IV INTRODUCTION
en géoéral, qu'un tel ou uo tel ont avancé une opiuion. Cela réveille leur curiosité; ils voudraieol la contenter sur le champ sans être obligés d'aller prendre un autre livre que celui qu'ils ont dans le cabinet; c'est pourquoi j'ai mieux aimé joindre des notes à mes commentaires, »
La réttexion de cet illustre écrivain n'est applicable, selon nous, qu'à l'infime minorité des lecteurs, — c'estnà'-direàceux que l'étude ne rebute jamais, si rude qu'elle soit; et par cela même, elle rentre dans notre ordre d'idées.
L'Histoire ne s'invente pas. Tout livre de ce genre suppose donc toujours des recherches incommensurables, une sdence péniblement acquise. A quoi bon, dès lors, enchevêtrer son
œuvre d'emprunts multipliés , faits aux textes originaux , dont les incrédules ne s'avisent jamais de vérifier l'authenticité? L'auteur ne doit-il pas entrer dans son récit, avec desconviotions toutes formées? et doitril laisser aux lecteurs Tjembarras de décider laquelle de deux ou de trois opinions est la mdlleure.
Que leur importe, par exemple, que Thucydide, Hérodote, Isocrate, Slrabon, Pausanias, Tite-Uve, Aristote, Lucain, Plutarque, Justin, Sénèque, Eusthate, Athénée, Ammien- Marcellin, etc., ne s^accordent pas sur la date de la fondation
de Marseille, si, — après un t xamen scrupuleux des différentes versions , — cette date est irrévocablement fixée?
Une fois le doute vaincu, pourquoi placer l'erreur à côté de la vérité?
L'historien, qui a le sentiment de sa mission, n'en est [)as moins sujet h se tromper; il ne peut tromper sciemment; et cette préoccupation perpétuelle de sa part , — non d'indiquer