VICAIRES : D. PIERRE FABRI (1526-1541); D. HUMBERT FOURNIER
2'ÉLECTION de Sébastienne ne se fit pas sans difficulté. M2 épreuves par lesquelles venaient de passer nos moniales n'avaient pas étouffé leurs petites rancunes d'autrefois. Des partis existaient qui cherchaient à fomenter l'esprit d’insubordination. A la mort de Jeanne de Bardonenche, on refusa de nommer une nouvelle prieure. Plusieurs fois le R. P. Général, les visiteurs eux-mèmes qui avaient passé à Mélan cette année-là, avaient invité les religieuses à procéder à cette élection. On s’était obstiné dans son mutisme. Le Chapitre de 1539 coupa court à tous ces entètements, et nomma d'office, pour prieure, Sébastienne d’Amancy. Il invitait les religieuses à l’accepter sans murmure, et à lui rendre leurs devoirs de respect et d’obéissance, sous peine d’être exclues de toute participation aux biens spirituels de l'Ordre. Les religieuses se soumirent, mais la vénérable prieure n’exerça pas longtemps sa charge. À sa demande, on lui fit miséricorde moins de deux ans après.
En 1541, D. Pierre Fabri faisait place à un nouveau vicaire : D. Humbert Fournier. Profès du Reposoir, ce Père avait passé en 1540 de la procure de Prémol au priorat d’Aillon. En 1541, il était nommé au vicariat de Mélan qu'il
elles l'avaient albergé à un nommé François Ulier!. C'était introduire l’étranger dans la clôture. En nommant vicaire D. Humbert Fournier, le Chapitre général lui ordonna de travailler à la résiliation de ce bail, avec l’aide d’experts et d'amis du couvent. « L’établissement de ce martinet, disaitil, est une violation ouverte de l'esprit et des ordonnances de l’Ordre. » Mélan resta sourd à ces injonctions. Le Chapitre général de 1542 ordonna qu'au sortir de la session capitulaire une visite extraordinaire serait faite à Mélan. Les RR. PP. D. Vincent de Fagis, vicaire alors de Prémol, et D. François Alamand, procureur de la Grande Chartreuse, furent nommés visiteurs. « [ls s’efforceront, dit le Chapitre, pour l’amour de Dieu et l'honneur de l’Ordre, et de concert avec le P. vicaire, de réformer cette maison soit au spirituel, soit au temporel. » Les Pères désignés firent leur visite sans obtenir, que nous sachions, de plus heureux résultats. Le Chapitre de 15438 ordonna la destruction du martinet. C’est alors que D. Humbert Fournier fut absous et remplacé, par D. Vincent de Fagis, visiteur de l’année précédente. Enfin, celui-ci parvint à faire résilier le contrat de 1539. Le 28 avril 1544,une transaction fut passée entre la chartreuse et François Ulier. Mélan,comme dommage-intérèêt pour réparations et nouveaux édifices, dut payer 10090 florins audit albergataire qui se départit ainsi de tout droit sur le martinet et ses aigages. Le martinet fut ensuite détruit.
La prieure Claudia de Thoire mourut vers cette époque. Son obit est inscrit dans la charte de 1544.
1 Inv., À. 28: f°6.
Inv.;, À. 26; f° 5.
La chartreuse du Reposoir.