‹ Histoire de MélanChapitre 38 sur 124 · JEANNE DE COHÉNDIERS, SIXIÈME PRIEURE CONNUE · texte numérisé non relu

JEANNE DE COHÉNDIERS, SIXIÈME PRIEURE CONNUE

NC de Cohendiers, d’après M. Am. de Foras, habi- \%2 taient Rumilly-sous-Cornillon*. Ils y possédaient au commencement du xiv° siècle des biens et une maison qui fut agrandie en 1367. Jeanne, dernière du nom, porta (1564) à M° Jacques de Menthon-Beaumont, son mari, ce fief qui passa plus tard aux de Rochette, et des Rochette aux de Viry vers 1710. Le château restauré est habité de nos jours par M. Ludovic de Viry-Cohendiers. Cette famille donnera plus tard à Mélan une nouvelle prieure, Jeannette (1454).

Le nom des vicaires de Mélan durant cette époque ne nous est pas parvenu. Le catalogue dit simplement : « En 1348, la démission du vicaire est acceptée ; un autre Père lui est substitué, mais son nom est illisible dans les chartes. » La série des vicaires demeure ainsi interrompue jusqu’en 1369, Le priorat de Jeanne de Cohendiers, à part quelques actes qui rappellent la protection du souverain, n'offre guère à notre curiosité que trois ou quatre actes sans grand intérèt.

| Catal. prior. Mélan.

: Auj. Saint-Pierre de Rumilly.

C'est d’abord une donation faite à Mélan en 1348 par Perronnet, fils de Jacquet de Vallon, de deux fossorées de vigne au pra, paroisse de Thiez!.

Puis, divers albergements. Le 4 novembre 1350, la chartreuse alberge aux nommés Cauvat et Girod plusieurs pièces de terre, prés, bois, rière Verclans, sous le servis d’un bichet de febves, une octane d'avoine et dix sols un denier genevois”.

Le 40 août 1355, Jacquemet, de l’île de Marignier, prend en albergement trois pièces de terre à Tréloux 5, quatre poses de verney, situées aux iles de Giffre, et quatre poses de terre contiguë audit verney, sous le servis de cinq octanes de froment, mesure de Cluses, plus quatre sols genevois.

Ce même albergement est renouvelé avec clauses à peu près identiques le 10 mai 13565.

A la fin de juin 1355, Humbert II, après avoir donné le Dauphiné à la France, cédaitle Faucigny au comte de Savoie, Amédée VI, dit le Comte-Vert; mais à la condition, stipulée dans l’acte, de conserver toutes les libertés et franchises accordées par les Dauphins. La situation de notre monastère restait donc la même. En passant sous la Croix de Savoie, nos religieuses changeaient simplement de protecteurs.

La bienveillante tutelle des nouveaux maîtres se manifeste dès Fabord par la reconnaissance d’un droit du monastère.

Mélan possédait une montagne dite de Maulu; pour s’y rendre, les bergers devaient faire passer « leurs brebis et autres animaux » par les combes d’Ynel et de Vyon. Etienne Armat et Jean Bugnion, propriétaires de ces combes, contestèrent au couvent le droit de passage. Le juge de Faucigny maintint à Mélan ce droit « pour toutes et quantes fois que bon lui semblera, sans pourtant porter aucun dommage, particulièrement quand les prés sont en ban. » L'année suivante, la même sentence était portée par le châtelain de Bonneville contre les hommes de ce mandement qui s’opposaient audit passage, et défense était faite « de troubler la chartreuse,ou ses serviteurs conduisant leur bétail 6. »

Cette année mème, 1356, par lettres patentes du 15 février, Amédée de Savoie reconnaissait la rente, faite à Mélan en 1336 par Humbert dauphin, de 20 livres genevoises à prendre sur les tailles de Fleyrier,

1 Inv., K. 10; f° 35.

? Inv., G. 4; f° 24.

3 Tréloux (Marignier). Il y a encore des Revillodl-Delisie à Marignier. Leur nom primitif était De Insula, Delisle. (Note de M. l'abbé Pettex.)

4 Inv.,M. 8; f° 45.

$ Inv., L. 5; f° 40.

6 Inv., N. 5; f° 5.

et il enjoignait aux châtelains de Châtillon présents et futurs, de payer régulièrement ladite rente!.

Un acte du 5 août 1357 reconnait à Mélan le droit de vendanger ses vignes du Faucigny quand bon lui semblera?.

Enfin, par lettres du 28 mai 1358, Amédée, comte de Savoie, mande aux châtelains de Châtillon et de Cluses de ne point troubler la chartreuse de Mélan « en la perception des dixmes de bled de la dixmerie de Blens, aujourd’hui appellée du Crest, et de l'en laisser jouyr paisiblement sans y prendre aucune gerbe, non pas même la dixme des terres nouvellement plantées en vigne, qui sont de la dixmerye dudit Mélan3. »

Vers ce temps-là, Jeanne de Cohendiers avait enfreint un point grave des Statuts cartusiens. Les monastères de !’Ordre ne devaient recevoir aucune dot des personnes qui entraient en religion; à plus forte raison, les Supérieurs ne pouvaient accepter pour eux-mêmes, de la part de ces personnes, aucun don. Notre prieure reçut une jeune postulante dans sa communauté et crut pouvoir accepter cent gros“ qui lui étaient personnellement offerts. Le Chapitre général n’admit aucune excuse. Pour donner un exemple, uË aliæ sint inagts cautæ, on déposa la prieure : fit sibi inisericordia®. Claudine Dufrénay lui succéda.

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