INTRODUCTION. V
prudenmieiii les sources où il a puisé , mais d'apporter des preuves interminables à l'appui de ses assertions^ révèle
une défiance de soi-même, qui ralentit son éssor.
Celle façon d'écrire Mlisloire, — quand elle n'a pas pour but unique de coordouner les innombrables documents, que les siècles entassent pêle-mêle dans les Archives, — multiplie nécessairement les pages oiseuses, les réminiscences monotones.
Aussi , nous admirons la patience du compilateur, dont la tâche est, pour ainsi dire, toute de dévouement et d'abnégation ; mais nous lui préférons le narrateur, qui, prenant son bien oà il le trouve , dioisit avec discernement et s'approprie les
malt I i;iux de son œuvre , pour en composer un ensemble conipaci, harmonieux et bien soudé, qu'il encadre de sou style, qu'il anime de sa pensée.
Cela s'appelle, à notre avis, écrire pour tout le monde donner à la lecture d'une étude sévère, — le charme de la fiction.
Or, V Histoire de Marseille est une de celles qui se prêtent
le plus aux fantciisies poétiques du slylc, tant elle einpiunleà l'antiquité de son iUutslre origine et aux étranges péripéties de sa longévité politique, sociale et religieuse, un caractère grandiose et romanesque. Eh bienl cette Histoire est à peine connue, — nous ne dirons pas seulement en France, — mais dans la Provence, — mais à Marseille môme.
Est-ce donc indifférence ou ingratitude chez les descendants delà Cité arccque? Non assurément. Ils possèdent à un degré trop élevé l'orgueil ic^time de leur gloire antique, pour ne pas encourager les généreux efforts de leurs historiens. Dèsiors,