‹ Histoire de Marseille (volume 3)Chapitre 18 sur 29 · II. tHï · texte numérisé non relu

II. tHï

cette science futile qui avait alors beaucoup d'importance, parce qu'elle flattait la vanité et les petitesses des hommes de cour ^ L'avocat François d'Aix compila les statuts de Marseille y et y ajouta des annotations tirées du droit romain et des commentateurs '. Balthasard deVias^ qui, dans sa jeunesse ^ remplit avec dignité la charge d'assesseur, et fut député en 1 61 4 aux états-généraux du royaume, se livra avec passion à la culture des lettres latines ^« Sa muse adulatrice, chantant la gloire des puissances du monde, ofiiit à la fortune des hommages qui ne sont dus qu'à la vertu. Aussi il attira sur lui les faveurs royales; mais elles ne corrompirent point son ame toujours fidèle à de nobles amitiés; il se montra

* D'Hozier naquit le lo juillet 159a y et mourut le 10 décembre 1660. Louis XIII le combla d'honneors et l'admit dans le conseil d*état. Cet écrivain a composé un grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels on remarque une Histoire de Bretagne et plusieurs généalogies.

' Cet ouvrage parut en i656.

' Il naquit à Marseille, le 19 septembre x587.

4 Le père Guesnay, dans ses annales de Marseille, appelle Balthasard de Vias la perle des poètes, po^anim gemma, et ajoute qu'on ne peut trop admirer combien il surpasse tous les autres dans Tart poétique : In ils verà admirabUe est quantum in artepoeticd inter omnes unum excellât,

Charles Dupérier le qualifia de prince des poètes proven* çaux. Il nous apprend que le pape Urbain vui choisit cet auteur marseillais pour examiner ses ouvrages avant de les livrer au public.

digne de Testime de Jean Barclay et du fameux Peyresc dont il était Pallié. Ce dernier lui donna en mourant des marques touchantes d^affection. De Vias, éprouvant le besoin d^exprimer sa reconnaissance, jeta des fleurs sur le tombeau de ce saTant illustre ' .

César Leblanc, prêtre de l'Oratoire et neveu du voyageur dont nous avons parlé, composa des ouvrages de piété '. Claude Bourguignon écrivit la vie du père Romillon, fondateur des Ursulines en Provence. Marchetti fit celles de Tévêcpie Jean-Baptiste Gault et de François de Galaup de Chasteuil. S'appliquant à Pétude des anciens usages de sa patrie , il mit au jour un Discours sur le négoce des gentilshommes marseillais et sur la qualité' de nobles marchands qu'ils prenaient. Enfin, il publia les Coutumes sacrées de Marseille. Antoine de Rufli fit riiistoirc de cette ville, ouvrage plein de recherches laborieuses, présentées sans philosophie, sans critique et sans style ^. 11 écrivit aussi V Histoire abrégée descom^

' In clanssimum virum NicoUium Ctaudiurn Fabricium de l'ryn'sr, scnatorcm aqucnscm y cpicedion. Mass, 1642*

De Vias mourut ù Marseille en 1667.

* Il a fait la vie de sainte Fleur, religieuse de Saint- Jean de Jcrusalcni, et en i665 il fit imprimer le Jour du Chrétien ^ om l'u.Mtf^e du temps règle par Jésus- Christ et par la doctrine des uitNts pf'reM.

^ CxXXc Iiistoire finit en i638. Louis Antoine, fils du prëcé*

tes de Provence^ composition qui n'est pas sans mérite et qui jette quelque lumière sur im des sujets les plus obscurs. Rolland rendit des services importants à sa ville natale en ouvrant au x^ommercc français les ports de Tempire de Maroc ■ . Le médecin Louis Barle se distingua, parmi ceux de sa profession , par deux ouvrages qui eurent du succès '.

Bonnecorsc , mauvais versificateur couvert d^un ridicule ineffaçable, naquit aussi k Marseille. Pendant qu'il était consul au grand Caire, il composa, entre autres pièces, la Montre d* amourj ouvrage mêlé de prose et de vers; il l'envoya à Scudéri qui le fit imprimer eu 1666.

dent y en donna , en 1696, une seconde édition augmentée de beaucoup d'inscriptions et de sceaux.

Antoine de RufH naquit à Marseille en 1607 et y mourut en 1689. Son fils y vit le jour en 1657; il expira en 1714*

* Il publia à Paris, en 1670, la relation de ses voyages sous ce titre : Relation d'un voyage fait dans la Mauritanie ^ par ordre de S. M,, en l'année 1666, vers le roi de Tqfilite, Muley- Àrxîdy pour V établissement du commerce dans toute retendue du royaume de Fez et fie toutes ses autres conquêtes,

* Ils parurent en 1673. Le premier a pour titre : JLes nouvelles découvertes sur toutes les parties de l'homme et tle la

femme. L'autre est intitulé : Les nouvelles découvertes sur toutes les parties principales enfermées dans la capacité du baS'VentrCf ensemble leur composition, connexions, actions et usages , avec des dissertations sur chacune en particulier, suivies de remarques curieuses et utiles pour la pratique des médecins et chirurgiens.

Quelques années après, Boileau l'ayant placé, dans son lutrin , parmi les livres qui servent au combat des chanoines, Bonnecorse en fut blessé, et composa contre son rcdontablc adversaire un poème satyriquc intitulé le Ludrigot, qu'il 6t imprimer à Marseille. Boileau s*en vcngei par une assez mauvaise épigramme '.

Laurent d'Arvieux, consul à Seyde pendant douze ans, devint profond dans l'histoire des nations orientales et dans la connaÎMance de leurs langues. Il apprit l'hébreu, Ir synai^nt*, l'arabe, le turc et le persan. De retour dans sa patrie, il obtint des commissions importantes 3i Tunis el à Constantlnoplc, par la protrction de luailatiic de Vend, gouvernante des enfants de FraiiL'o, et, comme Itil, m'^e li Marseille. Le roi, satisfait d<- ses services, lui donna une |><-iisi<iti , el successivement le consulat d'Alger .1 ilAk-p'.

1^ pjjcr c|uc tui nofDt dcDUodenl ,

Iloniici'cirM- mourut a Mancille cil 17061 \» (!■!« àf u ■■■■•sjtiic (-■>( incerlune.

' \ LTï U tin île f,» vi«, il se retira à Mancille où il monmt le 3o uctubrc ■ 70a , k^é de 67 bu*; il iaitu dei mhatàrt* ntr l'iiitioirc modcrni' et lur le* aSurct du Lcrant.

SiO HISTOIRE

Le nom de Jules Mascaron ' réveille de grands souvenirs. La nature lui prodigua les qualités extérieures qui seules ne constituent pas Téloquence, toute de pensée et de sentiment , mais sans lesquelles il n^y a point d^orateurs, une contenance majestueuse, un son de voix agréable et sonore , des gestes naturels et bien réglés. U joignait à ces avantages un fond d'instruction peu commune. Sans doute ses défauts sont grands : on trouve chez lui des hyperboles outrées, des rapprochements bizarres, des marques de mauvais goût. Cependant il montra un talent remarquable dans son oraison funèbre de Turenne , et eut la gloire de lutter contre Fléchier. L'évêque de Nîmes est plus pur, plus égal, plus touchant; sa composition a plus d'art, son style plus de res-

> Né à Marseille en i634y mort en 1703.

Pierre Mascaron , d'Ayignon, premier impiîmenr établi à Marseille, eut un fils nommé Pierre- Antoine qui naquit an commencement du 17® siècle, et devint avocat au parlement de Provence. Il composa plusieurs ouvrages; et son écrit le plus important dédié à Mazariny son protecteur y a pour titre : Rome délivrée, ou la retraite de Conoàm^ avec son apologie. C'est une sorte de roman historique écrit avec une correction de style que Ton ne connaissait pas en province et dont Paris offrait à peine encore quelques modèles. Majnard, Ménage et Scudéry lui donnèrent leur approbation; mais Balzac en fut jaloux.

Pierre-Antoine Mascaron^mourut avant Tàge de 40 uis, et son plus beau titre aux yeux de la postérité sera d'avoir donné le jour à Jules.

DE MARSEILLE. 3l1

sources ; mais il fatigue par ses antithèses , par son luxe et sa symétrie. Mascaron l'emporte sur lui par la force, la rapidité, les mouvements.

Plumier se livra d'abord k Vétude des mathématiques et de l'astronomie. Il s'adonna ensuite à la botanique, et fut avec Toumefort un dès créateurs de cette science. Louis xit l'envoya en Amérique pour y faire une collection des plantes les plus utiles que l'on pourrait naturaliser en France. Plumier fit trois voyages dans cette partie du monde, et chaque fois il revint chargé de précieuses dépouilles '.

Quel est ce Marseillais justement célèbre , cet heureux favori de la nature, qui, doué d'un goât exquis, sut imprimer h toutes ses œuvres le glorieux sceau du génie, et marquer tous ses pas par d'impérissables chefs-d'œuvre? (?eslPuget*, c'est le Michel-Ange de laFrance. Peintre, sculpteur,

' Il sVmbarqua pour la quatrième fois, mais la mort le surprit au port Sainte-Mario , près de Cadix, en 1706, à l'âge de Go ans. On a de lui une Description des plantes de t Amérique ^ Paris i6<)3; deux Dissertations surin Coc/ieniile duu le journal des Savants, i6<j/|, et dans celui de Trévoux i7o3; \ovti pltintiinnn amerivanaruni gênent, Paris i7o3; Traité des fou frères de l' Amérique f en français et en latin, Paris 170S.

Ses manuscrits sur les oiseaux, les poissons et les plantes» ciiiirhis de dessins, auraient pu former environ douze tc^ luinc!».

• Pierre Puget était le troisième fils de Simon Poget, arch^ tecte et sculpteur; il naquit à Marseille le 3i octobre i6ia.

:(IS Hi5TOIH£

architecte tout h la fois, il alla d'abord demander des inspirations au beau soleil de lltalie. U voulut fouler cette terre de merveilles fécondes et de souvenirs enivrants, ces débris du peuple -roi aujourd'hui remplacé par une populace avilie, ces cendres de héros sur lesquelles s'agitent des prêtres insensés et de lâches esclaves. U chercha des leçons dans cette ville éternelle, en possession du sceptre des beaux-arts, après avoir régné par la force des armes. Puis, enflammé d'enthousiasme et riche d'expérience, il vint s'asseoir aux foyers paternels. Alors, amollissant la pierre sous son ciseau créateur, il anima ses figures, en leur donnant celte flexibilité qui caractérise si bien les chairs, ces expressions vives et naturelles qui peignent les passions et les mouvements de l'ame, cette correction achevée qui est le secret des grands maîtres. Le marbre tremble sous ma mainj s'écriait-il avec transport. Son pinceau ravissant multiplia aussi les prodiges, et ^architecture lui doit des monuments dignes de lui. Puget entendait la musique, et pinçait le luth avec perfectiofi. U avait un esprit vaste et solide, mais vif, impatient, brusque, colère; bon citoyen d'ailleurs, exempt de ces vues d'intérêt et de ce caractère d'intrigue, source de tant de bassesses-, il fut d'une droiture que rien ne put ébranler, l'homme du monde le plus sincère, le plus en-

nemi de tout déguisement, le plus fidèle à ses devoirs.

Son génie était nécessaire à Marseille <]ui n'avait présenté jusque là qu^un amas confus de maisons. L'agrandissement, ou pour mieux dire, la nouvelle ville, commencée en 1666, put offrir à Tadmiration des étrangers ce beau percement, cette élégante régularité que lui envient plusieurs capitales. Le rempart qui longeait le Cours fut abattu, et de nouveaux murs furent construits dans toute la longueur des boulevards actuels jusques a la porte Saint-Victor '. Les dessins de Tagrandissement furent confiés à Puget; et si on avait suivi tous ses plans, Marseille aurait surpassé par sa magnificence toutes les cités connues. Il voulait que Ton donnât au Cours plus de largeur et de longueur; qu'on fit au milieu de chaque île qui devait être d'une architecture uniforme, une belle porte cochcre, ce qui aurait fait croire aux étrangers que c'étaient tout autant de palais majestueux.

' Les travaux de 1666 ne furent entièrement terminét c|u>n 1694*

Un léger changement survint en 1728. On donna à la porte (i'Aix la direction qu'elle a encore aujourd'hui. Les aatret l>mir> étaient celles du Bernard-du-Bois, des Fain^nts, de Nouilles, des Capucins, d'Aubagne, de Rome, de Paradis, de Nutre-Daiiii-de-la-Garde, de Saint-Victor et de la Jolktte; en tout onze portes.

Si la première pensée de cet homme célèbre eût été adoptée , Thôtel de ville , qui dans l'état actuel ne satisfait pas entièrement les connaisseurs, eût été le plus beau monument de Marseille '•

Le conseil municipal, adulateur et servile, ne se contenta pas de faire frapper en Thonneur de Louis xiY une médaille ridicule par son emphase*;

■ L'hôtel de ville actuel fîit commencé le a5 octobre i653, sur l'emplacement de Tancien ; on grava sur la première pierre l'inscription suivante :

Anno a christi natalihus i653. Irmoceniio x supremo reUgionis austitite, Ludovico xrv^ à Deo dato, GaUiarum rege , Ludovico- Borbonio de Vendôme ^ pari Fnmdœ, totiusque maritimœ araricorum principe , duce de Mercœur, gaUo provinciœ pro rege, comitatem basilicam vetustaie labonmiem sud, àpropè ruinant rrdnantem»

Nobilissimi clnrissimique MassUlœ dniaiis consuies, ejusdem que gubematores vigilentissimi , nobiUss. Gaspard de FiUage, D. de la Salie, Laureniius Gilles, nobilis scuUaius, Jacobus Beau, civis, necnon nobilis Ludavicus de Monier D, de Maubousquet, assessor, paires patriœ pro suo in rtmpublic. studio curdque singulari, comitium hoc à Jundamentis exstnti curdrunt, œdilibus nobilibus Petro de Somati ei Antonio de Moustier, Petro Gueidon, nobiU scuiarip, et Occasio Roux, cive, atque œtemum memorandi operis monumenium, hune primarium lapident fausto omine posuerunt die a5 octobris.

Le père Bougerel est l'auteur de l'inscription placée sur la façade de cet hôtel, en l'honneur de Blarseille:

Massilia Phocensiumfilia , etc.

* Ce conseil plaça, dans la grande salle de l'hôtel de ville, l'inscription suivante qui est plus ridicule encore : « Ludoviitms «• magnus, suis majoribus major, sapienti Minerve sapieniior.

DE MARSEILLE. 3i5

il délibéra ■ d'élever une statue équestre au despote orgueilleux qui ravit à Marseille ses libertés précieuses. Puget, chargé d'exécuter cet ouvrage, travailla au modèle en cire; et les échevins en furent si contents qu'ils lui firent compter la somme de 10,000 livres pour les préparati& nécessaires. D'abord il bâtit un atelier pour la fonte; il traça ensuite les dessins de la place Royale, et l'emplacement devait être au bout du Cours. Puget voulait abattre une partie de l'arsenal et le magasin aux vivres, afin qu'en entrant par le Port on aperçût la nouvelle place et la statue équestre du roi.

11 n'eut pas plutôt tnontré ce plan, que l'échevin Lagncau, mécontent de son illustre compatriote qui avait refusé de lui faire gratuitement deux statues pour sa maison de campagne, s'opposa à ce qu'il continuât cet ouvrage. Comme Lagncau avait beaucoup de crédit a Thôtel de ville, il fit casser le contrat fait avec Puget, et on en passa un nouveau avec Clérion, artiste d'nn mérite inférieur. Tous les gens sensés furent indignés, et Puget en conçut un chagrin extrême. Il déposa ses plaintes dans le sein de ses amis, au

• ipso foriior M€ute y terra, manque Victor^ piratas fulmineo

■' tr/o, It'oru'm helgicum puf^mî , aquiUim austriiicam frrro ,

hif'rt'sim nnnis officiosLs ^ suas volunUtrùt }Hi/ce victonas

' t/e\ ii i(. i.

' Fn i685.

nombre desquels se trouvait le fameux Lebrun. 11 se rendit peu de temps après à Fontainebleau et fut présenté au roi par Louvois. Louis xiv lui témoigna beaucoup de bienveillance, en présence de toute la cour , et lui fit présent d'une médaille d'or avec ce revers : Félicitas publica.

Ce prince avait acquis deux groupes de Puget. Le premier est celui de Milon de Crotone , ayant la main droite engagée dans un arbre qu'il voulait fendre^ et portant l'autre sur un lion qui le mord par derrière , et auquel il arrache la langue * . Le second représente l'enlèvement d'Andromède par Pcrsée. Louvois, surpris d'apprendre par Puget lui-même qu'il n'était point satis£aiit de ce qui lui avait été. donné % lui demanda ce qu'il souhaitait des statues qu'il ferait dans la suite : Je veux^ dit- il , que sa majesté me les paie selon leur valeur, lue ministre en parla au roi. Il faut, répondit Louis xiv, que Puget s'explique plus clairement. Louvob, pressant l'illustre Marseillais de lui dire ce qu'il désirait, celui-ci exigea une somme très considérable. Le roi n'en

' Ce fut la première pièce de Puget qni parut à Yersaillet. On fit roaverture de la caisse dans le parc, en présence du roi et de la reine Marie-Thérèse. Cette princense Int si toudiée de Tétat dooloureox où Milon est représenté, qu'elle s*écria tout à coup dans sa surprise : Ah! le pauvre homme!

• Le groupe d'Andromède lui fut payé i5,ooo Itrres; on ignore ce qu'il reçut pour celui de Milon.

donne pas davantage à ses généraux d^armée.^ répliqua le mtnbtrc. Ten com^iens^ répondit Puget ; mais le roi n'ignore pas qu'il peut trouver facilement des généraux d'armée dans le nombre prodigieux d'excellents officiers qui sont à son service^ mais qu'il n'est pas en France plusieurs Puget ' . Ces paroles étonnèrent si fort Louvois qu'il se retira- silencieux; et Puget, voyant qu'il n'avait plus rien à faire à la cour, reprit fort mécontent le chemin de Marseille.

La place projetée ne fut pas exécutée *; on n'érigea point la statue équestre. Puget, h son retour, fit bâtir une maison vers la porte de Rome , dans une vigne située sur une petite col-

' Lorsqu'on abreuve de défjoAts les hommes de gt^nic , qu'il leur soit au moins permis d'avoir la conscience de leur supériorité. On sait que le chevalier Bernin, appelé à Versailles, disait , après avoir vu à Oénes et à Toulon les ouvrages du sculpteur marseillais : Comment le roi peut- il me /aire venir fi'Italir lorsqu'il a sous ses ortirvs un homme tel que Puf^et!

• T. a place Royale actuelle fut commencée beaucoup plus

tard. Vers l'année 17G0, la commune acheta plusieurs maisons

qu'elle fit démolir, et donna à la nouvelle place le nom de

Ltitour^ premier président du parlement et intendant, qui

avail favoris»' celte entreprise. Quelques années après, la ville

reçut l'ordre du ministère <lc ven«lrc une portion de cette

plarc sur laquelle on hAlil une salle de concert et un bureau

des rorlic». Ce qui resta fut d'une grande utilité : on y tenait

le inarrlié du rli.irhon et des fouiia^'cs; les charrettes venaient

aussi y « harj;er ri décharger les marchandises. La place fui

plus fard agrandie par la démolition de la salle du concert et

ilu Inirrau des coches.

line oii se trouvait une chapelle avec un dôme. Il avait déjà construit une autre maison qui subsiste encore à Tentrée de la rue de Rome-, il sut dans un petit espace trouver toutes ses commodités; il plaça sur la façade la. tête du Christ , avec cette inscription : Sahator mundi, et plus bas ces paroles assez insignifiantes : Nul tnwail sans peine. Ce grand homme, épuisé de &tigue, mourut dans sa patrie quelques années après ■ , âgé de soixante-douze ans, un mois et huit jours. Avant d'éprouver cette perte, et vers la fin de 1 688, les Marseillais avaient vu arriver dans leurs murs un homme chargé de fers, placé sur une charrette ignominieuse ^ faible, J^le, languissant, le corps tout meurtri par une tovture récente. Sur sa figure pleine de noblesse se peignaient la douceur et la résignation. De temps en temps il levait vers le ciel des yeux presque éteints; des sanglots sortaient alors de sa poitrine oppressée, et semblaient exprimer autre chose que le repentir. Flétri par la justice humaine , on eût dit qu'il en appelait k une justice meilleure, placée au-dessus de nos préjugés, de nos passions et de nos misères ; on eût dit qu'il opposait le témoignage de sa conscience et de Dieu ii la société armée contre lui de sa colère et de son mépris. Cet homme était d'Anglade, victime

• Le a décembre 1694.

D£ MAfi5£lLL£. Sflt

d'une des plus funestes erreurs judiciaires. Couvert de tout Topprobre du crime , il méritait les palmes de la vertu. Condamné, comme voleur , aux galères pour neuf ans, il venait subir sa peine à Marseille. Et le coupable était mi prêtre; et ce prêtre odieux, levant un front superbe, se jouait des mortels crédules en s^annoncant à eux comme

Torgane de celui qui est. La fortune de d'Anglade était dévorée par les frais d'une longue procédure ; sa femme et sa fille , chers objets de sa tendresse, gémissaient dans un triste exil. Cet infortuné, conduit à Thôpital des forçais, ne put surmonter sa douleur; son dernier soupir fut une protestation d'innocence; il mourut de la mort des justes '.

Jean dcPugct, gentilhomme marseillais, fonda le Mont-de-Piété en 1695, en adoptant pour règles celles que Ton suivait déjà en Italie et en Allemagne ; il légua par son testament 60,000 livres pour cet établissement utile '.

• Le 4 mars 1689.

Sa mrmoirc fut réhabilitée par arrêt du 17 juin 1693. — Voir le recueil des causes célèbres.

• Le Mont-de-piété de Marseille prétait sur gages aux pauvres une certaine somme, sans autre intérêt qu*une très légère rétribution pour le paiement des commis nécessaires à la ré{;ir de Vcruvre.

I.os administrateurs, dont le nombre était illimité, exerçaient graluiteinent leurs fonctions; ils étaient nommés à vie par le ( onseil municipal.

Charles de Yintimille de Luc , qui gouvernait Téglise de Marseille , s^appliquait à maintenir la discipline ecclésiastique et à déraciner les abus. Voulant donner de la solennité k la publication de ses sages règlements, il les promulgua, le 6 avril 1698, dans un synode composé de tous les curés du diocèse et des autres prêtres qui avaient droit de séance. Le notaire Pierre Sossin, secrétaire du prélat, fit la lecture des ordonnances , sous le titre de Statuts synodaux ^ et les enregistra ensuite au greffe de l'évêché.

Le zèle des échevins seconda, la même année, celui de Tévêque, pour une œuvre importante. Ils voyaient avec douleur un grand nombre de jeunes filles des dernières classes du peuple se livrer à 4ine honteuse débauche dès leurs plus tendres années. Ils crurent que la source de ce désordre scandaleux était le dé&ut d^instruction, et pour y porter un remède efficace, ils fondèrent deux écoles gratuites confiées à des religieuses auxquelles ils assignèrent une pension annuelle de 600 livres. Lebret, intendant de Provence, autorisa cet établissement qui produisit bientôt de salutaires fruits.

Vers la fin de ce siècle, un trait remarquable de la vie de Nicolas Compian porta dans tous les coeurs Vattcndrisscment et Tadmiration. Ce négociant marseillais, s'ctant embarqué pour TEgyplc, eut le malheur d'être pris par un cor-

0£ MAKSEILLE^^ 5t1

saire de Tripoli. Réduit en esclarage, il fut vendu à un riche musulman; quoique traité avec une extrême douceur , il versait des larmes amères au souvenir de sa patrie et de sa £aimille. Son maître, ayant fait de vains efforts pour le consoler, lui dit un jour : « Je te permets d'aller a (( Marseille, d'embrasser tes parents, d'arranger <( tes affaires, d'amasser ta rançon ; mais prometsa moi de revenir, et donne-moi ta parole d'hon- « neur; c'est un gage qui me suffit; va, que Dieu « te conduise et te ramène en santé. »

Compian partit ivre de joie. Il passa quelques mois au sein de sa famille, laquelle ayant éprouvé des revers et perdu ses richesses, était dans Timpuissance de le racheter. Fidcle à sa parole, héros <1c la foi promise, il se déroba aux caresses de sa femme et de ses enfants pour aller reprendre sa chaîne.

En arrivant à Tripoli, il trouva son maître plongé dans la douleur, et à la veille de perdre sa femme qu'il aimait épcrdument. « Chrétien, (« lui dit-il en le voyant, tu sens mon affliction; (( ton «lieu t'envoie à mon secours; prie, prie (( ce dieu pour ma femme et pour moi, car les « prières de rhomnic de bien doivent désarmer K sa colère. »

A ces mots, Compian, tombant a genoux, pria avec ferveur a coté de la jeune femme. Les vœux lie son ame honnête furent exaucés; le mal dimiu. ai

%n HISTOIRE

nua, la convalescence commença bientôt, la santé revint, et la joie rentra dans cette maison longtemps affligée. Le vertueux musulman, les yeux mouillés des larmes de la reconnaissance, appela son esclave et lui dit : « Ecoute-moi , chrétien , « cesse de t^afiliger. Je voudrais te retenir et coûte 1er avec toi le reste de mes jours; je voudrais, «en Munissant a ma fille adorée, te donner le (( doux nom de fils ; mais ta religion et la mienne « s'opposent à Taccomplissement de mes vœux ; « il faut obéir a la loi, malgré le désir de mon (( cœur.... Ecoute, te dis-je, laisse-moi achever , « et ne m^nterromps pas par des remercîmenls « que je ne mérite pas encore et que je voudrais « mériter. 11 me reste un bien a te donner : c'est « ta liberté. Ce n'est pas assez pour moi; j'ai fait « charger un vaisseau de blé; ce blé t'appartient, (( je te l'ai destiné; embarque- toi ,* puisque Dieu « veut que tu me quittes ; ne va pas , les mains « vides, rejoindre tes parents; soyez tous mes amis (( comme je suis le tien.» Le lecteur doit imaginer les adieux et le reste de cette scène touchante '. Par édit du mois d'août 1700, Louis xiv créa

• Guys, Marseille ancienne et moderne , p. 93.

Quelques années après, Nicolas Compian reçut par mer beaucoup de blc, lorsque la disette affligeait la Tille. Les ^chevins, embarrasses pour en avoir et en distribuer, lui offrirent un prix très élevé, 60 livres par charge, ou par .^rticr. Compian répondit r t A. dieu ne plaise que j*abusc de

DE MARSEILLE. iti

à Marseille un lieutenant général civil, un lieu* tenant général criminel , un lieutenant général des submissions, un lieutenant particulier civil, un assesseur criminel , ayant le titre de premier conseiller au civil, huit conseillers, un procureur du roi et deux avocats du roi, pour composer un seul corps de siège et sénéchaussée, chargé d'administrer la justice en première instance. Le roi créa encore un lieutenant et huit archers du viguier pour exécuter tous les mandements judi"* ciaires, et veiller a la sûreté des habitants de la ville et du territoire.

Au mois de mars de Tannée suivante, les ducfi de Bourgogne et de Berry, revenant des Pyrénéc!» oîi ils avaient accompagné leur frère, Philippe <r Anjou, appelé au tronc d'Espagne, voyagèrent dans le midi de la Franco et passèrent quelques jours a Marsoillo , qui les reçut avec pompe et Irnioifçna sa joie par des frles brillantes. La milice bourgeoise était commandée par Corail, Mazerat, Raoul et Anselme, capitaines de quartier. Les compagnies des marchands merciers et celle des

■^ l'ttat ou nous sommes; le prix tic 3o livres nie suffit ponr " ce c|iic j'ai dépensé. »

(!«' bon citoyen mourut le iG avril i73a, âgé de 79 ans, M\cment rerjretté par tous ses compatriotes. Il fut inliunnV !«• I- dans réj;lise des Dominicains où il fut accompagné par une nniltitudr <le ]>nuvres qui, par la sincérité de leurs pleur», lui rons.irrcrcnt r«loj»e le plus éloquent.

tanneurs surpassaient toutes les autres en magnificence.

Marseille avait permis aux jésuites d'enseigner la théologie ' dans leur maison de Saint- Jaume. Louis XIV leur ayant cédé Tancienne fonderie du Roc des moulins, un des points les plus élevés de la ville, ils y fondèrent une autre maison sous le titre de Sainte-Croix'. Le père Laval, de leur compagnie, auquel Jean-Mathieu de Chazelies, professeur d'hydrographie à Marseille, avait inspiré le goût de l'astronomie pratique, engagea ses confrères à user de tout leur crédit à la cour pour obtenir du roi la permission de £iire bâtir un observatoire dans cette maison. Us y réussirent par la protection du père Lachaise, confesseur de Louis XIV ; et il est probable que Cassini qui était en relation avec Laval, contribua au succès de ce projet. L'observatoire, tel qu'on le voit aujourd'hui, fut mis en activité en 1702. Laval en eut la direction, et y traça une méridienne qui n'existe plus ^.

' En 1689.

■ Le duc de Guise, gouverneur de I^vencc, fil mettre luimême la première pierre de Téglise, et légua i8|000 livres pour la construction de cet édifice.

' Le père Laval ayant été nommé professeur royal d'hydrographie des élèves de la marine à Toulon en 1718, tous les instruments de Tobscrvatoire de M^r^eiKe le suivirent. Il mourut à Toulon en 1728.

DE MARSEILLE. 3tS

En 1712^ le régime municipal de Marseille éprouva des changements. Le roi nomma six syndics de la communauté pour un temps indéfini. Une assemblée générale devait se tenir le premier de chaque mois, sous la présidence du viguier, de rintendant pu de son subdélégué. Les éckevins présentaient Tétat des dépenses faites et a £iire; les délibérations ne pouvaient s^cxécutef qu^avec Tautorisation de Tintendant, et les syndics avaient le droit d'en exiger la communication.

Le viguier , les échevins et six conseillers changés chaque mois composaient l'assemblée particulière qui prononçait sur les objets provisoires et sur les dépenses au-dessous de 1 00 livres, à charge d'en rendre compte a l'assemblée générale.

La nomination du trésorier devait être approuvée par rintendant qui adjoignait deux grnliishonimcs aux quatre conseillers chargés ilexaminer les comptes; le visa des syndics était nécessaire. Le roi fixait les dépenses annuelles , ri on ne pouvait les dépasser. Dans les cas iqiprévus, il fallait que Tintendant autorisât et approuvât les délibérations, et qu'un arrêt du conseil permît les emprunts, ou impositions cxlraordinairrs. L'assemblée générale ne pouvait intenter un procès, au nom de la commune, que sur l'avis de trois avocats. L'adjudication des fermes se faisait dans son sein, et elle désignait dans chaque quartier deux citoyens chargés , Tun de

veiller à rentretieii des pavés, Vautre de s'occuper des alignements, coupements, réparations des édifices publics ou particuliers. Un inspecteur les secondait dans cette mission dont il rendait compte k l'assemblée générale, seule apte à procéder à l'adjudication des ouvrages, avec l'autorisation de l'intendant. Il fallait passer par ces diverses commissions avant d'être conseiller municipal.

Au commencement du règne de Loub xv, en mars 1 71 7, ce régime fut encore modifié, surtout relativement aux élections.

L'assemblée devait être composée au moins de trente-cinq membres, et le secrétaire plaçait dans une urne élevée un nombre égal de ballottes dont six se distinguaient par la couleur blanche. Les six membres à qui le sort les donnait, désignaient quatre candidats, pris parmi les gens de loge ou négociants j pour le premier chaperon , et autant de bourgeois ou de marchands pour le second. Un scrutin secret avait lieu ensuite ; et, en cas de rejet, on tirait au sort de nouveaux nominateurs. Lorsque les quatre candidats étaient acceptes, celui d'entre eux qui devait être échevin, était désigné de la même manière.

Le lendemain on nommait, d'après ce mode, et sur une liste triple, les conseillers sortants, dans la proportion d'un tiers; on condamnait les conseillers absents a une amende de 1 0 livres ,

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lorsque le nombre de trente-cinq était incom* plet. Les syndics furent supprimes. L'intendant devait autoriser les dépenses au-dessus de 100 livres.

Nous allons voir des jours de deuil ; nous allons voir changer la face animée d'une brillante ville, ses joies se convertir en larmes, ses spectacles en théâtres d'horreur, ses plaisirs en des douleurs affreuses. Le 31 janvier 1720, le Grand S oint" Antoine y vaisseau marseillais, commandé par le capitaine Ghataud, partit de Seyde, alla se réparer dans le port de Tripoli de Syrie oii il prit encore des marchandises et quelques Turcs pour les passer en Chypre. 11 arriva à Marseille le 25 du mois de mai avec sa patente nette '. 11 déclara aux intendants de la santé ' que dans sa route six

• CVst-à-dirr, une dtTlar.itloii attestant qu'à Scyde, non plus (ju'a Tripoli et ù Chypre, il n'y avait aucun soupçon de ]>este. Ku tffei ce fléau ne s'y manifesta qu'après le 3i janvier.

' Il vsi fort difficile de fixer la date précise de rétablissement d«- rintenilance sanitaire à Marseille. T^es registres de 1640 sont Ifvs premiers qui fassent mention du nombre et des noms des .uliiiiiiistr.iteurs. Le registre des délibérations ne prit une foMiir n-giilière cju'en l647-

Le ntunhrr des intendants a souvent varié. Il était de 24 ^^ ir>.|0, iG'«i, 1646, ifj4^j ti^* 17 en i65o, iG5i et i65a; de l 'j « Ti \()\i. Sauf ces exceptions, il a toujours été de 16 iiniiihirs; «i la durée de leurs fonctions, fixée à un au, a M porté»- su< < l'ssivi-ment à deux, a quatre ( décret du aS juillet 180 'i , et enfin à six (ordonnance du 7 août i8aa). C'était le conseil de ville qui nommait chaque année, le a8 octobre, las

3t8 HISTOIRE

hommes de son équipage étaient morts; que trois autres avaient succombé à Livourne où il avait relâché; mais il produisit un certificat de plusieurs médecins de cette ville, attestant que la maladie des trois matelots était une fièvre maligne '.

On savait à Marseille, depuis le commenceraient du mois de mai, que la peste- régnait dans la plupart des échelles du Levant. Cependant les intendants, plongés dans un aveuglement inconcevable, ne prirent aucune précaution extraordinaire , et se bornèrent k faire déposer les mar-

intendants qui devaient remplacer ceux qjOLe la dorée de leurs seryices faisait sortir de radministration. Les écherins y furent nominativement placés , dans des circonstances gniTCSy au nombre de deux ou de trois; mais l'ordonnance du i3 septembre 1 724 les rendit tous membres nés de Tinlendance. Ces fonctions ont toujours été gratuites.

Aujourd'hui le nombre des intendants parait définitÎTement fixé à seize membres , par exception aux autres intendances nouvellement créées qui n*en comptent que douze , et leurs fonctions ont une durée de six ans. Le maire de Marseille en est président- né, et chaque membre remplit alternativement pendant une semaine les fonctions de président; on le désigne sous le titre de président-semainier. L*officier général ou supérieur le plus élevé en grade, le commissaire de la marine et le directeur des douanes peuvent assister aux séances avec voix délibérat:ivc.

* Chataud soupçonnait ces hommes d'avoir été attaqués de la peste. 11 se rendit coupable de tous les maux dont la ville fut affligée, en dissimulant ce soupçon.

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chandiscs aux infirmeries '. Deux jours après l'arrivée du vaisseau , tandis qu'on travaillait au débarquement, il mourut encore un matelot; et Gayrard, premier chirurgien de la santé, déclara, le lendemain, après avoir examiné le cadavre, qu'il n'y avait découvert aucune trace de peste. Ce rapport prolongea la sécurité des administrateurs dont l'attention aurait du pourtant être éveillée; ils se bornèrent k prolonger la quarantaine.

Le 31 du même mois, il entra dans le port trois autres navires venant aussi du Levant. Un quatrième arriva le 1 2 juin ; ils avaient tous patente brute '. On se contenta de faire débarquer leurs marchandises aux infirmeries; et le même jour, le garde de quarantaine, placé sur le vaisseau du capitaine Chataud^ y mourut. Gayrard le visita et déclara qu'il n'avait aucune marque de venin pestilentiel. Le 14, IVntrée fut accordée aux passagers. Ln mousse du bord de Chataud et deux portefaix employés a la purf^e des marchandises, tombèrent malades le 23, et moururent bientôt

' 1^ cargaison du Crtmd Saint- Àn(oine valait environ 100,000 éciis. On voulait sauver re capital important, et les personnes intéressées a propager le bruit (ju'il n*y avait point (Ir «onfaj^ion, trouvaient farilcnient d'autres personnes disposées a les «rtiire.

* (/est-a-diie que dans le lieu do leur départ il y avait de» ioujMjons de |>cstc.

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