut convertie au christianisme par Saiul-Géniés ou Gênez qui fut martyrisé à Arles sous l'empire de Dioclétien , vers la Gn du W si^^le. lorsque le christianisme devint la reli^^ion dominatile , on Mfit une chapelle h ce saiul martyr sur les bords de l'étaug de Caroute, et il se iurma autour un village. Du temps desSamsins tout cepeysftit itv^, et lonqne ees iniblèles eoient été chassés de tonte la Provence , ils ne laissèrent pas de faire des courses sur la cùte. Les Normands letvsnceédrrent dans le x* sit^cie ; de sorte que les pécheurs du village de Saint-Géniés , appelé dans tes actes du temps cusirum sancti-Genesii , se voyant sans cesse exposés aux insultes des corsaires, cberchireot un asile dans l'ile de Dlascon (du Martigues), qui prit alors le nom de /Miiftf Mneft-Gmeaii. Vm le mOiev do xii* siècle i Gérard'Tenqiie , fondalenr de l'eidie

promet de son oAté. — 5^ Le comte a droit à la quatrième partie de tous les revenus du Castel-MarteiUais, — 6^ Le comte et la ville devront jurer annuellement robservation de ce contrat. »

A la même époque , Raymond et Hugues de Baux revendiquèrent la portion du domaine seigneurial qu'ils avaient aliénée. Raymond soutint le premier ses prétentions et recourut aux armes. Mais il Intel vint im li aité . dont voici les articles : « Les parties se quittèrent de tous les doiuiiiagcs couflerts pendant la guerre. liaymond de Baux renouvela , tant pour lui que pour sa femme et ses enfants, la ce^^,i^)Ii déjà faite de leurs anciens droits domaniaux snr la vi<'oir!(é de Marseille. — La ville fut tenue de lui paver niniiicliement et à perpétuité, à la fête de Saint-André , la somme de 3,000 sous royaux ; à lui donner et livrer la maison de feu Raymond de Conrliis, située à Marseille près de l église de Ste-Marie des Accoules, et valant 4 0,000 sous, et à le recevoir, ainsi que les membres de sa famille , au nombre de ses concitoyens. Les parties contractantes se promirent en outre mutuel appui. Les Marseillais furent aCfran* cfais (le toutes chaires dans les terres de Raymond de Baux p où aucun d*eux pourtant ne devait être reçu contre le gré de la République. Ce seigneur, comme garantie de ses promesses, s'engagea à remettre son cbàteau de Y itrolles entre les mains de deux personnes probes de la ville , qui le garderaient pendant trois ans. Il fut , enfin , arrêté qu'en cas de difficulté sur Texécution du traité , les parties choisiraient, chacune , un citoyen marseillais pour arbitre dn différend , et qu'on déférerait & la décision de ces deux juges sons peine , savoir : la République de payer k Raymond de Baux 2,000 marcs d'argent, et Raymond de Baux d'abandonner en toute propriété à la République les terres de YitroUes et de Châteaoneuf.

dtthMiKtalieKde^aiiiUeu d« Jénuakni » étabUl dons nie de SaioM^Més. «A a élut né»

un bosjiire et une églisô.

L ile lie Saiiit-<;éiin's relevait de rarchevCquc d'Arles ; mais le port de Bouc et les étangs apparleuaienl à l'é^lisc de Marseille. Ce port est d^^igné dans la hxi\k d'Anastase iv, en i (53, scHiskoom dû Porlus Banneriis et dans le privilège de Frédénc-Barberousse , eo 1157, loui celai de Porlw dt Bogueêtut». La République de Mandlle avtit vn fert nr lUe de Boue appelé lou CasUou Marsillés et Ttle elle-mâme avait perdu son ancien nom de Metapina ponr prt-ndre celui de Correntho , qui venait peut-être du courant de l'entrée de Bouc , et qui a été l'origine du nom de Caronte que porte aujourd'hui l'étang situé entre les Bourdigues du port de bouc et cellesdesMariigues. iâTATiSTiQiE des bolcues-du-bhons).

Ce tnîlé Alt eonfirmé, la même année et la suivante, par la femme et les enfants de Raymond, (bcfpi). »

En 1225, Marseille signa avec Avignon, son ancienne alliée, un traité , dont nous aimons à citer les ternies ; « Fn I ;thsence du seigneur podestat Spiniis de Sorezina , au nom et à la place de ce podestat absent , et par la volonté et l'assentiment de tout le conseil générai rassemblé au son de la cloche dans le palais neuf, des chefs de métiers, et de plusieurs autres liomnics ilhistres et prudents , au même lieu convoqués , et de tous les conseillers , lesquels ont établi pour députés, syndics et procureurs de la commune, spécialement et gi m r;iii iiK lU le seigneur Guillaume Vivaud, le seigneur Guillaume de l'iasentia, juf^o, qui se trouvaient, alors, à Avignon, pour traiter et reformer la paix , la concorde , i alliance , la fraternité et l'amour entre la ville de la commune d'Avignon et la ville de la commune de Marseille , pour recevoir les sermons et faire les autres choses nécessaires pour accroître , diminuer ou corriger , selon ce qui leur paraîtra 4 l'avantage et à l'utilité des deux villes , promettant de maintenir en tout temps ce qui aura été fait par les syndics susdits. ( abch. db h*9àm* ns viui.) »

En , Hugues de Baux, suivant Texemple de Raymond , vînt»à son tour, réclamer les droits qu'il avait cédés. Moins heureux que son frère , il recourut à rintervention de Raymond Bérenger. Repoussé encore de ce côté , il implora la protection de l'empereur Frédéric ii qui affichait des droits à la suzeraineté de la Provence , sous prétexte qu'elle était anciennement une annexe du grand royau» me de Bourgogne , et, qu'à ce titre, Rodolphe, son dernier roi , en avait laissé l'héritage à l'empereur Conrad et à Henri ni, son tils. L'empereur écrivit au conseil de la FicjjuLlique Marseillaise do réintégrer Hugues de Baux dans son patrimoine seigneurial. Le conseil refusa d'obéir à Frédéric, qui iiaiiaça de meltre les Marseillais au ban de l'empire. L'acte de soumission ne vint pas plus vite ; l'irascible emper( m* finf parole , et un arrêt de la chambre impériale déclara la République rebelle et déchue de ses droit.s de cité libre. Justement eftVayés des conséquences de cet arrêt, les Marseillais commencèrent par oDrir une somme considérable à Hugues de Baux , pour qu'il se désistât de ses prétentions. Mais

ils \c trouvèrent inilexible et furent obligés d'envoyer le podestat Hugolin et quelques citovt ns notables auprès de Thomas, comte lie Savoie , lieutenant de i empereur en Lombardie, pour le supplier (1 apaiser le courroux de son maître. Thomas . qui avait toujours témoigné des sympathies pour h courageuse liepublique, fit , ainsi que ses fils , le plus bienveiliant accueil aux députés Marseillais et leur promit son appui. De ce moment , en effet . Frédéric ii , éclairé par le noble comte sur le véritable état des choses, délaissa son protégé.

La mène aimée, le comte de Provence vint à Marseille et signa avec la République une convention, par laquelle Us se jurèrent mutuelle assistance et s'engagèrent à se procurer l'un à Tautre , en cas de besoin , des gens d'armes et des fantassins. En 1228 , Pierre de Temple et Guillaume Anselme , syndics , achetèrent à Raymond de Baux , au nom de la commune, et au prix de 48,000 sous royaux payés comptant, le chAteau et la seigneurie de Roquevaire , avec les droits qu'Âudoarde , femme de Bertrand de Baux , Gérard-Âdhémar et Mabile , sa femme , avaient sur ce flef.

L'année suivante, Marseille envoya des troupes et des vaisseaux à Jacques i"', roi d Aragon, pour l'aider à chasser de Mayorque lesMauies qui s'y réfugiaient. Elle avait un intérêt puissant à mettre lin aux brigandages de ces écumeurs de mer qui désolaient surtout les côtes d'Espagne. Aussi prit-elle une part active à cette expédition, qui olïrit à ses soldats l'occasion de se distinguer au siège de Pahna. Malgré une défense vigoureuse , les Maures furent vaincus etl ile tond)a au pouvoir des clii Llieiis, A[»n .s !a victoire , Jacques reconnut les services de ses géru i Lux auxiliaires , eu leur donnant trois cents maisons dans la capitale, sept dans la campagne, une mosquée , pour leur servir d'église, trente^euf fabriques et une grande étendue de terres.

Cependant Hugues de Baux , loin de renoncer à ses injustes prétentions , s'était ad l essé au cardinal Saint-Ange , légat du Pape auprès de Louis vni. Ce prélat, convaincu, à la suite de longs pourparlers , que les Marseillais ne feraient jamais droit aux réclama tiens du vicomte , décida les parties à soumettre le dtflërend k m

arbitrage. Alors, il intervint une sentence (1229), qui dépossédait définitivement Hugues de Baux , sa femme et 868 deux fiJs , à la condition que la ville leur payerait 46,000 sous royaux couronnés, plus une pension annuelle et perpétuelle de 3,000 sous , exigible le jour de St-Michel.

Le cardinal Saint-Ânge fut encore appelé à intervenir officiellement dans des contestations qui s'élevèrent entre la République et l'abbaye de St^^Yictor , relativement au mode de jouissance des eaux de l'Huveaune , pour Tusage d*un moulin appartenant à ce monastère. Par un acte de i 24 9, renouvelé en 1 229, on avait r^lé les rapports commerciaux et judiciaires entre les citoyens de la ville basse et ceux de la ville baute. L'évèque se plaignit d'une infraction à ce traité. D'après le conseil du cardinal , l'affaire fut soumise à Hugues , archevêque d'Àix , et à Pierre de CoUomedio, commissaires du Saint-Siège , qui décidèrent — que l'acte do 121 9 devait recevoir sa pleine exécution. Les mêmes arbitres réglèrent en même temps quelque» points litigieux entre la ville supérieure et la ville inférieure. (Arch. de l*d.-de-v.) Toulefois,de nouvelles discussions vinrent troubler la paix , dont la République se croyait désormais assurée. On se souvient (ju'une cession des droits seigntiii iaux de Roncelin avait été faite , j)oui mx ans, à la commune par i ahltaye de St-Victor. Le délai était e\j)iié. Or, le niunastère en appelait à la lettre du traité j)our entrer dans sa propriété et repoussait les offres des Marseillais qui, résignés encore à des sacrifices pécuniaires , j)roi)osaieut le payement de cette poi tiou de fief. Alors la commune publia deux statuts, dont l'un dispensait ceux, qui contracteraient avec les moines , de prouver que l'argent leur avait profité ; et dont l'autre dérobait à la juridiction ecclésiastique les individus qui possédaient des biens sur lesquels l'abbaye avait un droit. En outre , le conseil soumit à uu impôt les habitants de la cité abbatiale. Pendant que l'autorité répondait aux exigences des religieux par des actes de rigueur , le peuple laissait éclater son courroux & sa manière et s'attaquait aux monuments. Redoutable mstrument de destruction , il s'empara du bourg de la Calade, du cbàteau de Groch, du quartier deCarvillan, des viviers de poissons, entretenus par les moines dans quelques endroits réservés du port, abattit une colonne que Roncelin avait érigée pour fixer la limite

entre la ville basse et le territoire du monastère , et se rua sur le Tolonée , — dont il ne resta pas pierre sur pierre.

Les religieux n'avaieut que les armes spirituelles de l'Ëglise pour se venger, — et ils ne se firent faute d'en user. Mais ils eurent beau appeler sur la cité rebelle les foudres du Vatican , — assurément les hostilités n'en fussent pas restées là , sans l'influence conciliatrice du cardinal Saint-Ange. Effectivement , » par les soins de ce prélat , Benoit d'Alignano fut choisi pour juge suprême de la querelle, — avec rengagement d'accepter sa décision sous peine d'une amende de cinquante marcs d'argent. Après un examen scrupuleux de l'aflaire , l'évèque commença par ordonner de relever la colonne^ entre le mur voisin de l'endroit, où se lit aujourd'hui le nom de : Place du Cul-de-Bœuf, et un ruisseau qui coulait là oU est la Gannebière ; « il replaça le bourg de laCalade sous la juridiction de l'abbaye pour six années seulement, réserva à la communauté la connaissance des crimes qui pourraient s'y commettre , et lit restituer à Saint-Victor le eliàteau de Crocli, la sixième partie de la ville vice-cuiiiilale , avec les liefs et terres a[)j)arten;ii]i .m iiiouaslère du cbefdeRoncelin , mais avec la l'acuité laissée à la ville de les atîeriner. PSulle indeninité ne fut accordée à l'aLhayo pour la deinulition du palais seigneurial. 11 fut de plus statué que tout «lauphin, qui entrerait dans le port, serait péché au profit du mouasière ( l. méry et glimhin). » Le Podestat et les syndics juièreiU d observer religieuscnienl cette sentence , et promirent d'imposer le même serment à leurs successeurs; puis Benoit d'Alignauo releva les Marseillais de l'excommunie ation dont les avait frappés Pierre de Montlaur, et ils reçurent publiquement l'absolution dans le cimetière des Accoules , en présence de Jean , évéque de Toulon , et de Rostan de Sabran, évéque de liiez (1 :229).

i 230 , Alarseille resserra , par un nouveau traité , les nœuds de son alliance avec Gênes , et en conclut un avec les Sarrasins d'Afrique , qui pouvaient inquiéter son commerce. Trois ans après, elle avait avec les templiers et les chevaliers de Saint-Jean , une eontestation, dont voici la cause : en 1212, Hugues de Baux, Barrale, sa femme , Gérard-Adhémaret sa femme Mabile , avaient affranchi ces deux ordres des droits ordinaires que payaient les navires à l'entrée et à la sortie du port. En outre , ils leur avaient concédé

le droit d'y entretenir un vaisseau pour transporter les pèlerins dans la Terre Sainte , ou pour fiiire le voyage de Seyde et d'Alexandrie. Ce genre de trafic était d'un immense revenu. C'est ce privilège que les magistrats de la République s'avisèrent d'attaquer, et les grands maîtres des deux ordres intentèrent un procès aux Marseiilaîs qui étaient dans le Levant. L'affaire fut portée devant Odon de Montbellîard , connétable et bailli du royaume de Jérusalem , et fut terminée sous la condition — que chacun des deux ordres pourrait , sans être soumis à aucun droit, faire partir, deux fois l'année, un vaisseau contenant jusqu'à 1 ,500 pèlerins , sans compter les marchands et les hommes de l'équipage ; mais que l'embarquement de leurs marclmmlises serait passible (les taxes d'usage, (arch. DE s.uNT-GiLLEs). Grâcc à cettc traiisaelion , les Marseillais continuèrent à jouir paisiblement des immunités qu'ils possédaient dans la ville d'Acre*; et Henri \*', roi de Clivpre , leur accorda la fiiculté de faire le commerce dans son royaume , avec exemption de tous droits (1236).

Le cardinal Saint-Ange , que l'on a vu jouer un rôle si honorable dans diverses circonstances difTiciles , était encore léijat du pontife en France, quand il devint nécessaire de recourir une dernière fois à sa prudente intervention , pour faire cesser les désordres dont les chanoines de la Major étalaient le cynisme déplorable à Marseille. Partout des plaintes s'élevaient contre le clergé de ce diocèse ; et Benoît d'AIignano , investi de tous les pouvoirs du cardinal, avait fait un statut, en dépit duquel les scandales continuaient. L'archevêque de Vienne écrivit à Benoit pour l'exhorter à agir avec énergie, et lui envoya l'évèque d'Avignon et l'archidiacre de Maguelone , en qualité de commissaires. Cette mesure produisit un effet salutaire. BenoHet son Chapitre s'assemblèrent avec eux et leprèvôtBérenger dans la Salle Verte du palais épisGopal; et là, ils rédigèrent un r^lement qui réprima le faste indécent des chanoines ; car il leur fut défendu de jouer aux dés et aux autres jeux de hasard ; d'avoir des habits trop mondains par

' Hlustard, des dilTicnlUis s'élevi^ront sur rexécutionde ce !rniti'. Eii l-2 it'>, à la prière des Templiers, loDOCCtit iv rédigea une bidlc , par laquelle il aniioiirail nu\ .Mai>oi!l8is avoir enjoint à leur év6que de les excommunier, s'il ue se hàUient pas de rentrer dau:> ks> tenue:» du compromis de 1233.

DB KARSEILLE. 191

la roultui ou par la forme , vi des souliers pointus cl recourbés , selou la mode du temps ; de faire dorer leurs éperons , les brides et les selles de leurs chevaux ; de porter enfin des bagues , comme les prélats , et eertains ornements d'argent ou de cristal , à l'instar des riches boui'::( juin 1235). En outre, une bulle du pape Grcf^oire ix , datée de la même année, vint en fixer irrévocablement le nombre h treize.

Nous avons montré Bfarseille se bâtant , pour ainsi dire , d'user de son autorité souveraine , avec le pressentiment des intrigues qui devaient s'attaquer de toutes parts à ses institutions ; nous l'avons montrée signant force traités, chassant ses vicomtes , luttant contre les redoutables abbés de Saint-Victor , bravant les colères du pontife » battant monnaie , et renversant dans la poussière les monuments de la tyrannie. Mais cette vie de mouvement et d'indépendance, qui oonvenaiisibien à ses allures , à ses meeurs, à son égolsme , n'allait pas tarder à s'énerver de nouveau sous le joug de la féodalité ; et les battements de cœur de la superbe cité, i la simple menace d'un despote , comme Frédéric it , avaient déjà dû lai faire comprendre à quelle impuissance la condamnait son isolement ; quel sort lui réservait l'audace du premier ambitieux qui tenterait de l'asservir. Ainsi , cette activité fébrile semblait ODOime la dernière lueur de son existence républicaine ; et pour die se réalisait cette maxime d'une haute sa^'esse, formulée par un écrivain moderne ; « Le monde s'agite , Dieu le mène ! » habent tuafala(jentes.

Page 1