Le yatioiiai. 15 avril IBtiO
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Nous avons adressé au Congrès des sociétés savantes, une communication relative k la vérification de la loi des liauteurs barométriques à l'aide (lesaérostata; notre rapporta été présenté et appuyé par M. Le Verrier, directeur de l'Observatoire de Paris '. La raêlhode que nous proposons d'employer, disions-nous alors, consiste à viser le ballon de trois stations terrestres A l'aide de lunettes astronomiques, aiin de déterminersa véritable altitude au moyen des mesures trigonométriques.
La roule suivie par raéiostat,directement déterminée, serait comparée A celle obtenue parles indications d'un baromètre anéroïde.
La seule obj ection qu'on ait pu nous faire, c'est que les viséesne sauraient Mro nuBi'ï pr<!'ciscs,par suite de la prompte disparition de Taéroslat-Noos HV0119 voulu donner la preuve du contraire, et nousavons es.écuté,âîmaocliv 1 1 avril. une asceusion qui a fourni à notre métbode la plus précteose ili^uunialratLiui.
t »ri luuis H vus planer pendant une heure et demie à des hauteurs diffê- VoiilcH i)U-i1e>isus de l'usine à gaz de la Villette, et nous restions qtidi|Uiiti>lfl |ti<udm)l plus do dix minutes dans un état d'immobiltU coaplet. I>ti b>u« b's point» do t*arts ou a pu apercevoir le ballon ITnitm sa^>etiilu diui-* 1 Vipfliv (-vMunit.' mie bouée llottante que semblaient retenir mille Htl«i'l\pslii\ l'endos. Los cDuditions de l'importante vériâcatioa que DOas |i|M|)tHt»i». »\>a\ dv>uc nottomout établies, et il ne reste plas qa'i loâmt \\''\\^My\ïVit d^tlnitiw quaind u\.vu$ aurons pu oivanis«r les postes Jofce er -
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HISTOIRE DE MES ASCENSIONS Si
M.Wolff, directeur derObservatoire de Zurich, abieu voulu nous envoyer une dépêche télégraphique pour nous donner l'état de l'atmosphère en Suisse '.
Noua nous sommes élevés d'abord à 1 800 mètres au-dessus du sol : le soleil, qui nous lançait des rayons intenses, a dilaté notre gaz et nous a bientôt élevés jusqu'à la hauteur de 1 950 mètres. La température était
Diagmanieda rMccuBiou du 11 ^vi
. clmsUèrodS Clichy.
très élevée, le thermomètre maniuait :34 degrés centésimaux; elle s'accroissait sensiblement avec l'altitude, apportant une exception, comme cela arrive fréquemment, à la loi des décroissances des températures, qui, selon nous, n'a rien d'absolu dans le voisinage de la surface terres-
1. Deldb oospremièrea aiiciiiisiuus, iLDua avuiia L-ùiuii du biuu ulilea ruiiBoigllËi sur rélat de l'almosphére uu-doasua d'uiia partie dv l'Europu, erUcti à robligeanc éininenls directeurs des observatoires do Madrid, da Qcdûvc, do Bruxelles, de Loi do Paria, etc. Nous sonimua lieuruuï d'adruaser â ces sa.vanta l'cipreBsion dongsri cimeuts et de notre vive re(
tri UISTUlHE DE MES ASCENSIONS
tre, — Le spectacle dont nous jonissions alors était admirable : on voyait Pari» qui s'étendait sous la nacelle, comme une des petites villes en relief du musée des Invalides ; l'Atc-de-ïiiomphe, la place de la Concorde et les Tuileries étaient réduits à des proportions lilliputiennes, et avec la lunette on distinguait encore quelques groupes de promeneurs en tniniature. De l'autre côté, la Seine se déroulait comme un long ruban d'émeraude ; tout autour de nous, un vaste cercle de brume épaisse nous cachait l'horizon; des nuages blanchâtres et pommelés couronnaient comme d'une auréole lumineuse ce panorama si imposant et si grandiose.
Grâce à un jeu de lest bien exécuté, nous avons pn parcourir la verticale au-dessus d'un carré d'un kilomètre de côté, et pendant plu3 d'une heure nous avons plané presque au-dessus de notre point de départ.
Un habile géomètre, M. Tournier a pu nous viser pendant tout ce temps avec une lunette mobile autour d'un pied, disposée à l'usine à gaz, et un astronome en plein vent, sur les hauteurs de Montmartre, a Tait voir notre aérostat à la fouie de ses clients.
A trois heures et demie, nous avons sacrifié une notable proportion de lest ; il faut donc songer à la descente. L'air est si calme que nous avançons à peine ; cependant nous ne jiouvons tomber sur les toits de Paris et sur les maisons, qui sont les écueils des aéronantea. Xous pensons qu'à lu surface de latcrre une brise légère nous éloignera des fortiûcations ; en conséquence, nous laissons lentement descendre l'aérostat, qui en trois quarts d'heure, arrive enlin au-dessus de Cl ich y-la- Garenne ; nous entendons les cris d'une foule qui nous a suivis des yeux, mais les plaines font complètement défaut.
Vm face de nous, s'étend le chemin de fer de l'Ouest que sillonnent les locomotives ; à droite, à gauche, de tous cùtés, des maisons et des usines... sous nos pas, le cimetière de Clichy. Ce cimetière est le seul L'uiplacemeut convenable pour la descente. Nous ne sommes pas longs à dùlibéroi, et, faute de mieux, nous allons atterrir dans la demeure des
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Le ballcR descend rapidement, mie femme qui priait sur une tombe 8e sauve en poussaut des cris de terreur, une nuée de corbeaux s'envolent effarés ; notre ancre est jetée au milieu du cimetière, elle mord, quelques hommes la saisissent et nous touchons terre dans une allée.
Nous laissons Gabriel Mangin dégonfler l'aéroatat au milieu de nombreux spectateurs, et nous revenons à Paris dont nous ne nous sommes pas beaucoup éloignés en deux heures. Dans notre dernière ascension nous avions parcouru vingt lieues environ en trente-cinq minutes ; cette fois-ci nous avons mis deux heures trente minutes à décrire un chemin de WO mètres ! On voit que l'océan aérien, qui a ses tempêtes comme l'Atlantique, a aussi ses calmes plats comme la Méditerranée,
Mon frère, qui nous avait suivis des yeux du haut de la butte Montmartre, a eu le temps de venir il pied jusqu'à notre lieu de descente, où il nous a reçus un des premiers. Gabriel Mangin, qui avait reverni à notre intention l'aérostat l'Union avec le plus grand soin, a pu ramener le soir même son ballon à l'atelier.
Nous espérons, ajoutions-nous le lendemain de notre voyage, que cette ascension excitera l'attention des savants, et que nous rencontrerons de leur part l'appui nécessaire à l'exécution d'un programme d'expériences aériennes, qui peuvent jeter une nouvelle lumière sur l'usage scientifique de nos aérostats.
Depuis le 11 avril 1869, nous avons souvent songé i exécuter ces expériences de la vérification de la loi des hauteurs barométriques, que nous avions alors en vue. C'est un projet que il'antres préoccupations et d'autres travaux ne nous ont pas permis de mettre ù exécution.