‹ Histoire de MélanChapitre 115 sur 124 · ORDONNANCES · texte numérisé non relu

ORDONNANCES

Nous confirmons les ordonnances et règlements faits dans les précédentes visites, soit grandes ou petites, et par exprès ceux du 7° 8bre de l'année dernière.

Nous députons pour entendre les confessions les VV. PP. Dom Jean Claude Curtilliet procureur, et Dom Jérôme juge coad- Juteur. |

L'état de la maison suivant le rapport du Père procureur est tel que s'ensuit. fl y a vingt deux religieuses de chœur, y comprise la V. M. Prieure, quatorze sœurs données et dans le dehors trois Religieux, ÿ compris le V. P. D. Vicaire. deux frères donnés, un novice, un postulant donné, et un oblat.

Il y a deux chevaux de selle, dix chevaux pour la charrette, cinq poulains, cinquante neuf vaches à lait, quatorze genisses, deux tauraux, quinze veaux, sept cochons : Il y a suffisamment de blé, vin, huile, beurre et fromage : mais peu d'argent en bourse ; en foy de quoy nous avons signé la présente charte, à laquelle nous avons apposé les seaux de nos maisons ce 30 août de l'année surd°.

F. Jean Ange CoLomsy, prieur de la chartreuse de Lion, visiteur de la province de Chartreuse.

F. Aimé GuiLuior, prieur du Reposoir, pris pour adjoint.

LETTRES d'affiliation à l'Ordre des Chartreux. (28 Avriz 1766.) (Inédit.)

RÈRE Étienne, Prieur de Chartreuse, Général de l'Ordre des Chartreux et les Définiteurs du Chapitre général, à honorables perspnnes Claude-Joseph Vuy, Jeanne-Josèphe Collonges, Jean-François et Aimé Vuy, salut en Notre-Seigneur. Ayant appris, par le Très-Vénérable Père Dom Amédée Col-

ne ——— —

longes, vicaire et supérieur de la chartreuse de Mélan, l’affection que vous avez pour notre Ordre et votre saint empressement de participer à nos biens spirituels, nous nous prêétons volontiers à seconder en cela vos désirs ; et pour satisfaire votre dévotion, nous vous accordons, par ces présentes, une pleine et entière participation à toutes les messes, prières, jeûnes, veilles, aumônes et autres bonnes œuvres qui se pratiquent dans notre Ordre, tant durant votre vie qu'après votre mort. En foi de quoi, nous avons fait apposer aux présentes le grand sceau de l'Ordre.

Donné en Chartreuse, séant le Chapitre général, ce vingthuitième avril mil sept cent soixante-six.

(Signé) Amédée CoLLONGES.

(Grand sceau tenant à un grand ruban vert.— Sur parchemin orné de filets noir et rouge. — Archives Vuy ; Carouge.)

Claude-Joseph Vuy et Jeanne-Josèphe Collonges, arrière-grandpère et arrière-grand'mère de M. Jules Vuy !. Dom Collonges était frère de Jeanne-Josèphe Collonges.

(Original chez M" Vuy, à Carouge.)

No 37.

CARTE de la visite de 1767.

(Inédit.)

u nom de la Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint- Esprit. Amen.

L'an de Notre-Seigneur Jésus-Christ mil sept cent soixantesept et le vingt-troisième de juillet et les suivants.

Nous, Frères Antoine Callas, prieur de la chartreuse de Lyon, et Antoine Pellet, prieur de celle de Saint-Hugon, visiteurs ordinaires de la province de Chartreuse. Pour obéir aux ordres du Chapitre général qui nous a continué le soin de visiter les maisons de cette province, nous nous sommes déterminez à

1 M. Jules Vuy est l'historien bien connu mort à Carouge en 1896.

commencer les fonctions de notre ministère par la chartreuse de Mélan, persuadez d'y trouver les mêmes motifs d’édification que dans notre dernière visite, et d'y voir des personnes religicuses que l'esprit de Dieu anime, qui ne cherchent qu'à plaire à ce divin Époux qui est tout leur partage, leur appuy et leur espérance. Nous avons eû cette prétieuse consolation : cette respectable Communauté sous le gouvernement de la Très Vénérable Mère Marie-Thérèse de Menthon jouit de ce bonheur. Cette digne prieure y contribue par ses exemples, par son attachement à ses devoirs, par sa vigilance à maintenir l'esprit de l'état, par sa charité à prévenir tous les besoins ; elle n'oublie. rien pour entretenir l'union entre ses filles, dans leurs peines elle les assiste, les ‘console, compatit à leurs infirmités, leurs procure tous les soulagements possibles, et ne cherche dans son employ que la satisfaction de leur être utile. Eprouvée par des maladies, elle porte avec soumission la croix que la Providence luy envoit, la plus grande peine qu'elle ressent c'est de ne pouvoir pas quelques fois être à la teste de la Communauté et ce n'est qu’à l’extremité qu’elle s'en sépare. Nous l’exhortons à souffrir en patience ces visites du Seigneur, et à se persuader qu'une des principales fins qu'il se propose quand il permet que nous soyons affligés est de nous instruire de ce que nous sommes, de nous faire mériter, et d'augmenter par là nos couronnes dans le ciel. Nous exhortons cette tendre Mère de consulter la foiblesse de sa santé, ce sont les vœux de toute sa Communauté et nous y joignons les nostres... Elle récitera pour les fautes que son humilité luy a fait reconnoitre les litanies du saint Nom de Jésus une fois, outre ce qui luy est enjoint dans son scrutin. Nous la confirmons dans son office de prieure dont elle a demandé d’être déchargée sous le bon plaisir de l'Ordre et de notre Très Révérend Père général.

L'union, la paix et la charité que nous avons trouvez dans cette maison nous persuadent que le Seigneur appellé un Dieu de paix y a établi son séjour, que son esprit y règne et avec luy toutes les vertus religieuses. En effet, toutes les personnes que le désir du salut a réunies icy nous ont paru animées de l'amour divin, persuadéez de la nécessité de ce premier précepte, elles en donnent des marques qui ne sont point équivoques, leur fidélité à remplir leurs devoirs sans écouter les murmures de la nature, et les retours de l'amour propre, leur entière conformité à la volonté de leur Époux, leur patience dans tout ce qui

leurs arrive de triste, leur soumission aux Supérieurs, leur zèle . dans le chant de nos divins cantiques, leur exactitude à se rendre aux pieds de nos autels, leur éloignement pour tout ce qui pourroit être un obstacle à leur perfection nous ont parû en être des preuves non suspectes. Mais ce qui nous le persuade parfaitement, c’est leur attention pour tous les devoirs de la charité mutuelle, on ne peut douter que le précepte de l'amour du prochain si recommandé par Jésus-Christ ne soit gravé dans leurs cœurs, puisqu'elles paroissent n'être entre elles qu’un cœur et une âme. Instruites de cette obligation elles se supportent sans peine, et pardonnent sincèrement ce qu'on pourroit commettre à leur égard, elles sont très attentives pour éviter ce qui peut blesser le prochain, elles se préviennent par des témoignages d'amitié, de services effectifs, et par des signes extérieurs d’un tendre respect, source de cette concorde que nous admirons icy.

S'aperçoivent-elles que quelques-unes souffrent, l'on les voit se faire un devoir de les visiter, elles tachent de calmer leurs peines, dissiper leur ennuy, soulager leurs douleurs, y compatir et cela sans délay ny retard. Telles sont les preuves de leur charité. Aussi sont-elles en droit d'espérer les magnifiques récompenses promises dans l'Évangile aux âmes miséricordieuses et charitables. Pour leur mériter ce bonheur et pour les défauts qu’elles ont humblement reconnûs nous leurs enjoignons de réciter une fois les litanies de la Sainte Vierge outre ce qu'on leurs a prescrit dans leurs scrutins, et de recevoir la discipline de la main de la Très Vénérable Mère Prieure au premier jour de Chapitre et nous confirmons les officières dans leurs employs jusqu’à ce qu'il plaise à notre Très Révérend Père général de les en dispenser.

Quant à ce qui regarde les Sœurs Données, nous n'avons rien appris, du moins de considérable, qui nous empêche de leurs rendre le témoignage consolant qu’elles désirent ardemment de s'avancer dans la vertu et d'y faire les progrès que demande leur divin Époux par reconnoissance de tant de bienfaits répandûs sur elles. Elles sont soumises aux Supérieurs. Sans s'écarter de la simplicité d’une sincère obéissance, elles s'acquitent des diférents emplois qu’on leurs a assignez. Sans consulter leur foiblesse et leurs infirmités, elles ont un vray empressement de s'unir à leur Dieu dans nos saints mystères, ne se lassent point d'entendre la parole de Dieu qu'on leurs

prêche ou qu'on leurs lit ; sont vigilantes à ne laisser rien perdre des biens de la maison confiés à leurs soins et les administrent . fidèlement. Nous les avons exhortées à ne se point lasser dans l'acquit de leurs devoirs de se supporter mutuellement, et de se persuader que la charité est la première des vertus, et que c'est la blesser que de ne se pas faire toutes les violences possibles pour éteindre dans leurs cœurs tous les sentiments de rancune, de jalousie, de médisance ; qu'elles doivent extrêmement craindre que si elles ne s’observent exactement sur les défauts de la langue, le grand Juge vengera sérieusement tout ce qui peut être contraire au grand précepte de la charité; pour obtenir cette grande vertu et pour les fautes qu'elles ont reconnües elles diront une fois le chapellet outre ce qui leurs est enjoint dans leurs scrutins. Nous confirmons les ordonnances et les avertissements des précédentes visites.

Nous députons pour entendre les confessions le VV. PP. Dom Antoine Babillon, coadjuteur et Dom Simon Goutry, procureur.

L'état de la maison selon le rapport de D. procureur est tel : Il y a vingt-cinq religieuses de chœur y comprises la Très Vénérable Mère Prieure et trois novices, treise Sœurs données ct une postulante, et dans le dehors trois religieux y compris le Très Vénérable Père Dom Vicaire ; trois frères donnez et un novice, dix-sept domestiques, neuf chevaux, deux bœufs, une suffisante provision de blé, vin, et fromage, et environ cent écus en bourse. En foy de quoy nous avons apposez nos sceaux le treisième du mois d'août de l’année que dessus.

F. Antoine CaLLas, Prieur de la chartreuse de Lyon.

Fr. Antoine Percer, Prieur de Saint-Hugon, visiteurs ordinaires de la province.

Au bas, 2 sceaux frustes en cire rouge.

(Original aux Arch. de Mélan.)

REVENU ANNUEL DE LA CHARTREUSE DE MÉLAN, VERS 1790. (Inédit.)

Les capitaux se montent à la somme de quatre-vingt-huit mille cent vingt-quatre livres qui, au quatre pour cent, font environ

le revenu annuel de. . . . . . . . . L. 3525 » La ferme de Mélan rend annuellement. .. . + 2.000 » Le grangeage de Bradillon. . . . . . . . . 12 8 Le grangeage d'Anday . . . . . . . . . . 102 » Le grangeage de Vigny. . . VE. 56 4 Deux journeaux acensés au Closet pour EE. 22 » Le grangeage du Bosson . . ‘. . . . . . . 14102 » Le grangeage de Bonne. . . . . . . . . . 138 » La maison des Buchilles . . . . . . . . . 32 » La martinette de Tanninge. . . . . . . . . 26 » Le verger du moulin des Cuches. . . . . . . 14 8 Les dixmes de Châtillon . . . . . . . . . &5 10 — de Mieussy. . . . . . . . . . 40 »

— d'Arenthon. , . . . . . . . . 410 »

— de Marignier . . . . . . . . . 14 8

— de Morillon. . . . . . . . . . 200 »

— de Verclans . . . .. . . . . 450 »

Les lauds et censes féodales, environ . . . 50 » Le bétail, déduction faite de celui qu'il faut acheter. 150 »

Total du revenu annuel en argent. . . 7.199 18

La maison consume annuellement trois cent coupes de froment, et sept à huit cent coupes de menu bled qu'elle retire soit des dixmes, soit de ce qu'elle cultive elle mesme, quoique depuis quatre ans on en a acheté pour L. 4116. 2. 6 comme on peut le voir dans les comptes, soit à cause des mauvaises récoltes, soit à cause du grand nombre d'ouvriers que le V. Père dom Jacques a employé depuis une dizaine d'années pour les réparations de la maison.

Elle retire aussi des vignes de Vigny et des Fontaines, la provision suffisante de vin.

La montagne de Boutigny peut rendre environ annuellement

trois quintaux de bœurre, et douze quintaux de fromage maigre.

Celle de la Rosière trois quintaux de bœurre, et cinq quintaux de fromage maigre ; elle peut rendre en grain, compris les dixmes qu'on y lève, soixante coupes tant en orge qu’en avoine.

Outre les deux mille livres qu'on retire de la ferme de Mélan, elle rend encore vingt quintaux de fromage gras, cent cinquante livres de bœurre, cent cinquante livres de vacherins, douze douzaines d'œufs, la bouillie de Sérac une fois la semaine depuis la saint Jean-Baptiste jusqu'à la saint Michel sept livres de bœurre frais par semaine, la voiture du tiers des vins, et de cinquante charges de bois, vingt-quatre charretées de fumier pour les jardins et quatre traînaux de blaches pour les vignes.

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