TRENTE-NEUVIÈME PRIEURE CONNUE
VICAIRES : D. PIERRE JAY (1618-1620) ; D. ACQUES BUZOT (1620- 1633) ; D. JEAN-BAPTISTE DOBINEAU (1633-1655) ; D. CLAUDE- EMMANUEL DE LORME (1635-1637); D. BRUNO ROBERTY (1637- 1638); D. MARTIN SYMONNET (1638-1662).
Es nobles de Crans! possédaient un manoir à Bonne et
des biens importants à Bonneville. Cette famille était
ancienne : à la fin du xv° siècle, on voit déjà un
Eustache de Crans lieutenant de la châtellenie de Cluses?.
Elle donna trois religieuses connues à Mélan : Philiberte,
consacrée par Mgr de Granier en 1596 et qui mourut en
1619 ; Dominique, fille unique de Gaspard de Crans, novice
‘ à Mélan en 1636 et morte en 1642 ; enfin la prieure, Amédée ou Mye.
1 V. Nobiliaire de la Saroïe : Crans (de), Tome II, pp. 231 et suiv. 2 Lavor., I, 215.
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Celle-ci naquit à Bonne de noble Claude de Crans. Entrée: au noviciat de Mélan vers 1582, elle y fil profession vers: 1584 et fut consacrée par Mgr Claude de Granier le 8 avril 1588. Instituée prieure par le Révérend Père aussitôt après la mort de Jeanne d’Angeville, elle vit son élection ratifiée par le ‘ Chapitre de 1618. Peut-être illettrée, car sœur Pernette du Foug signe toujours pour elle ou bien ne pouvant signer à cause d’une infirmité de la main, Amédée de Crans était d’une haute vertu et d’une activité remarquable. Elle tiendra le gouvernail du monastère durant 28 ans. Les vicaires se succèderont rapidement sous son priorat, sans que les affaires en souffrent. La situation pleine de gène où se mouvait la communauté depuis près de deux siècles va disparaître et faire place à un état plus heureux au point de vue spirituel autant qu’au point de vue matériel.
En même temps qu’il nommait prieure Amédée, le Révérend Père désignait D. Pierre Jay comme successeur de D. Maistre. Profès de Villeneuve, D. Jay n’exerça le vicariat que deux ans. En 1620, il devenait hôte du Reposoir. Il en partit pour se rendre à sa maison de profession où il mourut antiquior en 1653. On lui accorda une messe de Beata dans la province de Provence.
Le priorat d'Amédée s'ouvre sous la bénédiction du saint évèque de Genève. Le 16 septembre 1618, François de Sales revenant de l’abbaye de Sixt visitait de nouveau notre monastère et y conférait la tonsure à 22 jeunes gens dont voici les noms! :
Louis, fils de François Sacret; Louis, fils de François Perret, de la paroisse de Samoëns.
Jean-Louis, fils de Guillaume d’Anthon, de la paroisse de Saint-Jeoire.
Louis, fils de Pierre Baudet, de la paroisse de Boëge.
Amédée, fils de Jean-Louis de la Rieu; Balthasard, frère du précédent, de la paroisse de Taninge.
François, fils de Bernard Paccard, de la paroisse de Passy.
1 Note communiquée par M. l'abbé Gonthier.
Jean, fils de Claude Moccand, de la paroisse de Sixt. Claude, fils de Jean Avet, de la paroisse de Taninge. Claude, fils de Jean Vallon; François, fils de François Avet, de la paroïsse de Samoëns.
Pierre, fils de Claude Dumont, de la paroisse de Cluses. Louis, fils de Sébastien Vulliet, de la paroisse de Boëge. Maurice, fils de Michel Baudet, de la paroisse de Onnion. Jacques, fils de Vincent Terrier, de la paroisse de Cluses. Gaspard, fils de Janin Scindic, de la paroisse de Ayse. Jean, fils de Claude Forbet, de la paroisse de Châtillon. Étienne-Antoine, fils de Jean Briffod, de la paroisse de Mieussy.
Jacques, fils de Charles Gaydon, de la paroisse de Passy. Nicolas, fils de Claude Chevret, de la paroisse de Cluses. Pierre, fils de noble Pierre de Marignier, de la paroisse de Mieussy.
Jean, fils de Jean Charrière, de la paroïsse de Cluses.
Vers cette. même époque surgit un différend qui intéresse Mélan et où saint François de Sales intervint encore comme arbitre. Noble Claude-Louis de Goudard, de Bonne, avait laissé sa fortune à sa fille Jeanne-Philiberte. Le sieur de la Perrière et sa femme damoiselle Bertrier prétendaient avoir des droits sur cet héritage. Le saint prélat, choisi pour arbitre, déclara que ces derniers ne pouvaient en rien prétendre aux biens susdits ni aux autres propriétés que Jeanne-Philiberte possédait au mandement de Bonne!. Cette sentence arbitrale portée le 28 janvier 1620 fut acceptée par les parties. Jeanne-Philiberte épousa plus tard noble Jean Saultier de Reïignier dont elle eut une fille unique, Claudine Saultier. Celle-ci ayant décidé de se faire religieuse à Mélan, sa mère transporta tous ses biens à son beau-frère R. M" Jacques Saultier, curé de Boëge. De ce fait surgit un procès à la mort de Jeanne-Philiberte. Le curé dut signer la révocation de la donation qui lui avait été faite. Enfin, Claudine, par son contrat dotal, céda ce patrimoine à Mélan.
Le 14 novembre 1620, saint François de Sales se trouvait
1 Inv., O. 2; f° 52.
à Sixt où il proclamait les vertus du Bienheureux Ponce. À son retour, il visita Mélan, comme il le dit lui-même dans
une lettre adressée au président Favre le 21 novembre de
cette mème année. C’est la quatrième et dernière visite connue que fit le Saint à notre monastère.
Sur ces entrefaites, D. Jacques Buzot fut nommé vicaire de Mélan. Originaire d’Évreux, D. Buzot avait d’abord été prêtre séculier. Il fit profession à la Grande Chartreuse le 45 mai 1597. Élu prieur de Majorève, il mérita le titre de restaurateur de cette chartreuse par les importants travaux qu’il y exécuta. C’est de là qu’il fut appelé à Mélan, en 1620. Il allait avoir à diriger deux communautés dans le même monastère, celle des moniales de Prémol unie à celle de Mélan.
On sait que tout le Dauphiné eut à souffrir cruellement des guerres de religion au xvie siècle. La chartreuse de Prémol avait été dévastée par les hérétiques en 1563, et les religieuses s'étaient retirées dans leurs familles. A la fin des troubles elles rentrèrent dans leur couvent. Mais, dès les premières années du xvrie siècle, les événements vinrent donner aux moniales de nouvelles alarmes. Sous l'inspiration de leur vicaire D. Égide Cocquet? ou Giles Cognet? (1604-1629), elles résolurent de quitter leur monastère et de se réfugier à Mélan pour y attendre que l’orage fût calmé.
Elles se trouvaient depuis quelque temps dans notre couvent en 1621. Cette année-là, elles rendent compte de leur situation au R. Père D. Bruno d’Affringues. Au spirituel, elles sont heureuses de la direction de D. Buzot; mais, au matériel, quelle gène elles imposent à leurs sœurs de Mélan déjà si pauvrement partagées au point de vue du logement et de la nourriture ! D'ailleurs n’ont-elles point douté de la Providence en fuyant avant l’arrivée de leurs ennemis ? —
1 J.+4J.-A. Pilot, La chartreuse de Prémol, près Uriage, p. 17.
2 Annales Cart.
3 Lecture de M. Pilot, op. rit. Ce Père profès, de Mont-Dieu, avait été avant 1604 procureur de Mélan. Il mourut le 8 octobre 1629 et obtint le
plein monachat. Il avait vécu plus de 50 ans louablement dans l'Ordre. (Le Couteulx.)
D. Bruno les rassure et les encourage dans une charmante lettre expédiée de Chartreuse le 17 novembre 1721 : « Mes très chères Sœurs en N.-S. J.-C., leur dit-il, je ressens vivement l’amertume et l’aigreur que vous recevez pour vous voir hors de votre monastère. » Puis, il détruit leurs scrupules : la crainte qui les a poussées à sortir de Prémol est juste et raisonnable. Notre-Seigneur a bien voulu fuir en Égypte pour éviter ses persécuteurs. Cette considération doit adoucir grandement leurs incommodités qu'il regrette de ne pouvoir secourir plus largement. Mais la sage et religieuse direction dont le V. P. vicaire à toujours usé au maniement de leurs âmes compensera ce qu'il ne peut faire. Il les exhorte enfin à la continuation de leurs saints exercices et à la charité mutuelle.
Nous ne pensons pas que le séjour de ces religieuses à Mélan ait été de bien longue durée. En 1626, le mème Général félicite D. Cognet, vicaire de Prémol, des réformes qu'il a établies dans sa communauté‘. Celle-ci avait done depuis quelque temps regagné son monastère.
Nous voyons, d’après la lettre ci-dessus, que l’état financier du couvent ne s'était pas encore amélioré. Il fallait sortir à tout prix de cette situation alarmante. L'impôt des gabelles et de la taille pesait lourdement sur le pays. Mélan présenta une requête au duc Charles-Emmanuel pour en être affranchi. Le duc réserva la question de la taille qu'il renvoya à la Chambre des Comptes de Savoie, et acquiesça à la première demande par lettres patentes du 15 août 1622. I] donnait à perpétuité à Mélan huit émines de sel à prendre au ban de Taninge, quatre à la Saint-Jean et quatre à Noël”. Victor Amédée confirma cette donation le 20 novembre 16324. Les gabeleurs firent quelque résistance dans les années suivantes ; mais une dernière réponse de la Chambre des Comptes, du 19 mai 1640, leva toute objection, et Mélan garda jusqu'à la fin son privilège de franc-salé.
1 Lettres de D. Bruno d'Affringues, t. 11, f° 197. ? La Chart. de Prémol, p. 86.
3 Inv., B. 17; f°8.
4 Inv., B. 18; f° 8.
Quant à la taille, en attendant une décision de la Chambre, Mélan usa d’un moyen bien simple pour en alléger le fardeau en en supprimant le souci. Il s’efforça désormais de ne faire d’acquisitions qu'autant que celles-ci seraient affranchies de cet impôt ou que le vendeur en assumerait la charge moyennant certaine somme une fois payée.
Ainsi, il acquiert de la commune de Châtillon deux pièces de vigne sous la taille de 22 sols. Le 41 mars 1633, il compte à cette commune, une fois pour toutes, 300 f., et les habitants promettent de payer eux-mêmes la taille que le prince imposera sur ces deux pièces!. Le 9 octobre 1623, la chartreuse achète de Philibert Ruphy un tiers de sétorée de pré au Pra (Thiez). De la Crosa, notaire. Philibert en payera perpétuellement la taille?, charge que les communiers de Tbiez assumèrent le 20 avril 46293. Il en fut de mème le 15 mai 1629. Mélan acquérait aux mêmes conditions de messire Georges Granger, curé de Châtillon, quatre fossorées de vigne aux Fontainesi.
Un autre désagrément surgit bientôt du fait de la pauvreté de Mélan. Faute de salaire suffisant, les ouvriers manquent au monastère qui se voit forcé de louer les dépendances mème du couvent.
Le 146 décembre 1623, le martinet de Mélan est loué à François de la Grange pour 120 ff., le moulin des Guches à Jean Montant, et les rentes dues rière Taninge à messire Avmé de la Grange pour 75 ff. annuels.
D'ailleurs, comme la misère est générale, on refuse souvent de payer les dîimes dues au monastère. Des lettres du 15 novembre 1623, émanées du Conseil de Genevois, enjoignent à tous les refusants de s'acquitter de ces dimes au plus tôt.
Le 23 mars 1624, cet ordre est intimé directement à messire Béné Nicolas pour la dîme de ses vignesé. Le recteur de la chapelle Saint- Michel en l’église de Marignier possède, comme tel, quinze fossorées de vigne dans cette paroisse ; il en doit la dîme au curé de Marignier
1 Inv., K. 32; f° 38.
2 Inv., K. 42; f° 39.
3 Inv., K. 43; f° 39.
4 Inv., K. 33, 34; f° 38.
5 Inv., D. 18; f° 16.
6 Inv., M. 16; f° 46.
et à Melan, mais il conteste cette redevance. Il est contraint par acte du 4 décembre 1625 à payer la dime de 20 pots de vin tant à Mélan qu'audit curé.
Dans cette même paroisse, noble Claude-Urbain de Bellegarde est condamné par le juge maje du Faucigny, le 20 janvier 1626, pour refus fait à Mélan de payer la dîime des vignes qu'il possède rière Marignier?. Encore à Marignier, les habitants refusaient obstinément de payer la dîime des vins blancs et rouges, croissant rière ladite paroisse. Le 7 juillet 1626, le curé se joint au vicaire de Mélan et leur intente un procès. Le Conseil de Genevois, par sentence du 17 septembre 1627, condamne les récalcitrants à payer la dime de 16 l’une, avec défense de déplacer leurs vins avant qu'ils n’eussent fait ledit payement 5.
Peu de temps après, à la requête de Mélan, ce même Conseil décidait que, d’une manière générale, la dime des blés serait payée à raison d’onze gerbes une, et celle des vins de seize une, et qu’on ne pourrait déplacer ces denrées avant qu’elles ne fussent diméesi.
Enfin, toujours au sujet des dimes, Mélan signait à cette époque deux accords. Le 21 janvier 1628, pour services rendus, il réduisait à un florin annuel la dime due par messire Jean de Chignin, notaire à Cluses, sur 7 fossorées de vigne située aux Fontainesÿ. D'autre part, les sieurs de la Fléchère et de Rivoire, après avoir soutenu un procès avec Mélan pour les dîimes de Rovorée et autres, passaient, le 4 juillet 1628, par devant messire François Bailly, notaire de Mieussy, un acte fixant à 22 pots de vin par an toute la dime en litige.
Recouvrement de dîimes, exonération de tailles, ou privilège de franc-salé, rien ne pouvait combler le déficit annuel du budget de Mélan. Les religieuses manquaient même des meubles nécessaires, et devaient recourir à la générosité de leur famille pour se les procurer. Sœur Louise Solliard, dans une lettre qu’elle écrivait à son père ’ le 30 septembre 1624, le remerciait cordialement de l’argent que celui-ci lui avait envoyé à cette fin$.
1 Inv., M. 20; f° 47.
2 Inv., M. 21; f° 47.
3 Inv., M. 22; f* 47.
4 Inv., M. 23; f° 47.
5 Inv., K. 44; f° 39.
6 Inv., M. 24 ; f° 47.
7 Pierre Solliard, seigneur de Miribel, bienfaiteur de l’hôpital de Sallanches.
8 Autog. arch. presbyt. Sallanches. Cette lettre est la plus ancienne lettre de nos religieuses que nous ayons retrouvée. Elle est scellée d’un . cachet blanc au monogramme du Christ J. H.S.
Cette détresse devait s’augmenter encore par deux nouveaux fléaux dont le contre-coup se fit sentir à Mélan : la guerre et la peste.
Richelieu avait engagé Louis XIIT à soutenir les droits du duc de Nevers à la succession de Mantoue et Monferrat. Le duc de Savoie qui prétendait au Monferrat s’unit à l’Allemagne et à l’Espagne pour s'opposer aux prétentions de la France. À la fin de 1630, la Savoie était conquise et les armées françaises en occupaient le territoire. Mélan et tous les monastères cartusiens furent alarmés des dangers que leur faisaient courir ces troupes tout enivrées de leurs victoires. Mais Louis XILL aimait l'Ordre de saint Bruno. Il avait fondé lui-même une chapelle à la Grande Chartreuse. Le 5 mai1630, il expédiait de Lyon des lettres de sauvegarde en faveur de Mélan et des autres chartreuses de Savoie. « L'Ordre des Chartreux, disait-il, nous étant en particulière recommandation tant à cause de leur sainteté de vie que pour les prières continuelles que lesdits Pères font pour notre conservation et grandeur de cette couronne, et désirant les gratifier et favorablement traiter. » nous déferdons très expressément à tous nos gouverneurs, lieutenants généraux, etc..., « de loger ni souffrir être logé aucun de nos gens de guerre ès maisons de Favrat, la Forest ni autres dépendances de la Grande Chartreuse, ni aux chartreuses de Saint-Hugon, Aillon, le Reposoir, Melan, Pomier, Ripaille, Vallon... ni permettre être pris aucuns biens meubles, grains, vin.., sur peine de vie... Et à ce que nul n’en prétende cause d’ignorance, nous leur avons permis pour témoignage de cette notre volonté et faveur mettre et dresser aux principales portes et avenues desdites maisons et lieux nos armoiries et bâtons royaux... Signé : Louis!. »
Nous l'avons vu en 1589, des lettres de sauvegarde pouvaient bien protéger contre la rapacité des gens de guerre, mais elles n’empèchaient pas la dévastation et la misère de se répandre dans le pays, et les monastères d'en subir les inévitables conséquences.
1 Jules Vuy, Troisième série des Chartes inéd., p. 50; Genève, 1868.
La paix de Cherasco, G avril 1631, rendait la Savoie au duc, mais dans un état déplorable. La peste était venue se joindre aux horreurs de la guerre. De 1629 à 1640, elle promena ses ravages sur tout le territoire. En 1636, Cluses et les environs furent déclarés infectés'. Soit qu’elles y fussent tenues en qualité de décimatrices, soit que leur charité les y poussât, les religieuses se dépensèrent en aumônes et en bienfaits de tout genre. Pour subvenir à tant de besoins, l'attention du vicaire se porte alors particulièrement sur l'exact rendement des terres et propriétés du couvent.
En 1632, D. Buzot et dame Mye de Crans, prieure, amodient à Pierre Amoudruz, de Samoëns, pour 6 ans, les trois moulins des CGuches et les battoir ct fouloir dépendant de Mélan, sous la cense annulle de 18 coupes de froment, 18 coupes d'orge. 21 coupes d'avoine, 400 livres de chanvre, etc... Ledit meunier sera tenu en outre 1° de nourrir pour lesdits amodiateurs et annuellement un pourceau qui lui sera fourni, 2° d'entretenir le grand chemin de Taninge au battoir, les tornes et bézières des moulins; 3° de faire tourner et moudre les moulins qui sont devant l'enclos dudit couvent ; 4 de faire moudre le hlé pour ledit couvent, comme faire battre et fouler les draps de ladite maison, sans salaire. Fait à Mélan en lu chambre dudit vicaire: présents, Claude ct Jean Revillod. père ct fils. Jean cet Ilenri Revillod, père et fils, de Flevrier. Ducrettet, notaire?. Le même jour etau même lieu, Mélan amodiait à Claude Revillod, maître charpentier de Fleyrier, la rasse ou scie du couvent sous la cense annuelle de 20 florins. Le 11 juillet 1632, D. Buzot acensait pour l'année : 4° la dime de Marignier à discret Gaspard Desaix, à Claude de Lullier, à Jean, fils de discret Jean Besson, sous le servis annuel de 53 octanes de froment, bon blé, beau, recevable et bien vanné, mesure de Cluses ; fait aux cloitres dudit Mélan, messire François Dénand, notaire3 :; 2° Ja dîime du Crêt à Pierre Pralon et Michel Ducret, de la paroisse de Ch4tillon, pour 20 coupes de froment, 2 chars de pailles et druleries accoutumées; 3° les dîimes de Châtillon à Picrre de Rougin et Claude Meruz, de ladite paroisse, pour 7 coupes 1/2 de froment, 1 faix de pailles et druleries accoutumées ; 4° les dimes de Vigny (Thiez) à Pierre de Rougin, Claude Pralon et F. Rubin, de la paroisse de Thiez, pour 41 coupes de froment ; 5’ les dimes de Vellards (Châtillon) à Pierre de Rougin et Claude Meruz pour 3 coupes de froment.
Le 25 juillet, même notaire, D. Buzot et V. Mye de Crans amodient pour l’année : 4° à honnètes Pierre Mogenier et François Grangicr de la Rivière, paroisse de Fleyrier, la dîime de Sellières, sous la ferme de 25 octanes de blé; fait en la place dudit Mélan, proche la porte du
1 Mém. Soc. roy. Acad. Sae.,t. VIII, p. 204.
2 Minutes Leyat à Taninge.
8 Ibid.
cloitre; 2° les dimes de Marvel à Claude Chevance et Humbert Credoz pour 45 octanes de blé, 16 vacherins, une livre de cire et autres druleries; 3° la dime du Tiers du milieu! à François Mulatier, Claude Henriot, Pierre Aimé, Henri Dessuet et Jean Mugnier, tous de Fleyrier, et au nom de Nicolas Robert, pour 45 octanes de froment, 60 octanes d'avoine, 20 octanes d'orge, 16 livres de truites et autres druleries?.
Les travaux et les sollicitudes du vicariat devenaient une trop lourde charge pour D. Buzot, d’ailleurs avancé en âge. On le voit encore le 13 avril 1633 assister à la donation reltgteuse de frère Pierre, fils de Claude Burtin*, puis il demande et obtient son rappel. Il avait exercé 18 ans le vicariat. Il mourut à Currière près de la Grande Chartreuse, en 1642. Ses mérites lui valurent une messe de Beata et un tricénaire dans tout l'Ordre.
Le 10 juillet 1633, Mélan renouvelle aux tenanciers l’amodiation de la dime de Marignier pour une année, mais sous la cense de 55 octanes de froment au lieu de 53. Cet acte est signé par le Père procureur de Mélan, D. Martin Svmonnet, au nom de D. Jean-Baptiste Dobineau, vicaire.
Le nouveau vicaire était originaire de Dreux et avait fait profession en Chartreuse le 22 juillet 1612. Désigné pour succéder à D. Buzot, il arriva à Mélan vers la fin de 1638.
Deux ans après, il était nommé procureur de la Part-Dieu, puis prieur de Majorève et ensuite de Montmerle. I] gouverna ce dernier monastère pieusement et avec fruit; mais il mécontenta certains administrateurs, « non placebat satrapis 4, » et on le nomma vicaire d'Avignon. Il mourut courrier de la Part-Dieu en novembre 1648.
Un acte important fut signé par ce vicaire. Mélan possédait au tiers d’Aval, paroisse de Fleyrier, une dime considérable. La duchesse de Genevois-Nemours en désirait faire l’acquisition. Le 15 janvier 1634, Mélan lui céda « tous droictz,
1 La paroisse de Fleyrier se partageait alors en quatre quartiers : 1° tiers d'Aval et de la Côte (rive droite du Foron) ; 2° tiers du milieu : 3° six villages; 4° Rivière-Enverse. La grange dimeresse du tiers du milieu se trouvait au bord de la route de Samoëns, entre les Buchilles et Chessins.
? Minutes de Ducrettet notaire, qui se trouvent actuellement en la possession de M. Leyat notaire.
3 Voir preuves, n° 9.
4 D. le Couteulx.
noms, tittres, actions, etc. sur la seziesme partie de la moitié des dimes de tiers d’Aval.., indivis pour les aultres parties avec sadite Grandeur (la duchesse), le prieuré de la chartreuse du Reposoir et aultres pour le prix de 750 florins, monnoye de Savoye. » Faït à Mélan, à la grille du chapitre des religieuses; présents, Charles, fils de feu Jean du Pasquier, paroisse de Gruyère rière les terres de Fribourg, serviteur dudit Mélan, et Jean Moccand l’ainé, témoins requis. Suivent les signatures du vicaire et des religieuses, dans l'ordre et avec l'orthographe suivants :
Fr. Jh. Bapt. Dobineaux, vicaire; sœur Mie de Crans, prieuresse ; sœur Pernette du Châtel, souprieuresse ; sœur loisse de Miribel, secretaine (sacristine ; sœur Etiene Du fresney, celerieres; sœur Antoine Cauet; sœur Charllotte Psaultier; sœur Janne de Chenin; sœur Charlotte de la Croix ; sœur Loise de Chenin, dit de la Place ; sœur Gasseparde Psautier, dit de la Balme ; sœur Pernette du Foug; sœur Loyse de Valon!; sœur Jane de Lornay, ditte des Coute; sœur Scharlotte de Marnir, ditte de Berbay ; sœur benoyte de Butet; sœur Marguerite de Chenin, dit de la Plase; sœur beatrix de Brescieu ; sœur Marie de Saint Sixt; sœur Anne de la fléchère; sœur Anne Du freney.