I. HIÉRARCHIE ADMINISTRATIVE
L'organisation d’une maison de moniales est des plus simples. Pour le spirituel comme pour le temporel, la communauté forme une famille ayant à sa tète une prieure, aidée d’une sous-prieure dans l’administration générale et d’une directrice pour les novices. La prieure est sous la dépendance du vtcatre qui, à son tour, comme ce nom l'indique, relève du Général de l’Ordre. À Mélan, le P. Vicaire était accompagné d'un P. Procureur et d’un ou de deux autres Pères. Des frères convers et de nombreux domestiques exploitaient les terres du couvent sous leur direction. On cite même, dans un acte de 1787, un pharmacien et son second résidant au monastère.
De deux en deux ans deux Pères visiteurs se rendent aux divers couvents pour s'informer de tout ce qui s’y passe et recevoir les dépositions de chaque religieuse. Ce Père délégué vient ensuite rendre compte de sa visite au Chapitre géné-
er
ral de l’Ordre qui se tient tousles ans à la Grande Chartreuse.
La prieure est élue par la communauté et soumise à l’approbation du Chapitre général. Elle demande miséricorde, c’est-à-dire envoie sa démission à chaque réunion de ce Chapitre, et continue à exercer ses fonctions jusqu’à l'avis de sa révocation. Régulièrement, une religieuse ne peut être élue prieure avant l’âge de quarante ans et huit ans de profession. La prieure et la sous-prieure sont appelées Méres par les personnes de l'Ordre, et les autres religieuses, Sœurs. Aux environs de Mélan, on les appelait toutes indistinctement Dames. |
Parmi ces religieuses, quatre sont chargées d'un emploi : la Sacristine, attachée au service de l’église et du chapitre; la cellériére, chargée de l’économat intérieur; une {ourtére, qui fait les provisions en ville et passe au tour ce qu'on apporte aux religieuses ; et enfin, une portière, qui reçoit les étrangers au parloir et transmet leur demande à la prieure.