La cellerière ne doit entoner aucune antiene quand elle
est hors de sa place au chœur et occupfe à recevoir l'encens.
2. Quand son tour est passé pour dire l’antiene elle ne doit point en dire une autre pour celle qu’elle devait dire.
3. C'est une faute qui s’est glissée dans le Statut pour la Messe de la Se Croix on doit dire le kyrie férial et point de Gloria in Excelsis.
k. Suivez vostre anciene coutume et vos petites hymnaires, on vérifiera cependant ce que vous marquez et on le corrigera s’il est besoin.
5. Je veux dire pour ce chant de Sexte dans les Octaves, etc. Vous n’avez pas bien là ce me semble, on fait comme le jour de la Purification pour aller recevoir les cendres et les Rameaux mais non pas quand on est revenu en sa place. Voyez la distinction qui est faite pour les Rameaux au n° 2 du chap. 23 page 122. Vostre vieil cérémonial a esté faict par quelque particulier et ainsy il n’est point authentique.
6. Il n’est point mention dans nos Statuts du réfectoire comme de la cuisine, mais ce n’est point l'usage de l'Ordre qu’on y aille sans raison. Il ne faut point chicaner sur cet article.
7. Vous faites très bien de m'’avertir de ce qui... et bien éloignée de pécher contre la charité, vous faictes charité en m'avertissant. Il faut seulement prendre garde de ne point adjouter foy à de simples rapports ou a des conjectures.
8. Ce n'est point du tout aux Religieux ny aux Religieuses de se mesler du choix d’un médecin, c'est à D. Vicaire et à la Mère prieure à le faire en prenant l’advis des plus ancienes. Je ne veux point du tout qu'on se serve du plus jeune quoiqu'il ait plus de paroles mais du plus ancien appelé Mons. Bernats. Quoiqu'il ne parle point tant, c'est par les paroles que les jeunes médecins se font valoir mais ils n’en sont point plus habiles pour cela. Je me recommande bien à touttes vos sœurs Converse et données, à condition que celles qui sont cholères, brusques, et qui disent de gros mots de païsanes à l’Infirmeric et aux Infirmes se corrigeront. À-t-on soin de faire deux fois la semaine du pain frais comme je l’ay ordonné car à présent il n'y vat de rien moins que de la déposition des officières qui ne voudront point accomplir les ordonnances des visites. A Dieu soions nous à jamais.
Vostre affectionné confrère, F. INNOCENT, prieur de Chartreuse.
Ce 8 avril 1691.
Pour ce qui est de vos monachats. Je consens que vous puissiez les rendre comme ceux qui sont gratuits et parce que vous estes retardée entendez trois messes et faites une communion pour chaque psaultier.
(Original, Arch. Mélan ; ainsi que pour tous les documents qui suivent jusqu'au n° 35 inclusivement.)
DU MÊME à a méme.
(Inédit.)
Ma fille en Jésus-Christ.
E vous souhaitte une part fort abondante aux consolations
de la Résurrection du Fils de Dieu qui après estre mort pour nos péchés est ressuscité pour notre justification. Prions le qu'il nous fasse la grâce de mourir à nous mesmes pour ne vivre que pour luy, mais c'est un exercice qui durera toute notre vie et qu'il faut faire courageusement pour honorer la vie et la mort de Jésus-Christ. J'auray bien de la joye quand j'apprendray qu’on se mettra tout de bon chez vous à le bien mettre en pratique. Je vis cependant en espérance et je vous souhaite une heureuse consommation de vos jours dans la chaité.
Vostre affectionné Confrère,
F. INNOCENT, prieur de Chartreuse.
Ce 2 avril 1692.
DU MÊME à La Vénérable Prieure Péronne Duboin. (Inédit.) Ma fille en Jésus-Christ,
C° que vous me marquez touchant la réparation du bord de cette rivière qui approche sy fort des murs de vostre clos
est fort considérable, et il faudra avertir les pères visiteurs qui iront bientost faire la visite chez vous d'y prendre garde.
Il n’y a rien de gasté pour m'avoir proposé l'affaire dont vostre sœur m'avait escrit, mais il faut seulement retenir que ce n'est point à des gens de nostre profession à se mesler de ces sortes de choses.
Sy les bresches de vostre grande closture sont à présent bouchées on peut y aller prendre le spatiament une fois la semaine comme le Statut l'a réglé. Tout co que je puis adjouter à cela, c'est qu'on y pourra aller les jours des minutions, après cela ne prestez plus l'oreille à ces filles qui voudraient n'avoir ni règles ni mesures puisqu'elles voudraient qu’on dispensat de tout. Je ne scay que trop ces Infirmes sur le pied qu'elles sont ne scauraient manquer de troubler et vostre dortoir et l’observance c'est pourquoy il faudra faire un infirmerie afin que touttes ces Infirmes fassent bande à part et qu'elles ne troublent point les autres. Je ne scay ny que dire ny que faire la dessus car les choses se sont mises chez vous sur un pied qu'il faut du temps pour les remettre. Il n’y a dans l'Ordre qu’une abstinence chaque semaine et il ne fallait qu'aller une fois dire ses coulpes au chapitre. L'article qui porte qu'il faut aller les veilles de grandes festes quoyqu’il ne soit point l'ahstinence ne regarde que la feste de la Conception et quelqu'autres grandes festes solennelles qui peuvent arriver le lundvy. |
Je vous envoiray un expres qui vous portera tout ce qu'il faut pour vos jardins quand il sera temps.
À Dieu soions nous à jamais.
Vostre affectionné confrère, F. INNOCENT, prieur de Chartreuse.
Ce 5 août 1692.
DU MÊME à la même.
(Inédit.) Ma Fille en Jésus-Christ,
J' vous envoye cet expres pour vous porter des Tulipes des plus belles couleurs qui se puissent voir et c’est de là que
viennent les plus belles pannachées. Le garçon vous apprendra à les planter et pour cet effet D. Vicaire poura le mener avec Luy dans vos jardins. On vous envoira au printemps des grènes de touttes sortes et des œillets, on vous envoye aussi de beaux rosiers. Devenez donc d’habiles jardinières mais spécialement pour bien cultiver vostre jardin intérieur.
J'envoye aussy des livres que plusieurs m'ont demandés en divers temps et les adresses sont sur chaque paquet. Il y en a un qui s'adresse à vous où sont des exercices du S. Ange Gardien que vous distribuerez comme vous le jugerez à propos Vous aurez bientost la visite et nous verrons ce qu'on nous rapportera de bon de vos quartiers.
Marchons à Dieu pendant que nous en avons le temps et souvenons nous de l’usure que nous devons Îuy rendre des grâces qu'il nous a faites. Je me recommande à touttes et à chacune de mes filles et je vous souhaitte mille sainctes prospérités.
Vostre affectionné confrère, F. INNocENT, prieur de Chartreuse.
Ce 3 octobre 1692.
DU MÊME à a méme.
(Inédit.)
Ma fille en Jésus-Christ,
he reçeu touttes vos lettres et je me suis faict bailler les scrutins de vostre visite afin de l’estudier. J'en dis par advance mes sentiments à vostre Vénérable Père Vicaire et je luy recommande de vous les communiquer parce que je vous crois capable de garder le secret et d'en user pour la plus grande gloire de Dieu et pour le bien de vostre maison. Vous me repetez dans vostre lettre les mesmes termes dont s’est servi le Père Visiteur dans son scrutin : sans politicque dites-vous
et sans partialité. Que veut dire ce mot de politicque, qu'auraitil fallu donc faire selon la politicque ? Quelle est cette politicque dont on fait estat dans l'Ordre ? Sur qui tombe cette manière de s'énoncer ? Est-ce sur moy? Est-ce sur les Françaises qui sont chez vous? Est-ce sur les personnes du pays. Croyez-moy ma fille ces sortes de manières de parler dites dans un préambule de visite donnent bien à penser, et jusqu'ici je n’ay point ouy parler dans l'Ordre que de celle de la justice, de la charité et de nos Règles. Vous avez raison de dire que c’est une bien méchante raison aux étrangères de vouloir rejetter la correction par ce prétexte et se plaindre mal à propos, mais ceux qui font la correction doivent oster tout subiet aux faibles de le croire. En observeant à l’égard de touttes une égalité équitable il faut que vous taschiez de corriger tousjours celles qui en ont besoin, mais il ne faut point vous faire de scrupule d’omettre quelquefois de petittes choses qui ne scandalisent point les autres, et de différer la correction jusqu'à ce que l’occasion s’en présente favorable, quand vous avez à faire à quelque esprit faible qu'on rendrait encores plus coupable en le poussant à bout.
Voilà ma fille, en peu de mots ce que je puis vous dire pour le présent. Je vous envoiray ce livre du pas glissant que vous désirez et je prie Dieu qu'il vous comble de ses plus sainctes grâces.
Vostre affectionné confrère,
F. INNOGENT, prieur de Chartreuse.
Ce 21 décembre 1692.
DU MÊME à la méme.
(Inédit.) Ma fille en Jésus-Christ,
E vous envoye cette boette où il y a de bien des sortes de J grènes de fleurs qu'on m'a envoyé précieusement de Paris. N ne faut point penser partager ces grènes mais il les faut semer en commun, et quand les plantes seront nées et en estat
d'estre transplantées vous les partagerez entre nos filles. Il faut bien remarquer les noms et avoir soin de faire grener les plantes afin que vostre maison en soit fournie pour toujours.
Vostre règle vous establit pour faire les fonctions de Mère commune et pour surveiller sur les officières afin qu'elles ne fassent rien que selon la Règle et selon vos ordres conformes à la Règle. Voicy une bonne fille de chez vous qui me mande quelle defaut manque de nourriture, qui dit :
Que le potage qu’on donne n'est que de l’eau boulie et que le pain est fort mal fait qui pèse comme des pierres.
Que les aprests sont mal faits, les portions inégales les unes ont toutet les autres peu.
Que la cellerière retranche de son authorité quelque chose à celles qui ne jeusnent point à cause de leurs infirmités disant qu'elle réserve cela pour leur souper.
Si on donne des grenouilles en sauce aux unes, la sœur S. N. en a de frittes. Ce serait une grande pitié si on diversifiait ainsy les pitances. On me di ainsy plusieurs choses de cette espèce, et puis on jette tout sur la sœur cellerière et sur la sœur portière, je ne dois porter mon jugement ni décider sans scavoir la vérité. Je m'adresse donc à vous pour fa scavoir afin qu'ensuitte je fasse ce que je pourray pour mettre remède à ce qui en a besoin, c’est à vous à décider et à ordoner sur ce qui se doit donner aux infirmes selon les usages et les facultés de vostre maison. Je crois bien aussy qu’il y a bien de la faiblesse et du manque de vertu dans quelqu’unes des infirmes. Je prie Notre Seigneur qu’il vous remplisse touttes de son bon esprit.
Vostre affectionné confrère, F. INNOGENT, prieur de Chartreuse.
Ce 28 mars 1693.
Vous verrez dans la lettre scy-jointe quelque chose de ce qui regarde la culture de ces fleurs.
DU MÊME à S. Claudine Duboin.
(Inédit.)
Ma fille en Jésus-Christ,
Le eu du déplaisir de voir mes réponses n'aller à vous que six semaines après la datte de vos lettres pour avoir voulu épargner la dépense de l'exprès qui a coutume de venir. Je vous scay bon gré de m'avoir adverti de ce manque de vitres et je m'estone de ce qu’on n’a point pourveu à cela car sans doute c'est une chose nécessaire. Je le recommanderay donc et il ne tiendra point à moy qu’on n'apporte remède à cette incommodité. Vous pouvez faire scavoir sur cela mes intentions au père visiteur qui sera comme je crois chez vous cette semaine ou la suivante. Cependant travaillez de vostre mieux sur la fin de vos jours à inspirer à la jeunesse de chez vous du zèle pour l'observance de leur Statut car c’est de là que dépend la paix et la consolation de leur esprit. À Dieu soions-nous à jamais.
Vostre affectionné confrère,
F. INNocENT, prieur de Chartreuse.
Ce 26 may 1093.
DU MÊME à M. Péronne Duboin.
(Inédit.)
Ma fille en Jésus-Christ,
occasion s’estant présentée d’un voyage que D. prieur d’Ail- Jon qui est mon fils aisné allait faire en vos quartiers, je lui ay donné charge d'aller jusque chez vous pour y considérer vostre grande closture et pour traiter des moiens de la réparer
ctila mes ordres pour cela, mais en mesme temps vous pouvez vous en servir d’extraordinaire, c'est pourquoy vous avertirez mes filles que celles qui voudront se confesser à luy le pouront faire librement. Je lui ay donné tout pouvoir pour s’en acquitter et vous savez qu'il a l'expérience de la conduite des filles ayant été longtemps procureur de Salettes. Je me recommande à touttes et à chacune. À Dieu soions-nous à jamais.
Vostre affectionné confrère,
F. INNOcENT, prieur de Chartreuse.
Ce 17 août 1693.
ORDONANCES que nous avons faites estant actuellement à Melan pour satisfaire aux intentions de nostre S. Pere le Pape el du Chapitre general.
(Inédit.)
N° deffendons sous peine de desobeissance qu’on permette aux gens de guerre, et particulièrement à ceux qui seront icy autour en quartier d’hyver, de parler a aucune religieuse, et en cas qu'il s’en rencontre qu'on ne puisse le refuser a quelque chef de qualité sans tomber dans quelque fascheux inconvenients on ne parlera que les trillis demeurants fermés à la clef, et la mère prieure tousiours presente.
Nous ordonnons aussy pour de très bonnes raisons establies sur l'esprit et les règles de nre institut, qu'on observe icy exactement la mesme chose qui s'observe dans nos autres maisons de filles, à l’égard des Reguliers et des ecclesiastiques, et qu'on ne permette point aux religieuses de leur parler, à moins qu'ils ne soint leurs proches parents jusqu'au troisième degré inclusivement, et si il s’en rencontre quelqu'’autre à qui on ne le puisse raisonnablement refuser, estants des personnes distinguées, le trillis demeurera tousiours fermé a clef, sans qu'on le. puisse ouvrir pour quelque raison que ce soit. Et la mère Prieure ou la mère sous-Prieure y demeureront tousiours assistantes.
Si iamais on découvre que quelque religieuse escrive des
billets furtifs a des Reguliers ou a des Prestres, ou a des hommes du monde, Nous ordonnons qu'on chasse de la maison à n'y iamais remettre le pied ceux qui auront servi a porter ces billets et que la religieuse soit punie de la peine de manger trois fois par terre au Réfectoire. Que si c'est a quelque homme de guerre qu'ell’ait envoyé ces billets furtifs, qu’elle soit mise sur le champ en la discipline générale de l'Ordre, sans qu'ell’en puisse estre dispensée que par le Rd Père.
Et si les supérieurs où les officiers manquent en cecv, ils seront déposés sans remission.
Et affin d’oster toutte occasion a semblables dereglements. Nous ordonnons qu'en conformité du Chap. de la 2. p. des Statuts des moniales, aucune Religs ne se présente, ny ne parle, ny ne porte ses lettres au Tour, mais elle laissera ses lettres entre les mains de la mère Prieure qui aura soin de les faire porter par qui elle treuvera bon. Si la S' portière manque en cecy elle sera incontinent déposée. Nous deffendons sous la mesme peine à la S" Portière, de iamais aller dire directement a aucune Religieuse qu’on la demande, mais elle ira droit à la supérieure pour l’avertir de ce qu’on demande et de la qualité de la personne qui demande, Et ce sera ensuitte à la mère Prieure de permettre ou de refuser ainsy qu'elle le iugera convenable selon Dieu et sa conscience et de respondre ce qu'elle iugera a propos. Et affin que la Sr Portière puisse estre responsable de tout, il y aura un cadenat dont elle aura la clef affin que le Tour ne puisse rouler qu'elle ne scache ce qu'on x met.
Ce serait une faute qui degenererait en abus, si chaque Religieuse choisissait elle-mesme son assistante : c'est à la mère Prieure a la nommer comme elle le iugera le plus convenable, mais quand il s'agira de parler a des hommes qui ne sont point dans le degré de parenté porté dans notre déclaration, de la visite de l’année 1690, Elle observuera exactement ce qui est ordonné dans les anciens et nouveaux statuts, qu'elle soit ellemesme L’assistante ou la mère souprieure et en cas d'empeschement inévitable, une ou deux des plus anciennes et discretes Religieuses et que le chassis de trillis demeure fermé a la clef quand bien mesme il y aurait des femmes à la compagnie des hommes.
Nous ordonnons que le nombre 56° du chap. 26%: de Ia 2. partie du statut des moniales soit exactement observué, et que jamais aucun homme ne se treuve dans le grand Pré fermé de
murailles, tandis que les SS'"* données y travaillent. C'est pourquoy apres que D. Vicaire aura ouvert la porte de la petite closture, il sortira et fermera a la clef la porte de la grande closture qui ne s'ouvrira point que lorsque les SS" frapperont pour marquer qu'elles ont fini leur ouvrage et quand en cela il se rencontrera quelque inconvénient, on fera plustost faire l'ouvrage par des hommes quoy qu’il en coûte que de laisser des hommes dans le mesme clos avec des filles.
AUTRES ORDONNANCES touchant la nourriture des Religieuses et le traittement des malades.
Nous trouvons dans cette maison un nombre considérable de filles valetudinaires qui ne peuvent suivre la communauté, ny faire que peu d'exercice régulier, et parce que les causes de leurs incommodités peuvent provenir dans plusieurs du costé de la nourriture, et dans d’autres de l’usage indiscret des remêèdes qui ne sert le plus souvent qu’a augmenter le mal plustost qu'a le guérir, nous avons jugé a propos de faire les ordonnances suivantes pour l’un et pour l’autre.