‹ Histoire de MélanChapitre 113 sur 124 · Ne n'approuvons pas que l’on se dispense sans nécessité · texte numérisé non relu

Ne n'approuvons pas que l’on se dispense sans nécessité

ou sans permission du spaciament, ou il n’y a souvent, que deux ou trois des voilées, qui y vont. Afin d’y engager tout le monde par les liens d’une société commune, nous consentons que les jeunes Professes se joignent aux anciennes, à l’exception de la novice et de la postulante, qui resteront avec leur Maîtresse et celle des jeunes Professes, que la V. M. Prieure jugera à propos. Nous exhortons aussi à ne pas se séparer les unes des autres dans les spaciamens ; les Statuts le défendent ;

et rien n'est si contraire au plaisir de la société, auquel toutes doivent contribuer, et qui ne se trouve parfaitement, que dans cette belle union, qui n'exclut personne, et qui sait simpatiser également avec toutes. Le moien de l’entretenir cette union, c'est de retrancher les paroles piquantes, et tout ce qui ressent la critique, le murmure, et le blâme de la conduite d'autrui. En un mot que tout ce qui peut scandaliser ou offenser le prochain soit banni des conversations comunes qui doivent rouler sur des sujets innocens, qui tendent à entretenir la gayeté, sans blesser la charité. Le tems du spaciament et des récréations étant accordé pour le délassement de l'esprit, ne paraît pas propre à y faire des reproches et des corrections. Personne ne doit se donner la liberté de reprendre ses compagnes en présence de la Mère Prieure, ou Souprieure, auxquelles il faut laisser le soin d’avertir, lorsqu'elles jugeront à propos, celles qui font quelque faute.

2. La pratique de sonner la cloche les unes après les autres aux offices, que la communauté dit”au chœur, se perd icy insensiblement, quoiqu'elle soit ordonnée par les Statuts et observée dans toutes les maisons de l'Ordre. Nous exhortons tout le monde à tacher de la maintenir, et ne s’en dispenser que dans les cas de nécessité avec le consentement de la Mère Prieure. Pour rendre cette pratique moins fatigante, on se contentera de sonner la petite cloche de deux en deux, même les jours de solennité, et les Pères officiers auront soin de faire sonner en même tems la grosse au clocher par des valets. Il faut aussi que toutes les Religieuses se rendent assidues à tout quitter d’abord pour se rendre à l’église, sitôt que la cloche sonne, afin de n’en prolonger pas trop longtems le son. Il convient néanmoins de différer à faire le signe, jusques à ce que la Mère Prieure ou Souprieure ou quelqu’une des plus anciennes soit au chœur. On leur doit cette déférence, et par honnêteté et par devoir, surtout quand les unes ou les autres sont semainières.

3. Nous exhortons D. Vicaire et la Mère Prieure, d'empêcher qu'on ne parle à la grille du chœur avec les Officiers ou personnes du dehors. C'est manquer de respect au saint Sacrement, que de s’y assembler, de s’y entretenir, quelquefois le petit grillon ouvert, ainsi qü'il est arrivé presque en notre présence, depuis que nous sommes icy. Les sacristaines sont obligées par le Statut, à s'opposer à ces sortes d’abus, et à en avertir les

sup‘rieurs, ce que nous leur recommandons expressément, conformément à l'art. 37 du 21 chapitre de la première partie du statut des Moniales, qui doit être observé, autrement elles seraient responsables devant Dieu, des irrévérences qui se commettront dans l'Eglise, dont le soin leur est confié.

&. À l'égard des messages l'on doit s'adresser à la sacristaine lorsqu'elle est dans l'Eglise, ou lorsqu'elle n'y est pas, à celle qui est nommée pour faire les fonctions de sous sacristaine. L'une et l'autre doivent se porter à obliger leurs compagnes avec beaucoup d'honnèêteté et de douceur, sans néanmoins jamais se prêter aux transgressions et aux abus.

5. Nous nous sommes aperceus, et nous avons été surpris qu'on ouvre le grillon et le volet, qui est à la grande grille de l'église pour passer les vases, et les autres choses nécessaires pour orner l'autel, ce qui est formellement contraire à l’article 55 du 26 chap. de la 2 partie du statut des Moniales qui ordonne de «se servir du tour. D. Vicaire et la Mère Prieure doivent le faire observer, et nous en chargeons leur consience. Que si le tour n'est pas comode, pour y passer tout ce qui eit nécessaire à l'ornement de l'autel : on doit le faire accomoder incessament, et le rendre propre à l'usage, auquel il est destiné.

6. Nous avons nommé la V. S. Gasparde Delagrange pour faire les fonctions de souscellerière, jusqu’à ce que la V. S. de Bongain soit rétablie, et dans cet intervalle la S. Guinet fera le: fonctions de soussacristaine.

7. Nous supplions la Mère Prieure d'ordonner à la sœur Benoîte d'avoir soin de la V. S. Delahaye, lorsque la S' Agnès, qui est assé occupée, ne pourra pas la servir.

Ces Règlemens seront lus à la comunauté, lorsque D. Vicaire et la Mère Prieure le jugeront à propos.

Fait et publié au Chapitre de la Chartreuse de Mélan dan: la petite visite, le 6 juin 1720, en foi de quoi,

Signez F. Jean Ange Cocomsy, Prieur de la Chartreuse de Lion, visiteur ordinaire de la province de Chreuse. F. Jean-Baptiste Burry souscribe du R. Père général, adjoint.

VISITE faite a Mélan le 16 Aoùt 1724.

(Inédit.)

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