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parti catholique , qui dominait dans la ville y Taccueillirent avec de grands applaudissements, chantèrent ses exploits, et ameutèrent le peuple, qui demanda avec des crb de fureur la mort de tous les protestants.
Dans ces circonstances alarmantes, Riquetti, seigneur de Mirabeau, fut nommé premier consul ■• On lui donna pour collègues Antoine Deleuse et Arnaud Velin ; les fonctions d'assesseur furent confiées à Claude de Paulo. Mirabeau, très attaché à la religion catholique, était Tenncmi prononcé de tous les crimes qui la deshonoraient. Il ne voulait fonder le triomphe de ses croyances que sur la pratique des devoirs et de la charité. 11 prit, de concert avec les autres consuls, toutes les mesures que dictait la sagesse pour rétablir la tranquillité publique. Il crut qu'il n'y avait pas de moyen plus sûr pour mettre les rcligionnaires a Tabri de la rage populaire, r|uc lie les constituer prisonniers, et de déclarer qu'ils étaient placés sous la sauvegarde de l'autorité municipale; son intention était de les faire sortir ensuite de la ville. Ce moyen ne réussit pas. Le peuple, craignant que ses victimes ne lui échappassent, se porta pendant la nuit aux prisons, désarma le corps-dc-garde et sVmpara de vive fore e de plusieurs prolrslanls, f[u*il pendit
t r«Mrjoi:i ■♦ ni i "jiJi.
a des arbres. 11 voulut faire subir le même sort à un religionnaire qui n'était point prisonnier; mais celui-ci, assisté de ses parents et de ses amis, se retrancha dans sa maison, disposé k en soutenir le siège et à se défendre vigoureusement. La populace furieuse se présenta bientôt devant la maison pour la forcer; et elle allait renverser tous les obstacles, lorsque Mirabeau accourut, revêtu de ses insignes consulaires et suivi de quelques gardes. Le consul écarta les plus séditieux, se fit ouvrir les portes de la maison assiégée, et amena le religionnaire, en disant à la populace, qui voulait s'en emparer, qu'il allait l'enfermer dans la tour Saint-Jean pour le faire punir avec les formes légales. On ne lui répondit que par des insultes et des vociférations affreuses. Assailli par les fanatiques, il se défendit courageusement; mais son escorte ayant été dispersée, l'infortuné protestant fut arraché de ses bras , fut accablé de coups , couvert de blessures et traîné k demi vivant dans la ville. Mirabeau ne se sauva qu'avec beaucoup de peine. Le conseil municipal ordonna que les consuls auraient désormais chacun une garde de douze hommes, choisis par les capitaines de quartier, qui furent chargés de veiller a la sûreté de ces premiers magistrats '.
' Riiffi, t. r, liv. vil, rh. i\.
HIC MAni>£ll.LK. 17
Lu rurfiît, d'un caraclÎTC extraordinaire, vint jeUr ilaiis Marseille uiif nouvelle épouvante. SanpiiHro , mu en Corse d'une ramillo pauvre et ubi>cure, nVlaîl pus resté dans la foule. Héroïque solilnl arm£ par la vengeance , il uvuil acc|nis une réputation éclatante en cumbaltaut contre les Génois pour l'indépendance de sa pairie opprimée, et BénignaOrnano, tUIc unique de Franeois Ornano, un des plus rielics seigneurs de l'île, n'avait pas dédaigné de luï douner sa inaio. Petitesse de» préjugés! cctLomme, eoiiTcrt de noble<) blessures^ et de lauriers gluricux, ne croyait pas avoir rapprorbé la distance que le hasard de la nai.vance avait mise entre son épouse et lui. Il ne lui pnriait jamais que tète nue, et eut toujours pour elle ce respect que les inférieurs tToienl devoir témoigner à ceux qui sont dans une position sociale plus élevée. La paî\ entre la république de Gènes et la France mit un terme aux exploits de Sanpiétro, qui se réfugia à Marseille avec sa femme et ses deui fils. Il y servit la cour pendant les guerres civiles; mais, toujours tourmenté par le désir d'alTraneliir sa patrie, il ne cessa d'inirigiier contre les Génois, et alla même jusqu'à Constant! nople solliciter le grand -seigneur d'envoyer une (lotte ronlrr rut. Ceux-ci résolurent de s'emparer de Itéiiign;!, pour qu'elle leur servît d'otage. Ils gagnîrenl quelques-uns de ses <lomesliques et un "■ 7
9S HISTOIEE
prêtre nommé Michel qu^elle avait chargé de ^éducation de ses enfants. Ces serviteurs et ce prêtre lui persuadèrent qu'il était de son intérêt de se rendre à Gênes, oîi elle obtiendrait la grâce de Sanpiétro. Bénigna cédu k leurs conseils et a leurs* instances; et, pendant que son mari était absent de Marseille, elle s'embarqua avec un de ses fils et le prêtre Michel. A peine elle eut mis à la voile , qu'un ami de Sanpiétro , instruit de sa fuite, monta sur un vaisseau léger, la joignit près d'An tibes, etla confia au comte deGrimaldi, qui l'envoya au parlement de Provence.
Sanpiétro arrive à Marseille , vole à Aix , demande que son épouse lui soit remise ; et le parlement la lui rend, en lui enjciignant de la traiter avec tous les ménagements que son innocence mérite.
MaisSanpiétro ne croyait pas à cette innocence . A ses yeux , Bénigna avait blessé l'honneur et violé ses devoirs; elle était la plus criminelle des femmes : elle a fui le toit conjugal pour chercher à Gênes un honteux asile , à Gênes , vil repaire des tyrans de sa patrie! Cet homme, d'un caractère sombre et ardent , ne peut supporter cette désolante idée ; son cœur se soulève d'indignation, et son esprit troublé médite une vengeance terrible.
Sanpiétro, de retour a Marseille, parlant encore a son époufve tête nue et dans une contenance
respectueuse , lui déclara que sa perfidie ne pou- Tait s'expier que par la morl^ et ordonna aussitôt à deux hommes qu'il avait chargés de l'emploi de bourreaux, d'exécuter cet arrêt barbare. Bénigna avait prévu le sort qui lui était réservé ; n'espérant pas obtenir sa grâce, elle ne demanda que la faveur de mourir de la main dé son époux. Celui-ci fit retirer les bourreaux, donna k son épouse infortunée des marques d'une soumission respectueuse , passa à son cou le coi^ don fatal, l'étrangla sans émotion, et étrangla ensuite ses deux enfants.
Voyant autour de lui, h Marseille, un mou* vement d'indignation et d'horreur, il s'enfuit à Paris, ou sa présence fit éclater le même mouvement. Ce guerrier féroce eut la hardiesse de paraître a la cour pour justifier sa conduite. Découvrant sa poitrine sillonnée par des cica- Irlccs : Qu importe au roi et à tétat, dit-il , que Sanpictro ait bien ou mal vécu avec sa femme? I>c pardon qu'il obtint peint assez bien la cour do Charles ix '.
Ce monarque, qui voulait parcourir son royaume, arriva en Provence avec sa merc Catherine de Médicis, son frère le duc d'Anjou, et le jeune Henri de Bourbon, prince de Béarn, âgé de onxe
' De Ihou, liv. \xi\. — D'.'Viibigné, t. i, lir. iv. — Branlômr, t. ^ir. — Anqiirlil, Ksprit de la Ligue, liv. it.
ans 'y lequel contribua à Tagréinent du voyage par sa vivacité et ses saillies qui plaisaient beaucoup a la reine mère. On remarquait à la suite du roi le prince de Laroche -sur- Yon, les cardinaux de Bourbon et de Guise, le connétable de de France Ânnc de Montmorency, et plusieurs autres seigneurs. Llntention de Charles ix était de visiter Marseille. Le conseil municipal confia tout ce qui concernait la solennité de sa réception à une commission composée de François Gépède, Ârnoux-Nas, Aman Somat et Honoré Spinassy '. Le roi et sa cour parurent devant Marseille le 6 novembre 1564. Charles, avant d'entrer dans la ville, fut conduit à la plaine Saint-Michel ^, au milieu de laquelle on avait élevé un trône magnifique, placé sur une estrade couverte de riches étofics et d*ornemcnts précieux. Toutes les corporations s^ étaient rendues, et la foule qui était immense conservait un ordre admirable. Le roi s'étant assis sur son trône, les
» Qui devint le grand Henri iv.
■ Ruffiy t. I, liv. Tiii, ch. I.
3 Cette plaine était autrefois beaucoup plus vaste; elle contenait tous les terrains depuis IVglisc Notre-Dame-dû - Mont jusqu'à la plaine actuelle. Elle a été rétrécie, vers le milieu du i8* siècle, parla vente que les religieux minimrs firent de cette portion dont ils rapportèrent la propriété.
La plaine était autrefois connue sous le nom de Cliampde-Mars, Campus Martius , et le chemin qui y conduisait s'appelait 7vVî ilc C/itfipo Martin, ainsi que Tattestcnt des jcies du commencement du 12** siècle.
compagnies des quatre quartiers défilèrent devant lui. A leur tête marchait le comte de Sommerive , qui était venu a Marseille pour présider aux honneurs rendus au souverain. Ce gouverneur monta sur l'estrade, et^ fléchissant le genou, offrit a Charles Thommage et les vœux du peuple marseillais. Les consuls Gaspard de Paul, Pierre Seillans et Pantelin Gratian , suivirent son exem* pic. L'assesseur, Pierre de Vento, prononça ensuite un discours ; et, quand il eut fini de parler^ la jeune fille du premier consul , resplendissante de parure et de beauté, s'avança sur un char que traînaient treize jeunes.hommes richement vêtus, couronnés de fleurs et de lauriers, portant chacun une banderole oîi était peinte une croix avec celte inscription : enseigne de Ui victoire. Celte demoiselle monta sur l'estrade, se prosterna devant le roi , et lui présentant les clefs de la ville , qui étaient (Vor et sur lesquelles étaient {gravées ces paroles pieUUe et jitstitiây elle pronotira ces vers :
IViitc tu n\v vou», iiiaLs tes ^'laiids ciineini!» \c iiu' sauraient forcer, <ar en Dieu je suis foiir : Du cœur <le ces remparts, en armes pour toi mis, Haut lua foi devant Dieu, à toi les-ilef^ je porte.
Ivc roi descendit ensuite de son troue it entra «l.tii** l.i ville p:ir la porh rf^vale, oit se trouvait
Kufti , t. I, liv. VIII, rli 1.
un arc de triomphé surmonté d'un coq couronne annonçant le jour. La on le fit placer sous un dais de drap d'or fleurdelisé y porté par les trois consuls, par Tassesseur et par Riquetti de Mirabeau et Deleuse, consuls de Tannée précédente, tous en robe rouge et la tête nue. Charles ix, ayant de franchir la porte, jura l'observation des chapitres de paix et des franchbes municipales. Le roi prit la route de la Major. Arrivé à la place Neuve, il s'arrêta devant un autre arc da triomphe, enrichi d'emblèmes ingénieux et de figures allégoriques, surmonté d'un globe aux armes de la famille royale de France et de la mabon de Médicis, avec ces mots :
Jà/n totum implevit sacris virtuiibus orbem.
Le lendemain, Charles ix sortit de son palais pour aller entendre la messe a la cathédrale. Le jeune Henri était à son côté; mab, professant la religion réformée, il ne voulait pas assbter à une cérémonie qu'il regardait comme un acte de superstition ridicule. Il s'arrêta sur le seuil de la porte, et il allait retourner sur ses pas, lorsque Charles lui prit en souriant sa toque de velours noir bordée d'or et parsemée de pierres précieuses, et la jeta dans l'église. Henri ne fit
' Riiffî, t. I, Ht. VIII, ch. r.
alors aucune difficulté d'entrer et d'assis tet k la
La cour passa huit jours à Marseille ' , qui se signala par des fêtes brillantes , par des cérémonies d'éclat et par des plaisirs bruyants conformes au caractère des habitants.
Avant de quitter la Provence, Charles ix rétablit le parlement, interdit depuis plus de huit mois. Cette cour, ayant repris ses fonetions, alla tenir les grands jours à Marseille, sous la présidence de Morsant. Ellle y fit apporter les ornements d'or et d'argent des églises de la province, pour en employer le produit au service du roi'.
Les saines idées de l'égalité naturelle , les antiques maximes qui avaient assure la gloire et le bonheur de Marseille^ allaient tous les jours s'affaiblissant ; elles cédaient la place à ces préjugés aristocratiques, a ces erreurs avilissantes, qui empoisonnent le cœur de Thomme et font haïr Tétai social . Elles s'étaient introduites dans la cité, CCS distinctions ridicules , hochets frivoles de la vanité. On doit regarder comme une des causes qui avaient contribué à soutenir le commerce de Marseille dans le moyen-âge , Topinion oii Ion était que les nobles pouvaient sans déroger
' Kuffi ,1.1, \iw. riii , rh. i.
( . F Boiirhf, !. Il, p. i)^
lOi^ H1ST0IU£
se li?rer à toutes sortes d^opérations mercantiles et industrielles. La famille de Montolieu, dont Torigine se lie à la plus ancienne chevalerie provençale, joignait, dans les actes qu'elle passait au quinzième siècle, la qualité de noble a celle de marchand. A la même époque, rîllustrc maison de Candole, qui possédait onze fiefs considérables , et qui était également adonnée au commerce , s'enorgueillissait de Texercice de sa profession ^ Mais, sous Charles IX, les Êtmilles nobles de Marseille commençaient k regarder le commerce comofie contraire à la dignité patricienne. Le prince déclara , dans des lettres patentes ' , que ces familles pouvaient faire des opérations commerciales sans déroger, pourvu toutefois qu'elles ne tinssent pas boutique et qu'elles ne vendissent rien en détail ^ : faible remède pour la gravité du mal. Une tendance funeste éloignait des affaires publiques les classes inférieures ; le conseil municipal semblait un peu trop redouter rinfluence populaire ; tout le pouvoir était placé dans les mains de quelques principaux citoyens. Pourtant la démocratie, pleine de force et de fécondité, vivait dans les traditions, dans les souvenirs, dans les mœurs et dans les besoins des habitants. Elle prit son essor et montra son
' Fauris de Sl.-Vinccnl, Mémoire cilé.
^ De i566.
^ Ruflî^ t. I, liv. VIII, th. 1.
D£ MARSEILLE. f05
énergie clans ks troubles religieux; essor^isans gloire y énergie sans lumières !
Après un calme trompeur, la guerre s'était allumée entre les protestants et les catholiques. Les ravages et les massacres désolaient la France y comme si elle eut été inondée de barbares. Le sort de la Provence n'était pas meilleur. Le sage comte de Tende était mort % et les religionnaircs se voyaient livrés sans ressource à la haine de leurs ennemis. Ils avaient aussi perdu Tappui de Saint-Chaumont , archevêque d'Aix. Ce prélat, indigné de la conduite des catholiques, monta un jour dans la chaire de son église ,^ déclama contre le culte romain et jeta loin de lui ses ornements ponlificaux. U quitta ensuite le pays, se maria et prit les armes pour la religion réformée.
Le conseil municipal ilc Marseille, toujours (*nilanimé d'ardeur pour la cause du catholicisme, «Mivoyu au duc il' Anjou, frcrc de Charles i\ cl lioulrnant-géniral du royaume, deux cents hommes soldes pendant trois mois aux frais de la commune, cl commandes par Paul Impérial, qui sVlail disliiigué au siège de Sislcron. Celle troupe *»e signala sous les enseignes royales à la fanuMise jouriire lie .lariiar \
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Marseille, pendant quelques années, ne fut le théâtre d'aucun événement remarquable. Lies horreurs de laSaint-Barthélemi ne la souillèrent pas. Lie comte de Carces, qui commandait en l'absence du comte de Sommerive, était la terreur des protestants provençaux; mais c'est en face et sur les champs de bataille qu'il les combattait. 11 eut le courage de répondre k la cour : J'ai toujours servi le roi en soldat : Je serais fâché de faire en cette occasion V office de bourreau '. Âpres la mort de Charles ix, les réformés de Provence reprirent les armes, se mirent en campagne et s'emparèrent des villes de Riez, de Digne , de Sisyne , de Puymoisson , d'Espinouse et de Majastre. Le comte de Garces leva alors ses enseignes; ses soldats furent appelés marabous % ou Carcistes ; les soldats protestants , accablés de maux cruels, eurent le surnom de razats ^. Marseille fournit trois cents arquebusiers h l'armée catholique ^ ; et le comte de Carces, aidé du seigneur de Vins , abattit en Provence le parti de la réforme, au moment oii ce parti se relevait en France plus* puissant que jamais.
• Papon , t. 4 , liv. XI. -- Anquclil , Esprit de la Ligtif , Ht. IV.
• Voleurs.
' Pillés.
• En i574-
Le maréchal deReU fut nommé gouverneuvdu comté , après la mort de Sommerite ; et Henri ni, qui se rendait à Airignon ■ pour s^efforcer de pacifier le pap , se fit recevoir confrère pénitent et parut à une procession couvert d'un sac blanc. // marcha j dit un ancien historien, non comme un roi, mais comme les autres pemtents, et porta quelque temps la croix '•
Marseille envoya à Arles six galiotes, sous le commandement de Lazarin d*£spinassi , second consul j pour repousser les religionnaires du Languedoc, qui avaient (ait une irruption dans U Camargue ^.
Le maréchal de Retz ayant quitté le pays, le duc d'Angoulême, frcrc naturel du roi, grandprieur de France, fut provisoirement charge du commandement , qu'il ccda bientôt au comte de Suzc. Celui-ci soutint la cause des razals ; et, comme le fsinatisme religieux se mêlait h des haines particulières, les malheurs publics furent k leur comble. Le comte de Carces et son neveu de Vins méconnurent l'autorité du nouveau gouverneur, qui appela a son secours les razats de Drignôles, de Lorgnes, de Fréjus, de Draguignan et
l.r 1 7 octobre iS^'i-
' lli^f. i\c\ Troubles de Provence, ciepiiis son rehnir à la 1 «Mironne iii*»ques à la paix HcA'erxins rn i "><>^ ^ i'' pirtie, pjr I^uvel «le Reafivai>.
de Grasse. De Vins empêcha la jonclioii de ces Iroupes, et tailla en pièces quatre cents hommes sortis de Brignoles et de Draguignan. Alors , le parlement rendit un arrêt par lequel il déclara les Carcistes rebelles et perturbateurs du repos public. Les habitants d'Hycres, de Toulon et des villages circon voisins , en taillèrent en pièces six ou sept cents retirés à Cuers '.
La reine Catherine de Mcdicis vint en Provence pour calmer les passions et mettre un terme à cette affreuse guerre civile ; elle arriva à Marseille le 5 juin 1579, accompagnée du cardinal de Bourbon, légat du pape, des princes de Condc et de Conti , du grand-prieur de France et du maréchal de Montmorency. Les consuls Pierre de Bourgogne, André de Georges d'Ollières et Alexandre d'Aiguillenquy, Tassesseur JeanDoria, et tous les gentilshommes, étaient montés h cheval et étaient allés a sa rencontre , k la tetc des compagnies de quartiers. Catherine appela auprès d'elle les principaux che& razats et marabous, qui se rendirent dans cette ville pour justifier leur conduite et porter réciproquement leurs plaintes. Le comte de Carces vint présenter SCS respects à la reine , accompagné seulement de quelques serviteurs sans armes, pour prouver qu'il n'était animé que d'un esprit de concilia-