VICAIRE : D. PIERRE FABRI
ES de Bardonenche avaient leur manoir dans la pa- #3 roisse de la Tour, au penchant de la montagne du as Môle (aujourd’hui ferme appartenant à MM. Durfresne-Sommeiller). Cette famille a donné plusieurs châtelains au mandement de Salaz ou Thiez, terre des évêques de Genève. Sa noblesse était ancienne. Mélan comptait déjà dans son histoire une sœur de Bardonenche, emportée par le fléau qui décima la communauté en 1430.
Sous le priorat de Jeanne, renaïit la fameuse querelle entre Mélan et le clergé de Samoëns au sujet des dîimes et novales de Verclans. Probablement les droits du monastère avaient été de nouveau lésés. En vertu de lettres émanant du Conseil de Savoie, divers communiers, prud'hommes et témoins, le curé de Samoëns et autres intéressés furent appelés, et le 8 mai 1535, on procéda à la visite et reconnaissance des limites de la dimerie de Verclans. Ces /émniles passeront sous Le village du Verney, par la distance de neuf semelles d'homines du côté du levant d'un pommier audit lieu, etc... Mermet, notaire!. On conçoit que des limites si peu précises aient donné lieu à de fréquents empiètements. Aussi bien, le Chapitre de Samoëns croyait-il ne pas devoir reconnaître les droits de la chartreuse.
Une année s'était à peine écoulée que ces droits étaient de
1 Inv., G. 6; f- 24.
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nouveau violés. Par lettres du 16 août 1536, grâce à l’intervention de madame Charlotte d'Orléans, duchesse de Nemours !, le Conseil de Savoie citait à son tribunal le procureur de l’église de Samoëns et le condamnait pour avoir troublé la chartreuse de Mélan dans la perception des dimes et novales de Verclans. Il ordonnait en outre de contraindre les habitants de cette dimerie à payer leurs dîimes à Mélan. Ces lettres furent exécutées par exploit”.
Pendantce temps-là. mouraient à Châtillon, sans enfants, les possesseurs d’un pré de la contenance d’un quart de sétorée, situé près du verger de Mélan, au territoire des Fontaines. La chartreuse entrait en possession de ce pré et l’albergeait, le 5 avril 1537, à Martin Robert de la paroisse de Châtillon, sous la cense annuelle de ? sols.
Nous avons vu plus haut les prétentions du hameau de Chessins (Fleyrier) sur le Verney et les îles situés à l’est du monastère. Les habitants dudit Chessins revinrent à la charge en 1539, et prétendirent avoir le droit de couper du bois audit Verney. Mélan fit valoir ses titres qui furent reconnus légitimes, et le 3 juin une transaction fut passée entre la chartreuse d’une part et ceux de Chessins d'autre part. Mélan albergea à Claude Revillod, Pierre de Cesta, Henri et Hugon Guyat et Pierre Lhoste, dudit Chessins, 12 poses de ce Verney, sous le servis annuel d’un denier par chaque homme faisant feu audit Chessins, comme aussi les laods, tous autres droits de fief, la commise et échute quand de droit et coutume arriveront, et moyennant ce, lesdits de Chessins remettent à Mélan tout droit qu'ils pourraient avoir et prétendre audit Verneyf.
Sous le priorat de Jeanne, le monastère fut visité le 15 avril 1534. On yÿ comptait 31 religieuses.
Une seconde visite eut lieu en 1537.
Après l'incendie de 1528 un autre malheur était venu augmenter encore la détresse de notre monastère. Une tempête violente s'était déchainée sur la vallée et avait causé à Mélan de graves ravages. Mais les Pères visiteurs ajoutent qu’on avait pourvu à l’état de dénûment où ces divers désastres avaient plongé cette communauté.
1 V. procès 1610. arch. Mélan.
2 Inv., G. 7: f° 25.
3 Inv., K. 24: f- 37.
4 Inv., D. 13; f° 16.
De 1534 à 1539, moururent sept religieuses : Mermette de Cornillon en 1536; Mye de Cornillon et Péronnette d'Amancy en 1537; Claudia de Roymne, Jacquemette de Bellegarde et Stéphanie de la Croix en 1538; enfin, Claudia de la Fléchère en 1539. La charte de cette dernière année contient aussi l'obit de la prieure Jeanne de Bardonenche, appelée Périne par le catalogue envoyé de Mélan à D. le Vasseur.
SÉBASTIENNE D AMANCY, VINGT-SIXIEME PRIEURE CONNUE.