‹ Histoire de Marseille (volume 3)Chapitre 11 sur 29 · H15T0IRE · texte numérisé non relu

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ils entendirent au dehors des clameurs confuses. Quelques détachements français venaîentfaire des escarmouches auprès de Marseille. Les conjurés sortirent aussitôt de Téglise, et s^avancërent vers la porte royale, oîi un triste spectacle frappa leurs regards : on venait d'y porter les corps de quinze paysans tués dans les campagnes. Gasaulx et d'Aix ordonnèrent a leurs escadrons de cavalerie légère et à cinq cents hommes de Finfanterie espagnole de poursuivre les troupes royales. Cette colonne ne rencontra personne jusqu'à Saint-Julien, et rentra dans la ville, enseigne déployée. Les esprits étaient dans Tattente de quelque grand événement. Tout présageait une catastrophe.

Dans la nuit , le duc s'approcha des remparts , et de Rains , après avoir passe le port a la nage , vint tui dire que les duumvirs n'avaient aucun soupçon. Ceux-ci avaient la coutume de franchir les murs, tous les matins, pour aller a la découverte. Il était convenu que Libertat ferait abattre le trébuchet de la porte royale , qui seule restait ouverte ; que , par ce moyen , les Français battraient Casaulx et d'Aix, qui demeureraient sans secours et ne pourraient se réfugier dans la ville , oii le duc entrerait aussitôt.

A la pointe du jour, Libertat se rendit a la porlc royale , accompagné de ses deux frères, Antoine et Barlhélemi , de ses deux cousins- germains, Ralthasard Arvieu cl Pierre Matalian , de Jean

Laurens et de Jacques Martin. Quelques soldats du duc de Guise se montrèrent et coururent sous les remparts. Lâbertat en fit avertir Casaulx et d'Aix. Ce dernier ne tarda pas d'arriver avec un détachement , et il sortit , sans attendre CasauU , pour faire une reconnaissance. Il fut battu par les troupes royales sous le commandement d'Alamanon , et voulut rentrer dans Marseille , mais il trouva le trébuchet abattu, se mit à courir le long des murs, et pénétra dans la ville au moyen d'une corde que lui jeta un de ses partisans qui Ta vait aperçu. >.

Le canon de la ville avait tiré sur les soldats d\\lamanon , et le duc de Guise , croyant que tout avait échoué, se retira à la plaine Saintchcl. Pierre Libcrtat, surpris de cette retraite , ne veut plus que son bras pour soutien, pressé qii il est de recevoir son salaire. Le consul arrive avec ses mousquetaires; Libcrlat se précipite sur lui-, Casaulx s'écrie, en se mettant en défense : Capitaine , qiie faut-il faire? f^ivc le roi! répond Libertat ; en même temps, il lui plonge son rpée dans le corps, la retire fumante et la lui plonge encore. Le malheureux Casaulx tombe sur ses genoux, et Barthélemi Libertat Tachcve il coups de pique. Un sergent de mousquetaires IJ've sa liallebarde sur Pierre ; Matalian , détournant celle arme, le renverse d'un coup dVpée. Les mousquetaires prennent alors la fuite , et les

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conjurés s^avancent vers le corps-de-garde place sur les remparts au dessus de la porte royalt. Jacques Martin jette en bas des murailles un soldat qui veut faire résistance. Le commandant se rend , sur la parole que Libertat lui donne qu'il ne sera fait aucun mal ni a lui , ni a sa troupe.

Louis d'Aix s^était rendu à Thôtel de ville et y avait assemblé 400 hommes, parmi lesquels se trouvait Fabio , brûlant du désir de venger la mort de son père. Le viguier se dirigea avec cette troupe vers la porte royale , pour attaquer Libertat ; il fut repoussé avec perte , parce que les troupes françaises sous les ordres d'Alamanon , entrant alors en foule par cette porte, le chassèrent devant elles. Louis d'Âix regagna Phôtel de ville, oii il voulut se barricader. Le peuple s^agita; les royalistes qui étaient dans la ville s^ornèrent tous d^une écharpe blanche et volèrent aux armes. Les soldats espagnols se retirèrent dans leurs vaisseaux. Le président Bernard , qui avait été envoyé à Marseille par Henri iv pour s^efibrcer de ramener à Tobéissance Casaulx et d^Aix, sortit de sa maison en robe , une demi-pique a la main , un mouchoir blanc au chapeau, et, suivi de Bourgogne, de François de Cabre, de Pierre de Ru(B, de Boyer, de Guillaume de Saint-Jacques et de François Bellerot, il parcourut les rues aux cris de vwe le roi, vive la France/ Ces royalistes, bientôt placés à la tête de deux mille hommes, joigni-

DK MAB.SEll-l.K. ITI

rt'iit Alamanoii cl les soldais français. lU allèrent atlaqacr à rhôlf>l de ville Louis fl'Aix , F»bîo et Jérôme, fils de CasaiiU. Le parti de l'indftpendancc marseillaise, accable par la trahison, n'osa pas vn venir aux mains et se dispersa. D'Aïx alla s'enfermer dans le monastère de S'-Victor; les fils de CasatiU se réfugièrent h Nolre-Damede-Ia-Oarde. L'amiral Doria, trop faible pour comprimer ce mouvement, donna l'ordre d'npparcillcr au milieu d'une confusion cstrfSme , et la flotte espagnole, en sortant du port, essuya le feii de la tour Saint-Jean et des ballcries placées le long de la côte. I^n corps de l'infortune consul fui abandonné an V femmes et aux enfants, qui lui arrachèrent tes yeux, le mutilèrent horrible' ment, et le traînèrent jusqucs au cimetière de Saint-Martin, oii ils l'inhumèrent avec des signes d'opprobre'. La populace pilla ensuite sa maison ' et celle de Louis d'Aix '.

■Gaufruly.t. ii, liv. iv. — Ruffi. t. i, liT. m, rh. it. ' Ch;trlcs Ca«aul\ avait son hôtel à la rue de la Mi»éricord«, qui nVïiite plu.s et dont le terrain eit occupé pat une partie •If la nnuvellc place , à l'eit , de l'Iiâtel de ville. L'hAlel de tJiiauU (oitrnait «iir la rue Jarente, aujourd'hui «'^i Oliiti L'hAlel de )a famille Jarente rst à prcient la belle maiton po«fdée par M* Darth^lemv, notaire.

' ■ Chaitun Hail exln-meinml a»ide et rmbrat^ de Mrca([er tt\ dru\ branx lot;i«,qiii se Irouvi-r^nt Inut-à-roup remplit, haut ri bat, d'une multitude de gen* qui faisaient butia de tout re qui le prnmtail. L'aUit un merreilleu cODtenie-

HJStOIHE

Le duc de Guise , se pn-scnlaiil à la porlt; royali f trouva Liherlat, qui le supplia, avant d'eu fran- ^bir le seuîl , de jurer le mainticu des libertés municipales. Le duc prononça <;c serment, embrassa l'assassin de Casaulx , et entra dans la vilii au milieu des bruyantes acclamations que fat saicnl entendre les royalistes pressés sur son pas-"^ sage. U alla il la Major pour adresser a Dieu des prières solennelles. Les cris de twe le roi , vh'e M. de GuiSe , vf-'c Liber tat , e'taient relevés si haut qu'on n'entendait pas même le son des ch- I çhes qui carillonnaient pour accompagner de' Vkiir harmonie l'allégresse publique ' . à

Le 20 février, le gouverneur présida l'asseni* ' blée des notables; et, après avoir fait lire une déclaration par laquelle les officiers créés par les duumvirs étaient destitués, il promut Libcrta^j aux fonctions de viguier, sous le bon plaisir di

iiipnt nux bonï l'ran^oîs de voir de ijiidle joie *t de quel nniMiion ces Marseillois, agU^s d'allégresse, liaient, et conmient partout daiis cts tnaisur lorwpi'ils rencontraient quelque choK il'exqiiîs, ils liaient ■ n*prCB à 11 euK-c. Ainïi, a ceil henreux rt m Icgitiine pillage^. il y eut qiielqufs-nns qui s'y fireut riches; car, en ne s'am^ sant point, comme d'auUvs, à se charger de lableauv et d'm Irruineubles, il* «lièrcnl tout droist donner dunï Im cabinet», oii ils butinèrent maincts beaux brillants et m^ine nn très Lirau nombre de pîstolrs et d'antre* superbes monnoies. Les tiabits aceomroodrrenl furt aussi la rapine de quelques-uns. • ( Ueimîfr, miv. ciië. ) ■ W.

ut: MAitsKii.l.t:. I7T

roi} nnninia consuls Ogicr de Rîquclli , Seguin cl Mouslicfs, tt donn» » Nicolas de Baussct la loge d'assesseur. Le lundcmain , on vil paraître douKC galcrr» espagnole*, vciiaiiL de Barcelonnc 4^1 porUiut les trois dr pulvs de Marseille , de l'ar. gpiit Pi dotir.r crnls lionimes pour renforcer la garnison. Celle flotte rebrobssa chemin en ap> prenant la rûvolntion qui vennitdc placer la ville SOI» lesceptrc du roi dcFrancc. FrançoiiCasaulx se rèrugin h Gènes, et y mourut binnlot de chagrin. Il fut enseveli aver. l'habit de l'nrdrc des chevaliers de saint Jacques , que le roi d'Kspagne lai nvail donné avec une pension de 3,000 t'eus. Mon^n cl Duvid se retirèrent à Madrid, cl la rour leur alloua 40 ccus par mois jusques à la Cn de leurs jours.

. Le forl de Nolrc-Dame-dc-la-Oardc el l'abbiyc Saïnl-Vielnr rtaienl toujonn au pouvoir dt» indi-pend;tnts. I.rfiuis d'Aix, nulilrc du monastère, craignit qnc ses soldaLs ne le lîvra'wnl aux Français et aux royalislN : il dencf ndit pendant la nuil du haut des murailles par le moyen d'une corde , cl chercha un refuge à Notre- Dame-de. la- Carde, où les lits de Charles Casnuli ne voulurent pas le rccevuir* Le inouastt'rc se rendit auMÎlâl, el fut remis nu pouvoïrdes religieux. U'Aix , ne sachanl où reposer u lêle proscrite, courut à travers les champs du côté de Maitargucs, et S4> cacha daiu uiiccavcnie,uonloin de la mer, oii il puu trois

jours, n'ayant pour nourriture qu'un morceau de pain noir donné par un berger. Le quatrième jour , il découvrit un pécheur sur le rivage , s^approcha de lui et rengagea, par Toffre qu^il lui fit d'une chaîne d'or et d'une turquoise, unique débris de sa fortune , à le conduire aux galères d'Espagne qui étaient encore dans la rade, et qu'il atteignit sans accident ■ .

Restait le fort de Notre-Dame-de-la-Garde , investi par les régiments de Monplaisir et de Mouy. Le duc de Guise se disposait k monter à l'assaut, lorsqu'il partit de Marseille en toute diligence, pour combattre le duc d'Epemon, qui était allé secourir la citadelle de Saint-Tropez '• Lôbertat et les consuls essayèrent de* gagner les soldais commandés par Fabio et Jérôme Gasaulx; or, voici comment ib s'y prireftt. Darbon, zélé partisan de rindqpndance, se trouvait avec les assiégés, et son fils, âgé de vingt-deux ans, était resté -dans la ville. Ce jeune homme, se prêtant facilement au rôle qu'on lui fit jouer, se chargea de promettre à son père et à tous ceux^ui viendraient se ranger sous les drapeaux du roi, l'oubli du passé et une amnistie pleine et entière. Il alla au fort, sous prétexte d'y chercher un abri contre

• Gaufridy, l. ii, liv. xv. — Delmier, ouv. cité.

* Le duc d*£prrnon quitta la Provence le 27 mai iHfjG. Le roi lui accorda cinquante mille ccus et eu donna trente mille à ses capitaines.

-|IIC MARSEILLE. ITO

la vcngranccdf!» royalistr», qui, disait-il, avaient îurc sa mort. Darbon p!-rr, nmlant qu'unt> Inngun ri^i$tanrr était inipossiblr , i^nulcTn la garnison, fil arborer le drapeau blanc, et ch»ssa 1rs deux Ca«aulx, qui tombèrent, »nus être reconnus, au pouvoir de quelques soldats du régiment de Monplaitiir. La liberté leur fut rendue , moyennant une rançon de 300 cens, -et Ils sn réfugièrent h Gênc9. Libertat confia le commandement du fort !» «on frère lîarlliélemi '. Peu de temps aprcs, le duc de Guise revint à Marseille , et fut reçu comme un triomphateur '.

Henri tv, apprenant par un eourrier extrao^ ilinaire la ri'dnrtron ilr celle ville, s'écrta dam im transport d'allégresse : C'est maintenant que /■<' suis roi. Il écrivit à Libertat ' : « Cher et bien (( amé, vous avez fait un acte si généreux, que <i quand nou<i n'y aurions adiun avantage , nous u ne laisserions dVsti mer voslre verlu ; par oîi tous « pouvez croire que vous devez espérer du service H qurvou^ nous avezfait en celte occasion, qui est Il le plu» grand et signalé que nous pouvions reee- II voir. Au moyen de quoi, nous vous assurons que <' nous vous en saurons bon gré à jamais, et le re* " cognoistrons envers vous et les vosircs éternelle-

ut.iiii. — Rufli, I. i,.lit- r

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(( ment Nous vous ferons servir d'exemple à

(( un chascun , et de mémoire à la postérité , de (( notre gratitude y comme de vostre fidélité , en u laquelle nous vous prions de persévérer. » he roi confirma toutes les faveurs du duc de Guise ; seulement il réduisit k 100,000 écus la gratification promise k Libertat ; il le confirma dans sa charge de viguier, et lui accorda des lettres de noblesse, ainsi qu'a ses deux frères. U donna les 5,000 écus promis a Geojflfroi-Dupré , et écrivit aux consuls et aux habitants de Marseille une lettre pleine de bienveillance ■• La ville lui députa, pour aller recevoir ses ordres, Nicolas de Bausset, Geoffroi-Duprc , Jean-Baptiste de Village , seigneur de la Salle y Marc-Antoine Vento des Peimes , François de Paulo et Pierre d'Hostagier • Ik arrivèrent à Paris * pendant que Henri iv faisait le siège de Infère. Le chancelier les reçut avec des marques de distinction , et ils allèrent ensuite k Amiens pour présenter leurs hommages au roi. De Bausset porta la parole , et le bon prince leur répondit qu'il veillerait au repos de Marseille et a la conservation de ses privilèges. S^il reste encore quelque chose pour votre par/ait contentement^ a jouta-t- il, a>oitf me le ferez entenr drCj et j'y apporterai les coups de maître et de

' Le 6 mars iSqG.

' Vers le i5 du mois de mai.

Df: MARSEILLE. |8I

ban père. Il fxamin,i attcnlivrinrni Ir plan de la ville qu'ils lui préscntJ^rcnt , k-ur donna plusieurs audiences et l«ur accorda tmc cour ^uvrrainc, cotnposrHT d'une cbambrc du parlement d'Aix , présidcR par (Guillaume Duvair, qui fut drpuis évcquc de Ldsicuxet garde dcA sceaux. Duvnir vint installer la chambre , accompagné du duc d« Guise, et prononrx, le 26 dc'ccmbrc f596, dan» le conseil municipal , une harangue par laquelle il exhortait les Marseillais à oublier toutes les offenses reçues, pour ne pliti songer qu'au 8er> vice du roi et au bien de la pairie.

Le bi-avc Grillon se trouvait alors» Marwille, et le duc de Guise voulut niettre à l'épreuve le courogi' di- re Lîipîtaiiic ei-libre. Il courut che/lui pendant la nuit, lui dit que les ennemis étaient maîtres du port et delà ville, et lai proposa de se retirer. Grillon, à peine éveillé, saule sur ses armes , et firanchit avec la rapidité de l'éclair le seuil de sa maison pour vaincre ou pour moarir, lorsqu'un grand éclat de rire du duc lui fait apercevoir que cette alarme n'est qu'âne feinte. Grillon se précipite sur lui, le secoue fortement, et lui dit avec un de ces jurons qui lui étaient Ciimiliers : Jeune homme , ne sonde jamais le cœur d'un brave: si tu m'avais trouve' faible, je te poignartiais '. ■ »

' C F, Bouclie, I. Il , p. 1 5u.

Les états-généraux de Provence furent convoqués à Aix; maïs le duc de Guise, changeant Tassignation , voulut quUls fussent assemblés h Marseille. Les procureurs du ]^3^ refusèrent de s'y trouver , sous prétexte que cette ville n^éiait point du corps du comté et qu'elle ne contribuait pas aux charges provinciales. Les consuls marseillais, de leur coté, voulaient y assister en chaperon y ce que les procureurs du pays ne voulaient pas encore. Le duc permit aux consuls d'assister à l'assemblée, suivant l'usage , mais sans porter les marques de leur dignité. Les états tinrent leurs séances dans l'abbaye Saint-Victor % sous la présidence d'Antoine de Suffren , conseiller au parlement.

Libertat mourut le 11 avril 1 597 . S,on corps fut embaumé et enseveli le 16 dans l*ëglise de l'Observance * ; toates les troupes et tous les corps religieux assistèrent II ses obsèques , qui furent célébrées avec pompe. On remarquait dans le cortège les consuls, l'assesseur, les quatre capitaines de quartier , le père et les frères du défunt ^ .

' L'ouverture se fit le ii mars 1597.

* M. Fouilloux, fabricant de noir animal , eil aujourd'hui possesseur de ce local et du tombeau de Libertat^ placé au côté gauche du chœur de Tancienne église.

^ Barthélemi Libertat obtint, à la mort de Pierre ^ le commandement du fort de Notre- Dame-de- la-Garde, et fut fiiit capitaine de galère. Il obtint aussi la charge de viguier, sur la demande du conseil de ville.

OP. MABSRILI.I:. IK!t

Guillaiiunc Diivaîr rt luiis les mngistraU <l[> la chambre souveraine nicnnicnl le deuil. An retour du convoi , et devant In maison de Libertat ', Duvair prononra une harangue fiinèhrc '.

Lf! conseil niuniripal décida ^ qu'une statue serait clcvéo li Libertat , el que , le 1 7 février de * chaque année , le vigiiier et les consuls assisteraient au service funèbre fait aux frais de la ville* pour honorer la niétnoirc de cet homme qui ne fut qu'un assas.^in san5 courage. Le misérable! méritait-il des honneurs publics, récompense des vertus civiques et du patriotisme désintéressé? Abl la voilà toujours l'injastice des hommes!

' Rrrre l.ibertat logr.iit il \n me de Ltireflc, en face dn couvent des Clairiil». L'église des Senites, ou de Nolre- Dame-de-Lorette, avait doimé son nom à cette rue.

■ flEnvres de Duvair, p. 734.

' Par délibération du 8 novembre iSqS.

1>ar autre di-libéralion du 39 juillet 1610, la statue fut placée sur la porte royale , et on fit graver au bas l'inscription suivante, composée par Laiare Cordicr, avocat : Drcituijuitè Libéria Casalui annù, Laui Chritio, arbs rvgi, libertas lie datur arhi.

(J'ost ta même statue qui, dans le dernier siècle, a été placée » Hiùld de ville, et qui s'j trouve encore.

^ I.e clergé institua aussi une procession {;énérale qui te fjisail encore en 1691 , ainsi que l'atteste l'ouvrage intitulé : I {Ijîi ui pnifiriii tantloram Miisùlirnsis F.ntfiia; , p. 306.

\x M-riiri' funi-lirr se lit jusqu'à l»TétoluIinn , mais un seul Cl hei in y au>istai( sans appareil cl sans éclat : rev^u de ton ctia|>eron , il rc|>rcscntait le corps municipal.

Grâce à Dieu, elle n'est pourtant que passagère^ «t la morale éternelle finit par reprendre ses droits. Après tous ces jugements dictés par l'en* thousiasme des factions triomphantes, arrive la froide sentence de l'impartial aTeair et dé4a postérité vengeresse. Alors la vérité, dissipaUfrles nuages qui obscurcissaient son front, charme tous les regards par son éclat céleste ; Tordre est alors rétabli , chacun est mis à sa place , et de * méprisables idoles tombent dans la poussièict

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