‹ Histoire de MarseilleChapitre 6 sur 28 · INTRODUCTION. VU · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. VU

ses Dieux et de ses héros, eût guidé plus aisément la curiosité de son auditeur à travers les âges.

Ifalheureusement, il nous a été impossible de suppléer, —

même par de simples hypothèses, — aux lacunes historiques; et, eu l'absence de matériaux complets, force nous a clé de suivre la route battue, pour procéder à cette description morcellée. Toutefois, puisque le cadavre de la Cité phocéenne reste si bien enseveli dans la nuit profonde du passé, qu'il ne nous est permis que d'évoquer son ombre , — il sera facile encore de juger, aux proportions gigantesques de cette ombre , quel rôle i^oheux la colonie de Protis a joué dès son originei

En peu de mots , ce rôle se révèle et se dessine :

Six oents ans avant Jésus-Christ, la conUée , — comprenant anjonrdliui les départements du Var, des Bouchesnlu-Rhône, des Basses-Alpes et en partie celui de Vaucluse , — ^étaît occupée

par des [u uplades barbares, qui , m' vivant que de la chasse et delà pèche, laissaient sans culture des plaines immenses et fertiles. Ainsi , l'ignorance , la misère , des mœurs rudes et grossières, des coutumes superstitieuses caractérisaient les populations primitives de la Gaule.

Mais le flambeau de la civilisation va bientôt dissiper les ténèbres épaisses qui enveloppent ces tribus h demi*sauvag^. Voici que de hardis navigateurs , venus de l'Ionie , abordent au rivage de la Méditerranée ; et , sous la baguette magique de ces enchanteurs, Marseille surgit du sein des eaux avec ses temples païeus.

Ce n*est pas sans luttes héroïques qu'elle parviendra à planter

VttI INTRODUCTION.

solidement le drapeau du proi?r^s sur la terre gauloise. Aussi , est-elle coutraïutc d'opposer à 1 ardeur iuquiète des Barbares , les remparts formidables d'uoe citadelle, qui, en protégeant les monuments de son culte et de ses lois, devient le Palladium de ses Croyances et de ses Libertés.

A i'honzoïi du passé, nous la voyons, émule de Tyr el de Carthage, de Bhodes et d'Athènes, et sœur de Rome, — abriter ses innombrables vaisseaux dans son port plus renommé que le Pirée.Âssise sur le penchant d'une colline, — le front dans

la uue, les pieds dans les flots, — nous la voyons plus tard, comme une lie i ne presque sans rivale, éleudre majestueusement son sceptre sur l'Empire des mers.

Soudain, l'antique fille de Phocée se transfigure 1 A la Cité païenne succède la Cité chrétienne. La mer capricieuse force la vieille Vilii ;i se replier U nlciiiLiil sur elle-même. Mais, à côté d'elle, et, sous son regard maternel , on verra la Ville des temps modernes s'élever dans sa splendeur et sa puissance; puis Ton admirera comme, — à travers 2,450 ans de vicissitudes et de révolutions , — elle asu échapper à tant de naufrages , et , fidèle à son rôle civilisateur, rester debout et grandir au milieu de tant de ruines I

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