‹ Histoire de MélanChapitre 90 sur 124 · QUARANTE-QUATRIÈME PRIEURE CONNUE · texte numérisé non relu

QUARANTE-QUATRIÈME PRIEURE CONNUE

VICAIRE : D. JEAN-CLAUDE CURTILLET (1729-1748). CNT" mois après la mort de Péronne Duboin, sur l'ordre Yl=/> du R. Père, le prieur de Ripaille D. Griffon, convisi- & teur de la province de Chartreuse, se rendit à Mélan pour présider à l'élection d’une nouvelle prieure. Chaque religieuse lui remit un pli cacheté renfermant le nom de la sœur à laquelle elle donnait sa voix. Ces billets devaient être ouverts en présence de la communauté. Le R. Père en avait d’ailleurs agi ainsi lors de l'élection de Vénérable Mère Duboin. D. Griffon suivit une autre conduite. Il porta les bulletins en Chartreuse où le R. Père de sa propre autorité et, dit-on, sans avoir égard aux votes des sœurs, nomma prieure sœur Marie-Louise Girard, « ainsi qu'il résulte de deux lettres écrites par deux religieux chartreux ». Tel est le récit de cette élection si l’on en croit la requète que nous avons citée ailleurs.

ral à Go

Ils ES

ei

qle

D’après la teneur de cette requête et le récit que nous venons de lire, on devine que sœur Girard était de nation française et que son élection réveilla la vieille querelle de nationalité. La communauté marchait si bien, le semeur d’ivraie devait être jaloux. Quelle belle occasion pour lui de rallumer les discordes éteintes ! Heureusement, cette mutinerie de quelques sœurs n'eut pas de suite. Le nouveau priorat, du reste, devait être si court. Élue le 24 avril1732, Mère Girard mourut avant le 23 novembre 1733.

Le fait le plus important de son règne est la mensuration des biens-fonds de Mélan et le relevé cadastral qui en fut fait en 1732. En voici la récapitulation d’après le Livre-Journal de Mélan. Le journal, sur la paroisse de Fleyrier-Taninge, est de 450 toises ; de 400 toises sur les autres paroisses l; la toise de 8 pieds de chambre.

Journaux toises pieds

À Mélan. : 4 4 à 4 à à 2» Lo CCR AT AUROÏIX: 4 …. à 2 à 4108" CNET TE 7 AU Béley : 2: : … … à à à La 65 283 1 A Bonnaval . . . . . . . . . . 105 138 2 Le bois de Lassias. . . . . . . . 28 246 7 Le bois des Gets. . . . . . . . . 93 8351 À la Rosière. . . . . . . . » <= M0 99 8 À Boutigny. . . . . . . . . : : 70 163 Le tiers des communs de Grons. . . . 382 349 Total sur Fleyrier. . . . . 1514 217 2 Sur Châtillon. . . . .. . . . . . 151 83 4 SU ÉNYEZ. 2. D ve & à à & GS 17 395 À Marignier. . . . . . . . . . 18 4 A Bonne .… à 2 4 .: à: + , «à 16 181 3

Total en tenant compte de la différe* dest:e. 1760 95 5

La chartreuse de Mélan possédait donc en 1732 dix-sept cent soixante journaux, quatre-vingt-quinze toises et cinq pieds de terrains divers, soit cinq cent quatre-vingt-trois hecfares et soixante-dix-sept ares environ.

1 Le journal de 400 toises vaut 29 ares, 48 centiares.

Le 10 octobre 1567, le duc de Savoie Emmanuel Philibert avait décrété que les communautés religieuses ne pourraient acquérir non seulement des fiefs, mais encore aucune sorte de biens-fonds avant d’avoir obtenu de lui des lettres de capacité. Dans le cas où cette autorisation serait accordée, les communautées payeraient de 20 en 20 ans la sixième partie de la valeur de ces biens acquis, en indemnité du droit de laod ou de mutation perdu par le fisc'. Ce décret ne fut appliqué à Mélan qu’en vertu d’un édit de 1584°.

Or, comme les biens de fondation et les acquisitions faites par Mélan avant cet édit étaient exempts de payer aucune taille, il fallut en faire la déclaration. Le sieur intendant Favier, le sieur Jacquemard, juge mage, et le sieur Famel, avocat fiscal, furent délégués par le roi pour la vérification des fiefs et servis de l’ancien patrimoine de l’église dans la province de Faucigny. D. Anthelme Bourgeois, coadjuteur de Mélan, leur donna des biens de l’ancien patrimoine du monastère la déclaration suivante :

Dans la paroïisse de Fleyrier.

Tout le mas de Mélan compris depuis le n° 138 de la mappe et cadastre de la paroisse de Fleyrier jusqu’au n° 2739 inclusivement ; la montagne de Rouex couchée depuis le n° 3023 jusqu'au n° 3083 inclusivement; le mas de la Molliettaz, soit le Bethey, contigu à la montagne de Rouex, depuis le n° 2973 jusqu’au n° 2981 ; la montagne du Luex, soit de la Rosière, depuis le n° 1392 jusqu'au n° 7333 inclusivement, plus environ dix poses audit lieu données par la Marie Rachex, de Fleyrier ; la montagne de Bonnaval depuis le n° 4467 jusqu'au n° 4476 ; le bois de Lassias sous le n° 5034 ; le bois des Gets sous les n° 498 et 499 ; trois poses de bois situées au Cheniat sous le n° 718; le tiers de la montagne de Grons ; trois journaux de bois sur la paroisse de Samoëns.

1 V. Morand, Les Bauges, vol. II, p. 31.

2 Liv.Journ., p. 83.

Dans la parotsse de Chätitlion.

Tout ce que nous possédons aux Fontaines, la grange de Bradillon et le bois de la Guarde.

Dans la parotïsse de Thyz.

Tout ce que nous possédons à Vigny, et une grange à Marignier!.

La chambre de la délégation générale de Chambéry approuva les diverses parties de cette déclaration dans les mois de janvier, mars et avril 1738.

A l’année 1732 se rapportent deux autres faits.

Le 27 mai, Mélan acquérait pour la somme de 1000 fl. de noble Joseph-Antoine de Boringes, seigneur du Saix et du Rosay, les dîimes de Crespin, à Marignier. Pactod, notaire’.

Le 19 août, la comtesse d’Avierne affranchissait Mélan pour ce qui pouvait être de son fief sur les acquisitions faites aux Buchilles (Taninge) des sieurs Anthonioz et Dufreney. Le prix de cet affranchissement entra dans la pension et la dot de sœur Thérèse de Menthon, sa fille, qui fit profession à Mélan le 20 août 17323.

Deux religieuses moururent en 1733 : sœur Marie-Marguerite de Rochette, professe, qui vécut louablement dans l'Ordre plus de 53 ans; sœur Anne Bafñfert, donnée.

La prieure, Mère Marie-Louise Girard mourut la même année. Comme sœur de Rochette, elle eut une messe de Beata dans tout l'Ordre.

1 Livre-Journal, pp. 83. 84.

3 Inv., M. 31; f° 48.

3 Livre-Journal, p. 107.

Page 1