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JOURS DE PLUIE

En province, la pluif est une distraction.

(Eduond de Goncoubt.)

Ce fut un terrible dimanche. La sortie de la messe avait été lugubre, toute de mackintoches et de capuchons rabattus sous la pluie ; par la rafale et par l'ondée Old England avait triomphé une fois de plus dans le faste attristant des pardessus caoutchoutés et des tartans écossais — oh! combien — pour jeunes riflemen de Toulouse et misses sentimentales de Figeac : le déjeuner avait été maussade, et, au monotone refrain de l'averse, le bifteck quotidien fut trouvé plus coriace sur son canapé de cèpes du pays, gonflés et mous comme des

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éponges. La maîtresse de l'hôlel de Londres souffrait encore plus cruellement de sa fluxion hebdomadaire, la famille brésilienne qui occupait le premier ayant p<irlé de partir; Bigorre marécageux était dans le marasme, un désastre imminent planait sur les ruelles aux murailles suintantes; comme un glas de départ sonnait avec les heures au clocher de Saint-Etienne, perdu dans la buée...

Et nous errions, résignés et transis, pittoresques cependant dans nos plaids à carreaux et nos culottes bouffantes, à travers les rues et les placettes, dédaigneux en vérité des lainages des Pyrénées, poteries du pays et autres alpenstocks des mornes devantures ; mais la • mmxhe aide à la digestion, et les eaux de la Grotte n^ opèrent leur effet que mitigées d'exercices hygiéniques f et l'ennui delà petite station thermale était trop impérieux pour ne pas obéir aux suprêmes ordonnances du docteur Carrigou.

Tout à coup, dans une des rues avoisinant le marché, à l'étalage de M"*^ Peyroulet, la marchande de marée, un attrait et une stupé-

faction : M™® Peyroulet reçoit tous les matirva son poisson frais de Toulouse et l'annonce sur des pancartes — présomption naïve qui achalandé peu sa boutique auprès des baigneurs ; mais sa devanture arbore, hiver comme été, deux si rubescentes langoustes en carton peint à côté d'un si miroitant turbot de ferblanc, qu'il n'en faut pas j)lus pour séduire la montagne et la vallée et décider Tàme ingénue des Bigourdans. M"" Peyroulet, celte pluvieuse après-midi fériée, étalait à l'angle de sa porte, au-dessus de deux morues sèches et d'un régime de harengs saurs et d'un chapelet de courges et de tonales, urie imprévue denrée, et cette denrée nous alla au cœur. jjme Peyroulet oiïruit aux yeux des passants, plutôt rares, l'occasioû plus rare encore d'une cigogne... Oui, une sUi;erbe cigogne, toute fraîche tuée, bombait là son estomac en forme de proue, entre 1 envergure de deux ailes immenses, un royal éploiement de deux ailes d'ibis, ou presque, tant elles étaient de ligne harmonieuse; le bec, il est vrai, pendait plutôt lamentable, mais les |jaltes fines et déliées

étaient d'un rose de corail rose charmant. Telle qu'elle, toute tiède encore et le plumage lissé par la pluie, cette cigogne à vendre était épique et grotesque, rappelant à la fois à la veulerie de nos souvenirs et les grues d'Ibycus et le cygne de Parsifal, avec, en plus, quelque chose de japonais. Tant de paravents de laque déroulent par le monde de longs cols de cigognes sur ciel noir incrusté de glycines d'émail et mont Fusyama..., en trois traits d'or changeant.

Eh quoi ! une cigogne chez une marchande de marée ! Et je vois d'ici maint et maint lecteur se rebiffer : « Monsieur le conteur, en vérité, vous abusez! » A quoi j'objecterai, que M""" Peyroulet tenait plutôt les objets d'art, étant donné son étalage de crustacés de cartons peints et de poissons de tôle historiée. Et puis, tout arrive dans ces bourgs innocents des Pyrénées, le commerce y aborde les genres les plus divers et en apparence les plus étrangers l'un à l'autre, et, sans insister sur certaines devantures de Lourdes, ne peut-on pas s'attendre à tout dans une contrée où le tou-

riste peut relever cette annonce en tout point exacte; je l'ai lue, de mes propres yeux lue : a Monsieur Lô, ferblantier. — Parapluies, graisse et lard. »

Or, M""^ Peyroulet vendait, ce dimanche, des cigognes; celle-là lui avait été apportée, la veille, par un montagnard de Gripp : on ne tue pas, quand on veut, des izards. Nous, noua nous étions arrêtés charmés : du col d'Aspin ou de Gripp, de passage ou natif du pays, le volatile nous fascinait ; notre œil visionnaire l'évoquait déjà, élégamment animalisé par des mains expertes, déployant l'arc harmonieux de ses grandes ailes, les pattes fuyantes et le cou savamment incliné, au-dessus du velours de Gènes ou de Scutari de quelque chatoyante portière. Avec deux topazes fausses, subtilement-insinuées à la place des yeux, et quelques touches de carmin pour réveiller le rose un peu fané des pattes, cette cigogne, trophée ou panoplie, eût décoré d'impériale fantaisie le plus austère intérieur ; ce n'était peut-être pas le joli cadeau à faire à un enfant, mais sûrement le présent indiqué pour artistes de

lettres, de ceux dont les hebdomadaires publient avec notices revues et corrigées les somptueux ateliers-halls et studio-appartements. Cet avenir possible nous décida.

M™" Peyroulet nous avait fait son oiseau trois francs. Restait à trouver l'empailleur qui voudrait bien se charger de ressusciter dans une épique pose la cigogne et son vol planant. M'"'' Peyroulet, consultée, voulut bien nous indiquer une artiste : M"" Carmen Lopétècui, 3, rue du Collège. C'est elle qui, à Bigorre, fait tous les empaillements.

Lopèteet?... Cui ! Le Basque dans ses noms brave le jugement. Nous nous faisions répéter celui de l'empailleuse, et nous voici, la cigogne à la main, cheminant sous l'averse vers le Lopétècui-logement.

3, rue du Collège, c'est au marteau qu'il faut heurter. Nous frappons. C'est une dame plutôt mûre qui nous ouvre. — M"^ Carmen Lopétècui? — C'est moi-même I Entrez donc, messieurs, donnez-vous cette peine... Vous désirez? Qui vous amène?

Nous sommes dans une cour vitrée encom-

brée de tables et de bancs... des portes et des fenêtres s'ouvrent à tous les étages sur cette espèce de patio ni très clair ni très grand : un balcon court au premier, enguirlandé de capucines ; aux tables des gens sont installés, qui sirotent du café, fument, jouent aux cartes, jubilent, boissonnent et jargonnent très bruyants; des dames échouées sur des bancs tricotent; les messieurs, plutôt laids, sont en bras de chemise, en veston de coutil et en pantalon blanc; bruns, ventrus, de lourdes faces congestionnées, trouées d'yeux noirs et paraphées d'effroyables moustaches, ce sont autant de Capitaines Fracasse rassis et bedonnants : les dames, elles, chaussées d'espadrilles, des lainages des Pyrénées jetés en mantille sur des cheveux pommadés qui luisent, sont jusqu'à l'évidence de Toulouse et de Figeac : l'atmosphère est plutôt épaisse, l'ail, l'huile et la rascasse y affirment leurs relents ; et sur cette société sonore et bourdonnante le plafond vitré crépite, car l'averse redouble, et c'est à seaux qu'il pleut maintenant... Intimidés, nous le sommes ; nous pré-

sentons quand même notre requête, mais aux premiers mots M"^Lopétècui se cabre et rebellionne : « Eh ! mais, mes cherrr s monsieur s, cela m'est impossible, ma maison est pleine de monde, je loge, je suis logeuse... et je ne puis en ce moment... dans un mois je pourrais l'empailler, votre cigougne, oui, dans un mois... mais, maintenant non, je regrette, j'ai toutes mes cambrettes louées jusqu'au trinte septembre au moinss, dame ! »

Dans un mois ! la cigogne sera fraîche. Il me semble déjà la sentir grouiller au bout de mon bras, et mes doigts ne la serrent plus presque ; elle est devenue étranger«ent pesante, ma cigogne, depuis que je la sais refusée aux suprêmes cuisines de l'embaumeuse ; et, comme j'insiste, d'un geste à la Bonaparte, M"* Lopétècui me désigne le balcon du premier, et ayant d'instinct levé la tête, ce cauchemar emplumé nous fige d'étonnement.

Au balcon intérieur de M"®Lopétècui pendent en file, la panse ouverte, bourrée de vétiver, de menthe et d'herbes sèches, et des cigognes et des vautours, et des aiglons, et des bécasses

et des martins-pêcheurs, jusqu'à des cormorans : une Saint-Barthélémy terrifiante et grotesque de becs attristés, d'ailes flasques et piteuses, d'oiseaux morts, efTondrés, éventrés, les pattes dans le vide, l'air de bêtes au gibet, accrochées parle cou, oiseaux d'apocalypse et de visions d'ascète, un Montfaucon spectral de bestioles ailées, poussiéreuses et squelettes ; et devant ce charnier de momies d'oiseaux, sous ces ailes pendantes de volatiles-fantômes, Toulouse fume et rit, Figeac joue aux cartes, Carcassonne tricote, tout le Midi tonitrue et fait son bru gaiement.

Mieux, tout le Midi, mange, boit, couche et vit dans ce cauchemar figé de Tentation de Cal lot, de planches de Goya qui sang'lotent.

Nous, nous fuyons sous la pluie, emportant, les dx)igts crispés sur son cou flasque, la cigogne qui ballotte et rebondit éperdue contre le caoutchouc de nos makintoches ; un vol d'oiseaux morts, dont les ailes cliquètent, nous enveloppe. Notre cœur flotte comme décroché dans notre poitrine, et nous avons les mains moites.

Ce cauchemar nous poursuivra longtemps.

82 HISTOIIŒS DE MASQUES

C'est a pluie sur la contrée, . Depuis plus de jours qu'on ne compte C'est la saison où les aïeules chantent Des légendes au coin de la cheminée.

Les sabots claquent dans les llaques.

Au long des routes luisantes Qui mènent au pilotis du bac.

La rivière y roule écumaute.

Quand donc luira le soleil, Gomme mv. pardon sur nos péchés, Par les jardiiis bourdonnant d'abeilles, Et fleurant l'âme des amandiers?

(Stuart Mkrrill.)

C'est aujourd'hui jour de marché : entre deux ondées, la flânerie des baigneurs descend jusqu'au F or ail ; c'est à l'entrée de la ville, là-bas, sur la route de Toulouse.

C'est loin, mais on s'ennuie tant qu'il faut bien chercher à se distraire et, distraction pour distraction, c'en est une d'aller écouter patoiser, dans la rauque et rude langue du pays, tous ces longs gars à type chevalin, aux yeux naïfs, l'air tous de Don Quichotte sous leurs immenses bérets en parasol.

D'ailleurs, il est joli à la manière d'un décor, ce marché aux bestiaux de Bigorre, avec son dallage de vieiMes pierres, planté d'arbres, comme un verger. L'autre été, je l'ai vu ensoleillé, frais et trempé de lueurs vertes, avec, dans ses feuillages, le courant d'air de l'Adour et. pour horizon, les trois montagnes d'Asté, comme transparentes dans la chaleur intense, et le fond lumineux et Lleuté de Camp an.

Et c'était, par les limpides journées d'août, un encombrement de paysans en vestes brodées, gars de Labassère aux épaules de colosses, montagnards de Gerde et de Sainte- Marie, gros fermiers de Pouzac, acheteurs et vendeurs disputant entre eux, attroupés autour des petits taureaux blonds et des pourceaux noirs du pays. De hauts parapluies de serge rouge, usée, déteinte, surgissaient brandis, au-dessus des bérets; des bâtons ferrés se levaient, s'entre-croisaient comme pour une bataille, car c'étaient des marchandages exaspérés, féroces, et des garçons meuniers, tout blancs de farine, l'échiné ployée

SOUS leurs sacs, circulaient à pas lourds au milieu de cette foule remuante, harangueuse, bruyante, bien Méridionale, coudoyés de-ci de-là par quelque bouvier espagnol en courte blouse plissée, avec empiècement et galons de velours.

Aujourd'hui, le Forail est presque désert, le vendeur est rare, l'acheteur plus rare encore; il a plu toute la nuit, une pluie sanglotante, dont le vent secoue encore les gouttes pleurant aux branches, et l'Adour jaune, torrentueuse, se précipite et fuit plus vite entre deux rives trempées de brume : les montagnes ont leur capuchon de nuages et, dans le marché, comme inanitné, une dizaine de porcs et cinq petits taureaux, voilà tout le bétail à vendre.

Les femmes des environs ne sont pas descendues, ces nerveuses et minces Bigourdanes dont j'aimais tant, l'autre été, l'attitude résignée et le regard limpide; accroupies toutes pêle-mêle avec leurs cochons dans les caisses qui leur servent de cages, toutes l'air, sous le foulard de soie noué au menton, de petites

Bernadeltes de Lourdes, de bonnes Vierges de chapelles de pauvres avec leur taille plate, leurs jupes longues et leurs étroites faces blanches, leurs étroites faces de Madone aux beaux yeux celtes, d'une eau verdâtre, pailletés d'or.

Elles ne sont pas plus aujourd'hui sur le Forail qu'aux Coustous, les pensives et jolies montagnardes de Campan et de Gerde, aux Cousions, où l'an dernier elles se promenaient par ribambelles de quatre ou cinq, se tenant toutes par la main, comme une file de petites statuettes du xv® siècle, un vrai retable errant de cathédrale; et je reste tout mélancolisé sous les ombrages trempés de ce Forail, Forail abandonné, dont un campement de gitanes, deux roulottes de marchands de paniers dételées dans un coin, sont aujourd'hui le seu' intérêt, la seule note un peu pittoresque.

Les cheveux crépus et la face olivâtre, ils sont trois hommes et quatre femmes, Andalous et Catalans réunis et vivant là au hasard des routes, gitanes des frontières, de ceux que les incidents de Toulouse ont failli, l'autre été,

faire chasser du Midi. Ils sont vanniers, comme tous ceux de leur race et, groupés autour de leurs maisons roulantes, les femmes assises à même les dalles humides, les hommes debout auprès et les surveillant, ils comptent et classent leurs paniers et corbeilles, que des enfants guenilleux et bruns comme des grillons vont, tout à l'heure, aller colporter par la ville.

Mâles et femelles ont d'épais et lippus sourires aux lèvres violacées, et des yeux inquiétants, d'un blanc d'émail, aux paupières gouachées, des grands yeux de mulâtres; ils ricanent quand je passe, et l'un d'eux, se levant, vient à moi et me fait ses offres ; et comme je me hâte et dis non : « Il est pourtant gandin. mon panier, insiste le gitane avec le plus pur accent du faubourg Antoine, étrennez-moi, monsieur, ça vaut une thune^ et à deux balles je vous le laisse ».

Gandin, une thune, deux balles!

Mon Espagnol parle argot de Paris comme vous et moi; je le regarde. Il est blond, maigriot, avec une tête chafouine de voyou et deux petits yeux quémandeurs et bougeurs.

« Oui, de Montmartre, comme monsieur, » achève le gitane qui a deviné ma pensée, et comme j'objecte : « Moi, pas du tout; vous faites erreur, mon ami, je suis Normand. — Ça ne fait rien, Monsieur habite Paris, je vois ça dans l'œil. » Je me mets à rire, et l'homme, enhardi, me raconte son histoire..., un boniment de camelot, son histoire.

« Il est de Montmartre ; son vieux, le père Lhuilier, le fripier de la rue des Trois-Frères, est bien connu du quartier; mais voilà, lui, a fait des bêtises en rentrant du service, une condamnation, puis deux... Bref, il est tricard (interdiction de séjour), et il bibelote à la frontière. Il vient de Pau; il va à la foire de Toulouse. Voilà trois mois qu'il roule avec ces Catalans. » Et comme, devenu familier, à mon tour je lui demande si quelque liaison de cœur ou, du moins, de chair l'attache à ces roulottiers (car il y a là quatre femmes) :

« Moi, des jus de réglisse, j' marche pas », et mon Montmartrois souligne son aveu d'une mimique expressive : « Je suis plus délicat, je ne mange que de la viande blanche; on est

dans la purée, mais on sait se tenir; et puis, d'abord, je ne fais pas le panier... Si j'en ai offert à Monsieur, c'était pour entrer en conversation, faire la connaissance de Monsieur, c'était un chiqué... Moi, j'ai un bon métier, j' vais faire voir ça à Monsieur; demain, je vais faire de l'or avec ça sur la promenade : le patelin est plein d'étrangers. » Et déguerpissant sans plus attendre, le Parigot va chercher derrière une des roulottes une petite voiture à bras, une espèce de boîte roulante, qu'abrite un vieux parapluie de serge verte, il me la pousse dans les jambes et me découvre... un nain, un affreux nain de montagne. « Mon associé ! »

Et il triomphe, le misérable.

Son associé, cette grimaude et piteuse face d'avorton emmanchée sur un tronc d'homme ! Son associé, ces deux moignons terminés par deux mains informes aux doigts palmés comme des pattes de canard ! son associé, ces deux pauvres petites jambes molles, espèces de branches tortes et fléchissantes gainées de bas de laine à côtes, et dont les

pieds estropiés laissent pendre deux lamentables entorses hors de leur chariot de douleur !

L'associé, face ahurie de goitreux aux yeux glauques, à la bouche évasée en ouverture de broc, agite ses deux petits bras comme des ailes, exulte, se dandine, ébauche un niais sourire et bave.

— N'est-ce pas qu'il est bathl me dit fièrement le barnum.

Epouvanté, j'ai mis dans la main du Montmartrois une pièce de deux francs, le prix même du panier offert. Mais de grâce qu'il me délivre de ce cauchemar.

— Merci, monsieur, nous allons biberonner un litre à votre santé, n'est-ce pas, le môme ?

Et il câline et assujettit maternellement dans sa boîte roulante ie nain qui bat des ailes, rit jusqu'à ses deux oreilles, et grogne et bave encore !

Là-bas, sur la vallée, l'ondée vient de crever, les montagnes ont disparu, submer-

tO HISTOIRES DE MASQUES

gées dans la brume, et le Forail est tout à fait désert.

C'est la pluie sur la contrée

Depuis plus de jours qu'on ne compte.

Quand donc luira le soleil, Comme un pardon sur nos péchés, Far les jardins bourdonnant d'abeilles, Et fleurant l'âme des amandiers^

MANUSCRITS D'UN NEURASTHÉNIQUE

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