‹ Histoire de mes ascensions;Chapitre 10 sur 32 · J. CHARPENTIER · texte numérisé non relu

J. CHARPENTIER

Maire de Neuiliy-Sainl-Froul.

Le traînage dont on vient de lire le récit est certainement le plus violent que j'aie jamais eu à subir. Pendant que je tirais avec force la corde de la soupape, j'ai remarqué que le ballon à moitié dégonflé se creusait, et nous entraînait plus vite encore, Tair s'engouffranl avec force

dans une cavité concave. Nous en avons conclu que dans do telles circons- < tances, il ne fallait pas trop vider l'aérostat, alin d'évitei- cet effet de concavité de l'hémisphère inférieur, effet qui a pour résultat de favoriser l'action du vent.

Après avoir signalé ce fait qui intéresse l'aéronautique, nous aborderons le récit de notre voyage rapide, et nous examinerons les particularités météorologiques qui s'en dégagent.

Au moment du départ exécuté à l'usinede la Villette, le vent de terre S.-O. est d'une grande force. La température est de 3 degrés. Des nuages sombres s'étendent dams l'atmosphère. Le ballon r Hirondelle, une fois gonflé, se penche sous l'action du vent avec une telle intensité, que par moments son équateur touche le sol, et 1l-s hommes de manœuvre ont peine aie retenir.

Nous partons avec la rapidité de la Uèche, nous traversons à 850 mètres le massif des nuages, et nous ne tardons pas à pénétrer à 1 UOU mètres au sein d'un air chaud, lourd, dont la température s'élève Jusqu'à 28 degrés. C'est une chaleur aiïcablante qui fait ruisseler la sueur sur nos fronts; un soleil de plomb nous darde ses rayons en pleine figure.

Le ballon tourne sans cesse sur lui-même, comme s'il était saisi par des tourbillons. Le ciel est pur, et nous voyous, au-dessus des campagnes que nous traversons, quelques nuages lloconneux qui se cuiifoiident avec les prairies au-dessus der>quelles ils sont suspendus; à l'iiorizon s'étend un manteau de mamelons argentés, d'un merveilleux effet. Du reste, nous n'avons pas le temps Je nous occuper de ces observations, car le ballon prend une allure qui nous inquiète, l'appendice est Uasque et il parait se vider.

.le jette constamment du lest, avec d'autant jilus de soin que c'est la première fois que je m'occupe sans aéronaute praticien, de la conduite d'un aérostat : quatre sacs sont vidés coup sur coup. Nous sommes partie à. H heures 35 minutes, il u'est pas niitli et nous voilà déjà à bout de roHueurces.

(Juoiqucs craquements se font entendre ainlesMua do nos tctGs,le ballon

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est soumis à de brusques rotations, et uoutt le voyous même osciller plusieurs fois sur lui-mèniej U y a décidémeot dans l'atmosphère quelque phéDomène insolite dont ne pouvons nous rendre compte '.

A midi cinq minutes,le ballon descend avec rapidité,mais je m'aperçois que nous nous dirigeons sur des carrières, j'entame le dernier sac de lest,et un coup de vent nous jette au-dessus d'une plaine très étendue, à l'extrémité de laquelle s'étend un bois d'une grandi' ilimprif^ini].

C'est là que nous devons attorrir; l'IIirondi:tlc ajiproche de terre, l'ancre est jetée, et la nacelle vient de heurter contre le sol avec une force effroyable; je me pends de toutes mes forces à la corde de la soupape, et je vois que Fonvieile est couvert de sauy. Le cercle lui a frappé le front et y a ouvert une blessure profonde : le sang jaillit eu abondance.Le choc a été terrible, sec et impitoyable, la nacelle a heurté la terre comme un projectile.

il iii>iisidL'ra.bli: du r, !ii:iilirleur iiillu>;iicti :

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