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supplication que je vous presentay, il y a quelque tems, en recommandation de la fille de M. de Lornay des Costes, j’adjouste encor mon intercession à mesme intention, affin qu’il vous plaise faire le billet requis au pere Dom vicaire de Melan', qui a dit audit sieur de Lornay, que, moyennant cela, sa fille seroit asseurée de sa place.
« Or sus, je ne fais nulle difficulté de m'obliger à vostre bonté de plus en plus, parce que aussi bien vous dois-je des-ja tout ce que je suis et puis estre, à rayson de tant de faveurs que vous m'avés departies ci-devant, et sur tout pour cette rare bienveuillance de laquelle vous rendés tant de tesmoignages à mes amis, qu'ilz m'en glorifient tous extremement que je vous conjure de me continuer, puisque, vous souhaitant sans fin toutes sortes de saintes félicités, je suis d’une affection tres parfaite, mon tres reverend Pere, vostre tres humble, etc...*.
La démarche du saint évèque fut, encore une fois, couronnée de succès. M" Jeanne de Lornay passa 50 ans de vie religieuse dans ce monastère.
Cependant D. Maistre continue son œuvre. Le 20 avril 4645, il obtient remise d’une pose et demie de terre se mouvant du fief de Mélan, rière Saint-Jean-de-Tholome, et qu'occupait Claude Sivin de Poncherà.
Messire Antoine Lombard possède en Coppier (auj. Coppy-Marignier) une vigne dont la dime revient pour un tiers au curé de Marignier, et à Mélan pour les deux autres tiers. Le tenancier se refuse à payer cette dime. D. vicaire la fait reconnaître par lettres juridiques obtenues le 10 novembre 1645.
Le 26 juin 1645, le sieur de Berbey avait acquis deux fossorées de vigne aux Fontaines, limitant de tous côtés avec les vignes de Mélan. Par acte du 17 avril 4606, il met notre chartreuse en possession, dite à l'ami, de cette acquisitionf.
Enfin, depuis quelque temps de nouveaux démélés avaient surgi au sujet de la pêche du Giffre. Les sieurs Antoine et Gaspard Dessaix péchaient librement contre tous droits dans ces eaux. Sur la requête de Métan, de premières lettres furent expédiées par le Conseil de Ge-
1 Et non Melun, comme ont lu Migne et Vivès.
2 « J'ai vu le serviteur de Dieu trois fois dans la chartreusine de Mélans, faisant le sacre des religieuses... lesquelles l'ont toujours eu, et ont en une estime incomparable. »
(Extrait de la déposition d’un prêtre de Fleyrier dans le premier procès de Canonisation de saint François de Sales. — Note de D. Mackey.)
3 Inv., N. 10; f° 51. — 4 Note de M. l'abbé Pettex.— 5 Inv., M. 19; f°47. — 6 Inv., K. 31; f° 38.
nevois, le 48 décembre 1643, maintenant Mélan, à l'exclusion de tous autres, dans sa possession séculaire. Lesdits Dessaix firent instance et M° Dubois répliqua au nom du monastère qui fut confirmé dans ses droits par lettres du 12 novembre 1618.
Mais l'heure de la récompense allait sonner à la fois pour les deux administrateurs de Mélan : la prieure et le vicaire. Celle-là avait dirigé sagement sa communauté pendant treize ans, toujours maintenue à ce poste par le Chapitre qui la jugeait seule capable de diriger cette communauté dans des conjonctures si difficiles ; D. Maistre, de son côté, avait, jusqu’à la fin, consacré son énergie à régulariser l’état des propriétés et à en accroître les revenus. Ni l’un ni l’autre pourtant ne purent voir le succès de leur œuvre. En 1616, encore, le Chapitre général, témoin de la détresse du couvent, renouvelait les défenses précédemment portées : « Désormais, on ne recevra absolument aucune fille, jusqu'à ce que la maison retrouve de l’aisance, et cela sous peine de déposition pour toutes celles qui sont en dignité!. »
La mort de D. Maistre et celle de la prieure d’Angeville figurent sur la même charte capitulaire, de 1618. Quatre religieuses étaient mortes sous ce priorat : Adrienne de Genève, en 1605 ; Françoise Rouget, en 1606 ; Marguerite de Thoire, en 1609, et, enfin, en 1616, Charlotte de Riddes, que Mgr de Granier avait consacrée en 1588.
1 Catal. prioriss.
Clef de la voûte de l'église restaurée de Mélan.
Intérieur du cloitre de 1530.