VI INTRODUCTION
comment expliquer l'ignoraucc presque générale de la population Marseillaise, à l'eadroit de l'histoire de la mère-patrie? La raison suprême de cette apparente anomalie, c'est que nos devanciers sesontrenfermés dans les limites d'uneérudition dont ils ne se sont pas inquié((^ d'adoucir la sécheresse. Ils ont écrit en chroniqueurs, non eu coiiteui>> libres de touteentrave. Ceci n'est point une critique; leurs études, nous Favons dit, s^adressent aux hommes qui aiment instinctivement rHisloûre avec passion, et non aux natures paresseuses à qui il faut la faire aimer. Ils ont atteint leur but : et certes, nous ne sommes pas des dermers à nous incliner devant leur mérite.
Quant à nous, nous comprenons V Histoire de MarseiUe différemment Jaloux d'élargir le cercle de sa publicité , ce n*est point pour Marseille seulement, c'est pour la France entière que
nous l'avons méditée ; car notre ambition seraitde la populariser, par cela même qu'elle contient de hauts enseignements pour les générations nouvelles; — parce qu'enfin, dit un écrivain moderne, « jamais pays n'ofirit un passé plus bean, plus riche en faits éclatants , merveOleux , poétiques , un passé plus noblcinciit n;mpli, j lus honorable à la famille humaine, et cependant plus inconnu. »
Nous aurions aime à relever de ses ruines rôdifice intact de la vieille Cité, pour enplacx^r la description, comme Irontispice, au senil de ce livre, afin que le lecteur pût, de la base au sommet , embrasser Tardiitecture dans tout son ensemble , avant d*en étudier les beautés en détail. C'eût été, en quelque sorte, le portique d'un temple niatînififîue cl imposant -, c'eût été le temple lui-même, qu'on aurait admiré, sous la parole vibrante du Cicérone, qui, en repeuplant son aancluairede ses souvenirs, de