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raient l’occasion de dépenser leur trésor de dévouement et de piété.
Telle est, nous semble-t-il, la cause de cette‘ germination soudaine de vierges cloîtrées, personnes, pour la plupart, de hautes lignées {.
Quoique la charte de fondation de Mélan ne formule aucune exclusion à l’égard des filles du peuple, on peut croire que, par une clause orale de Béatrix, ce monastère fut surtout réservé aux filles nobles, car on y rencontre peu de roturières ; il s’y présente au contraire une galerie des plus beaux noms de la noblesse savoyarde. Les filles nobles réclamèrent donc à leur tour leurs droits au sacrifice. Avec quelle ardeur l’histoire nous le démontre.
Pour ne pas sortir de notre sujet, nous n'en donnerons qu’une preuve. Saint Bruno fonde l'Ordre cartusien vers l'an 1084. Malgré l’austérité de ses règles, cette institution se répand avec une merveilleuse rapidité. Deux siècles plus tard, les chartreuses de Portes, de Meyriat, d'Arvières, de Sélignac et de Seillon avaient déjà produit saint Anthelme, Guy, évèque de Maurienne, saint Étienne de Châtillon, évèque de Die, saint Artaud, évèque de Belley, Guigue, premier prieur d’Aillon (1185), évèque d'Aoste, etc., qui tous répandaient sur l'institution une grande réputation de sainteté.
Jalouses de l'enthousiasme religieux de leurs frères, quelques filles nobles de Provence avaient demandé la faveur de partager leur dévouement et leur genre de vie.
t Les chartreuses du monastère de Parménie (Isère) par exemple. s'il faut en croire un parchemin coté n° 5, au bailliage de Saint-Marcellin, devaient faire preuve de quatre degrés de noblesse tant du côté paternel que du côté maternel. (Voir Vie de la B. Béatrix d'Ornacieu, par le R. P. Dom Théodore Bellanger, p. 16.)
lien était de même du monastère de Poletcins(Bourgogne).Les noms qu'a pu recueillir M. Philipon (Œuvres de Marguerite d'Oyngt, p.xxin, Lyon, 1371) attestent que les religieuses de ce monastère appartenaient aux meilleures familles du Lyonnais, de la Bresse, du Bugey, etc. Il en fut de mème des religieuses de Salettes dont Chorier dit : « Pauco quidem numero at generis nobilitate virtutumque præstantia eminentes. » (ist. Delphinatus, 1. I, p 251.)