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POUR LA NOURRITURE ORDINAIRE DE LA COMMUNAUTÉ

L'usage et l'expérience nous apprend que pour conserver la santé des personnes de. l'ordre et spécialement des filles, il ne s'agit point tant de la quantité dans la nourriture que de la qualité et de l’apprest.

Nous ordonnons qu’on ne donne rien à nos filles qui ne soit bien qualifié dans son espèce, point de poisson trop viel ou gasté, point de beurre corrompu, ny de légumes ou d’herbages de mesme, point de ces friandises qui flattent l'appétit et qui sont nuisibles à la santé, mais qu'on ait un soin singulier que le poisson soit bien cuit avec du bon vin et de bons aromates qui le rendent plus sain, ou qu’il soit fricassé avec du bon beurre, ou rosty de mesme.

Qu'on ait le mesme soin pour les œufs qu'on préparera en diverses manières successivement par compassion de l'infirmite humaine. Qu'on observe pour les potages d'en rendre la matière bien cuite avec du beurre dans la médiocrité, car on a

reconnû que le trop de beurre dans les apprets nuit grandement aux personnes de l'Ordre et que le fromage a moins qu'il y soit mis en fort petite quantité accable et mine les estomachs.

Pour ce qui est de la quantité nous la réglons à la valeur de quatre œufs pour les jours de jeune, outre le potage et ce qu'on a coutume de mettre sur le bord du plat ou sur une assiete, ascavoir un peu de beurre et de fromage, mais puis qu’on augmente la pitance, il faut diminuer le fromage, affin qu'il ne nuise point.

Cette valeur de quatre œufs s'entend d'un œuf à la cocque, d'un morceau de poisson de la valeur de deux œufs et un autre œuf ou en omelette ou en autre manière.

Les jours de deux réfections on donera la valeur de trois œufs à disner, et la valeur de deux à souper.

— Pour les malades de fièvre et d'autres semblables qu'on appelle proprement maladies.

On ne peut donner de reglement sur cet article. Il faut faire tout ce qu’on peut charitablement selon l'esprit de l'Ordre pour les remettre en santé.

— Pour celles qui ont quelques incommodités habituelles qui les empesche de suivre la communauté.

C'est icy que nous exhortons celles qui sont incommodées a bien reconoitre que leurs incommodités ne les exempte point de pratiquer les vertus Religieuses, mais seulement du jeune des veilles et des austérites qui sont opposées à leurs incommodités.

Qu'’elles s’estudient donc a la douceur, a la modestie, a la patience, et a ne point contrister celles qui les servent. Qu'elles estiment comm'elles le doivent la sobriété dans les repas, comm'estant le grand médicament de santé et de vertu, sans demander des choses nuisibles à leur santé pour contenter l’appétit dereglé, en quoy elles commettroint une double faute en preiudiciant ainsy a leur ame et a leur corps. C’est pourquoy nous recommandons a la mère Prieure de ne les point permettre, ot a la cellerière et a l’infirmière de ne les point donner sans un ordre exprès de la mère. Qu'on se contente de recevoir a desieuner ce qui peut soutenir le corps prudemment et sagement et non point satisfaire a un appetit insensé, Quelque œuf frais, ou du beurre frais, un bouïllon et rien autre chose.

Il faut une grande necessité pour permettre le gouté, mais quand le besoin le requerra, et que la mère Prieure le pérmet-

tra, un morceau de pain avec quelque fruit cuit ou confit suffira, ou un peu de biscuit quand on en aura et que la necessité le demandera. point de Tarte, point de patisserie car ce n’est qu’une pure sensualité et montrer ainsy qu'elles cherchent plus tost a entretenir leurs incommodités qu’à les guérir.

Pour ce qui est des remèdes nos Règles anciennes et nouvelles nous prescrivent d'en user rarement mais l'expérience nous apprend que c’est ruiner la santé et mesme tuer les corps des personnes de l'Ordre que de s’en servir frequemment hors d’une inévitable nécessité.

Comme donc il s'agit icy de la conservation dela régularité et de la santé des personnes de l'Ordre,

Nous deffendons qu'on soufre qu'aucune Religieuse se fasse saigner ou qu’on luy donne des médicaments un peu fréquents sans le sceu et le consentement de D. Vicaire et de la mère Prieure, qui se garderont bien de le permettre que sur les avis du médecin de la maison qui scache lusage de traitter les filles de l'Ordre qui est bien différent de celuy des filles seculieres.

On a fait trop de portes qui vont de l’apartement d'embas ou logent les SSr, dans le jardin, par lesquelles il est aisé d'entrer la nuit dans la maison, en escaladant une muraille de dix ou douze pieds de haut. C’est pourquoy nous avons fait mettre a touttes ces portes de bonnes serrures qui se fermeront a la clef et qui ne s'ouvriront que quand la mère Prieure le jugera a propos, et pour cet effect ell’en gardera les clefs, excepté d'une seule de ces portes, dont elle confiera la clef a la plus ancienne et la plus sage des SS" qui fermera cette porte tous les soirs et l'ouvrira le matin, sans laisser trainer cette clef qu'elle remettra dans sa poche après avoir ouvert, et qui la gardera sans la confier jamais a personne comm'estant chargée de respondre de cette porte et de sa clef.

Pour éviter touttes difficultés sur le temps qu'on doit entrer au Réfectoire le soir en carême pour la collation ; Nous ordonnons qu'on y entre à quatre heures et demye.

Ce qui est dit au n. 54 du 26° chap. de la 2. partie du stat. des moniales, d’un petit Tour, ne s'entend que d’un parloir tant seulement, et pour éviter de faire un guichet a l’une des grilles, mais com'il y a ceans un guichet au chapitre outre celuy de l'église c’est asses et on ne peut prétendre rien autre chose. C’est asses aussy qu'il y ait deux petits Tours aux confessionnaux du chapitre et il ne s’en fera point d’autres aux confes-

sionnaux de l’église chacun pouvant aller dans le Besoin aux confessionnaux du chapitre.

Ainsy ordoné et prononcé dans le chapitre,

Toutte la communauté assemblée à Mélan Le vingt neuf octobre 1693 En Îoy de quoy nous avons signé ces presentes et y avons apposé nostre sceau.

Fr. INNOCENT, prieur de Chartreuse Général des Chartreux.

Fr. Daniel Privé, Prieur de Ripaille; Fr. BERGoIN, Prieur de la chartreuse de Lyon, visiteurs.

LETTRE de D. Innocent le Masson à M. Peronne Duboin.

(Inédit.)

Ma fille en Jésus-Christ,

ous recevrez des mains de D. prieur d’Aillon votre petitte

bourse et il vous dira mes intentions. Je vous ay pourvu d'un vicairo qui est un fort brave religieux, et qui fera merveille chez vous pour le temporel aussy bien que pour le spirituel, pourveu que chacun veuille travailler de sa part à ne point suivre de vieilles idées d’affections et de préoccupations, et qu'on s’estudie à honorer les devoirs de sa profession. Il a esté attacqué de fievre et il faut le laisser bien restablir avant qu'il aille chez vous, cependant vous aurez le secours de D. pricur d'Aillon. Souvenons-nous souvent du compte que nous rendrons à Dieu si nous ne nous acquittons des devoirs de l'exercice qu'il nous a mis entre les mains. Veillez, priez et travaillez sur vous et sur les autres. Vous ne saurez qu'en l’autre monde

ce que vostre maison m'a cousté et me couste. À Dieu soyonsnous à Jamais.

La M. Abbesse de S'° Claire d’Evian m'a escrit et demandé du secours voila 2 pistoles que vous luy ferez tenir. Nous sommes assez empesches à secourir les pauvres d'ici autour, et a subsister nous mesmes.

Vostre affectionné confrère,

= F. INNOCENT, prieur de Chartreuse.

Ce 26 may 1691.

DU MÊME à la méme.

([nédit.)

Ma fille en Jésus-Christ,

‘AY deux de vos lettres dont la première m'a été rendue de

la main de D. prieur de Pierre Chatel qui est un homme de mérite et capable de bien ayder celles qui auront voulu s’en servir. Je feray de mon côté tout ce que je pouray pour vous ayder touttes à obtenir les bonnes grâces de vostre céleste Epoux, mais sy chacune ne se porte par amour à rendre à Dieu les services qu’il veut que nous luy rendions dans sa maison par l’observance de nos Règles, et sy on ne se porte à ses devoirs que comme les enfants qui ne vont à l'Escole que par contrainte, ce sera grand pitié. Vous me parlez par exemple de ces draps de toille, voyez les pages 198 et 199 de vos Statuts vous y trouverez la chose décidée. L'usage universel de l'Ordre en confirme la pratique, et vous me venez demander sy vous en donnerez de grosse toille ou de toille délicate. Je ne say que dire de tout cela car cela signifie que c'est toujours de mesme que s’il n’y avait point de Règle. La grosse toille dont parle le Statut c'est pour enfermer Îa paille et non pas pour servir de drap. Je n’ay donc autre chose à vous répondre là-dessus que ce que dit le Statut et il n’y a point de visiteur qui ayent pu dire le contraire, il n’y a que le temps de vos incommodités

naturelles ou d’autres infirmités qui puisse en authoriser l’usage sur quoy vous prendrez les avis de D. vicaire, et suivez-les de bonne fox.

Ma fille de La Grange me paraist estre fort contente de sa déposition et c'est elle qui me l’a demandée avec instance. Vous avez raison ma fille de dire que c’est un abus de donner ainsy des sœurs aux officières, car estant ainsy occupées, il ne restera rien qu’on puisse faire pour la communauté. J'espère que mes deux filles Manuel seront bien elles ont du cœur l’un et l’autre et Dieu les bénira.

Je consens que vous avez de pelittes brebis d’un mesme sexe pour manger les herbes de vostre petitte closture, mais prenez bien garde qu'on ne laisse point entrer le bellier, car ces objets sont dangereux, indécens, honteux etc. Je rougis encore de honte quand je pense que je trouvay l’asne et l’asnesse ensemble dans vostre petitte closture. He ces filles qui chargent ainsy leurs planchers, ne veulent-elles obéir à personne, est-ce là ce qu'elles ont promis à Dieu. Empeschez-les d’y en mettre trop, jusqu'à ce qu’on ait fait un bûcher commun.

Je vois bien par l'interrogation que vous me faites sur la clef des parloirs que vous ne prenez guère soin de consulter et de lire vos statuts, car vous y auriez vu à la page 326, au nombre 28 que c'est vous qui devez garder les clefs des parloirs du dedans, comme c’est à D. Vicaire de garder celles du dehors et on les laisse à ce que je vois à la portière. Lisez bien vostre Règle et vous y trouverez ce que Dieu demande de vous pour luy plaire. Estudiez-vous à l’observer et pour petitte que soit la chose ce sera par là que vous vous disposerez bien à recevoir Jésus-Christ que l'Eglise va présenter renaissant à vos veux à la solennité prochaine. Je le prie de vous combler de ses grâces et de vous rendre une fille forte.

Vostre affcctionné confrère, F. INNOCENT, prieur de Chartreuse.

Ce 6 décembre 1695.

Je vous recommande qu'à la première occasion d’un chaufoir, on en accomode ma fille Héleine Bazin.

DU MÊME à a méme.

(Inédit.)

Ma fille en Jésus-Christ,

I: est vray que comme je n'ay rien plus à cœur que de vous voir touttes marcher à Dieu en Esprit et en vérité comme estant ce qui peut vous faire trouver la paix, la consolation et l'unique bien de vos âmes. Ce m'est un sujet d'affliction d'en voir toujours qui ne se portent à de certaines choses de leur devoir que comme par contrainte. Il faut prier Dieu et espérer en sa bonté qu'il donnera quelque puissante grâce pour retirer celles qui sont lâches de leur lâcheté. J'escris plusieurs choses à D. Vicaire qu’il vous communiquera. Quand il faudra que vous mettiez quelqu'un pour agir à la place de la Cellerière n'ayez aucun égard à l'antiquité choisissez celle que vous croiez la plus propre avec l’advis de D. Vicaire. C’est ce que je vous ordonne de faire doresnavant, mais quand la soubs cellerière peut agir, c'est à elle à représenter la cellerière. Je parle de la sœur Anne à D. Vicaire comme aussy de la réception d’une autre sœur en cas que la S. Cochat meure. Je vous envoiray bien tost d’autres livres, mais le dernier petit cahier est seulement une table du petit livre de l'Oraison. Travaillons à nostre sanctification pendant que nous en avons le temps et prions- Le qu'il nous donne son bon Esprit avec abondance. A Luy soions nous à jamais.

Vostre affectionné confrère,

F. INNOCENT, prieur de Chartreuse.

Ce 17 avril 1696.

— Lg

DU MÊME à la méme.

({nédit.)

Ma fille en Jésus-Christ,

C en vain que nous venons sur la terre sy nous ne nous estudions de jour en jour à devenir meilleur et je vous avoue que ce m'est une sensible affliction quand je rencontre des personnes de nostre profession qui ne sy étudient point et qui cherchent à reculer plustost qu’à avancer (nous avons parlé tête a tête D. Vicaire et moy de tout ce qui concerne vostre maison et il vous dira tout ce que j'ay décidé) je prie nostre Seigneur qu'il vous donne l'Esprit de force pour empecher le cours des libertés qu’on se donne chez vous. On imposait cy devant des pénitences et le Statut les ordonne, présentement tout cela est aboly chez vous. Hé ou est le zèle de plaire à Dieu et de s'avancer dans la vertu. Parlez, reprenez, corrigez, punissez, faites comme une bonne chirurgienne qui ne flate point les blessées mais qui les manie qui les panse, qui pique et qui taille sans avoir égard aux cris et aux larmes des blessées. I faut leur dire : Voila ma Règle, ma fille, vous et moy avons promis à Dieu de l’observer. Il me punira aussi bien que vous sy je ne l’observe et ne la fais observer. Je ne veux point déplaire à Dieu pour vous plaire. 0 ma fille, que c'est chose pitoiable de voir des personnes engagées dans l’Estat Religieux et qui ne veulent marcher qu'autant qu'on les presse. Ou sont les sentiments d'amour et de crainte de Dieu. Je le prie de vous en remplir et touttes nos filles que je salue.

Votre très affectionné confrère,

F. INNOGCENT, prieur de Chartreuse.

Ce 11 novembre 1696.

DU MÊME à la meme. (Inédit.)

Ma fille en Jésus-Christ,

J' le prie qu'il vous enrichisse et toute vostre troupe des trésors de sa St Enfance, mais pour y participer il faut s’estudier à la représenter dans son indigence, dans sa patience dans son esprit de pénitence. Celles qui refusent toutes les occasions de souffrir quelque chose avec Lui et qui cherchent des dispenses et des permissions à la moindre incommodité qu'elles en sont bien éloignées d'y avoir part. On peut accorder des petits gands de peau ou de laine coupés par la pointe à celles qui sont sujettes à avoir des engelures aux mains en hyver. Que voulez-vous qu'on fasse à l’égard de ces spaciaments Laissez vostre sœur en liberté d’y aller ou non. Pour la sœur Joseph de La Grange vous avez raison, elle est de ces esprits qu'on ne connaît point. Si on s'était servi de l’eau de ma poudre Impériale pour ma fille Barbe Morel elle serait guérie et reguérie. En voila que j'envoye expres.

De quoy s’avisait cette pauvre fille d'aller ainsv faire chauffer de l'eau sy bouillante, c’estait pour lui perdre les jambes. Dieu soit béni de ce que le mal n’a point été plus. Je vous souhaitte les bonnes festes et la bonne année avec mille célestes bénédictions.

Votre affectionné confrère,

F. INNOGENT, prieur de chartreuse.

Je vous envoye de quoy faire 36 pots d’eau Impériale.

” Ce 21 décembre 1696.

LETTRE de D. Antoine Grillet de Fe a M. Péronne Duboin.

(Inédit.)

Ma fille en Jésus-Christ,

ous ne trouverez jamais dans mes lettres que des marques

d'une bonté singulière pour vous, pendant que vous continucrez à travailler comme vous avez fait jusqu'ici au bien spirituel de votre Maison. Je vous aurais écrit plutôt si j'avais eu plus de temps à moy et j'attendrai mesme à vous envoyer ce gros paquet de lettres au retour de votre vlle père vicaire du Chapitre général.

C'est le moyen de s’attirer de nouvelles grâces et de nouveaux secours du ciel que de se regarder comme une servante inutile, cependant Dieu par sa miséricorde veut bien nous tenir compte de l’accomplissement de nos devoirs ; il n’en faut pas d'avantage pour vous engager à augmenter (s'il se peut,) la consolation que je reçois de votre bonne conduite de laquelle ie suis très satisfait. Je ne perdrai aucune occasion de vous procurer tout le bien qui dépendra de moy; vous agissez prudemment d'empescher qu'on ne parle des affaires du tems et quoyque l'authorité du statut appuie vôtre défense, ie ne suis pas fâché néanmoins que vous vous soié servi de mon nom. Je voudrais que vos Religieuses acceptassent les changements d’officières qu'on est obligé de faire, comme venant de Dieu et qu'elles missent fin une fois pour toutes à ces sortes d'attachements qui, pour n'estre pas criminels, sont cependant opposés à la perfection de leur état. Je suis bien aise que votre nouveau procureur soit tel que vous le souhaittez, j'aurai soin de faire renouveller le privilège dont vous me parlez. Je vous ay accordé bien volontiers le très Vble Père Dom Ramel pour confesseur extraordinaire et vous l’aurez en cette qualité toutes les années. Veillez sur votre troupeau et ne manquez pas de m'avertir confidemment de tous les abus qui se glissent chez vous et auxquels vous ne pouvez pas remédier, ie garderai toutes les mesures de pru-

dence pour ne vous point commettre, que si vous vous taisez dans les occasions où vous devriez parler et m'escrire, vous en répondrez devant Dieu et non pas moy. Je vous souhaitte une s'e abondance de grâces et toute la force et la douceur dont vous aurez besoin dans votre ministère.

Votre affectionné confrère,

F, ANTOINE, prieur de Chartreuse.

Ce 28 mars 1704.

DU MÊME à la méme.

(Inédit.)

Ma fille en Jésus-Christ,

dd sçai que le père Convisiteur a beaucoup de charité pour vous et qu'estant sage et prudent il ne peut donner que de bons conseils à celles qui en ont besoin, elles n'ont qu’à profiter d'un semblable avantage.

Je vous avoue ingénuement que j’ay de la peine et que ie suis affligé quand ji'apprens qu'il se glisse des abus dans nos Maïsons, ce qui ne se ferait pas si aisément, si les supérieurs et les supérieures ioignaient la force et la vigilance à la douceur, car l'une sans l’autre ne sert à rien; c’est pourquoy ie vous exhorte à vous animer vous même de ce saint zèle d'Élie et à vous montrer un peu plus ferme à l'égard de celles qui abusent de votre trop grande condescendance. Prenez garde surtout que vos Religieuses ne parlent après Complies et qu’elles n’entrent point les unes chez les autres dans ce temps là, car ie sçai que c'est un abus considérable et dans lequel on tombe assés fréquemment et que votre trop grande bonté est cause qu'on ne se corrige pas. Souvenez-vous que Dieu vous demandera un compte exact de toutes ces transgressions, car vous devrez luy en répondre et vous n’estes établie supérieure que pour les em-

nn

pescher, soiez donc un peu plus ferme que vous n'avez esté iusqu'ici.

Puisque vous avez deux cellules vides dans le nouveau bâtiment, sortez la sœur fnnocence Conque du vieux pour luy en donner une, et afin que cela se fasse dans l’ordre, prenez les mesures nécessaires avec Dom vicaire.

Je décide pour toujours que la sous cellerière donnera l'encent et portera l’eau bénite, lorsque la cellerière sera indisposée, et que la mère sous prieure ne fera ces fonctions qu'au défaut des deux cellerières. Je prie Dieu qu'il vous donne abondamment son Esprit de force, de discrétion et qu’il vous comble de mille célestes prospérités.

Votre affectionné confrère,

F. ANTOINE, prieur de Chartreuse.

Ce 21 juillet 1706.

No 31.

REGLEMENT des postulante et novice par le Tres Vtle Dom Ramel.

(23 sun 1712.) (Inédit.)

RÈGLEMENT A OBSERVER A L'ÉGARD DES POSTULANTES ET NOVICES DE LA MAISON DE MÉLAN.

[' est très à propos que le T. V. P. D. vicaire parle et dirige seul, à l'exclusion des autres Pères officiers les postulantes et novices si ce n'est en cas d'absence ou d’infirmités qui ne luy permettrait pas de remplir ses devoirs, auquel cas seulement ce serait à l’ancien de suppléer pour luy.

Le V. P. D. vicaire prendrat un soin tout particulier d’insinuer dès le commencement aux postulentes et novices, de se contenter d’un quart d'heure de tems tout au plus pour se confesser ; que si elles avaient quelques peines ou difficultés ; il serat plus à propos de leur donner quelques momens de son loisir hors de la confession pour les empêcher de prendre un

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