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PROSPÉRITÉ

URÉE. — La troisième époque de l'histoire de la chartreuse de Mélan s'étend de 1646 à 1781, du prio- ‘© rat de Mère Pernette du Foug à celui de Mère Marie- Thérèse de Menthon. Nous la désignons sous le titre de prospérité parce que ce fut l’époque la plus heureuse du monastère tant au point de vue matériel qu'au point de vue

spirituel.

PRIEURES, VICAIRES, RELIGIEUSES. — }uit prieures se succèdent durant cette période sous la direction de huët vicaires. Outre ces huit prieures, guatre-vingt-dix-sept religieuses gagnent la patrie céleste. Plusieurs d’entre elles, et c’est un caractère de cette époque, atteignent un âge très avancé et jusqu'à 72 ans de profession.

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ÉTAT DU MONASTÈRE. — Au sptriluel, après les querelles de quiétisme et de nationalité qui ouvrent cette troisième époque et mettent définitivement un terme aux divisions intestines, on voit l'esprit monastique prendre à Mélan un magnifique essor. L'influence de D. Innocent Le Masson y opère une véritable transformation qui se maintient grâce au zèle et aux vertus des vénérables prieures. L’éloge : elle a louablement vécu aans l'Ordre se répète fréquemment aux obit des moniales. Les PP. Visiteurs sont heureux d'emporter chaque fois de ce parterre un véritable parfum de piété et de charité religieuse.

Il semble qu'aux approches de la terrible tourmente qui saccagera bientôt cet asile cinq fois séculaire, les pieuses cénobites s’ingénient à le parer de toutes les grâces de leur saint Ordre. Brisé sur l’autel du sacrifice, ce vase en répandra un plus suave arôme qui montera jusqu’au Cœur de Dieu pour l’expiation des crimes de la terre.

Au temporel, l'amélioration de l’état financier est sensible. Sans doute, le monastère n’est pas riche ; mais les secours en argent venus presque tous de Chartreuse ou d’autres monastères mettent les affaires à l'aise. Les belles restaurations faites par D. Le Masson se continuent par les derniers vicaires et quand le prieur d’Aillon D. Jacques y mettra la dernière main, l'heure du sacrifice sonnera et fera déserter pour jamais ce beau monastère qui donna au monde, en un siècle d’irréligion que fut le xvrrre siècle, le spectacle des plus pures vertus monacales.

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