Ce produil oat [iri^iiaré pav M . Arnoiil, fabri
à Snint-Ouen-rAumOne.
HISTOIRE DE MES ASCENSIONS 2i9
pointe en pointe, en passant par l'équateur. Ces brancards sont formés de minces lattes de noyer adaptées à des bambous sciés longitudinalement ; ils sont consolidés par des lanières de soie. A la partie inférieure de la housse, les pattes d'oie se terminent par vingt cordes de suspension qui s'attachent par groupe de cinq aux quatre angles supérieurs de la nacelle. La nacelle a la forme d'une cage ; elle a été construite, à l'aide de bambous assemblés, consolidés par des cordes et des fils de cuivre, recouverts de gutta*percha. La partie inférieure de la nacelle est formée de traverses
en bois de noyer qui servent de support à un fond de vannerie d'osier. Les cordes de suspension enveloppent entièrement la nacelle ; elles sont tressées dans la vannerie inférieure et ont été préalablement entourées d'une gaine de caoutchouc, qui, en cas d'accident, les préserverait du contact du liquide acide contenu dans la nacelle pour alimenter les piles.
Les cordes de suspension sont reliées horizontalement entre elles par une couronne de cordage, située à deux mètres au-dessus de la nacelle.
Les engins d'arrêt, pour la descente, guide-rope et corde d'ancre, sont attachés k cette couronne, qui a en outre pour but de répartir également
350 niSTOIRE DE MES ASCENSIONS
la traction il la Jescente. Le gouvernail, formé d'une grande surface j soie non vernie, maintenue à sa partie inférieure par un bambou, y e adapté à l'arrière.
Le moteur dont je vais parler i\ présent se compose de trois parties J
1° D'un propulseur à deux palettes hélicoïdes de 'Jr-.fCi de diamètr construit sur les plans de M. Victor Tatin (Voyez épure p. 252)
S° D'une machine dynamo-électrique Siemens, nouveau type réduit J son minimum de poids.
^° D'une batterie de piles électriques légères au bichromate de potassf
Le propulseur h deux palettes hélicoïdes, est formé d'un moyeu meta lique, entièrement creux, dans lequel sont fixées deux longues tiges i bois de sapin, bien sec et de bonne qualité; CCS tiges servent de suppod à (les lattes préalablement gauchies suivant épure géométrique ; \ti rebords extérieurs sont en rotin mince ; les palettes, recouvertes de soi! vernie à la gomme laifue, sont maintenues k l'état de fixité à l'aide i tendeurs en (il d'acier. Cette hélice, qui a été confectionnée avec beaucoi^ de soins, ne pèse que 7 kilogrammes.
La machine dynamo-électrique aété construite sur un nouveau modËJ par la maison Siemens, de Paris, dont le directeur, M. Georges BoistQ ingénieur des arts et manufactures, a bien voulu m'apporter son concourf avec la plus gracieuse obligeance (Voyez p. 24SI).
On compte dans cette machine, dont les pièces démontage sont e| acier fondu, 50 faisceaux sur la bobine et 4 électros dans le circuit. ] bobine est très longue par rapport au diamètre. Les balais, maintenir parallèles, sont montés à calage variable. Toutes les pièces accessoirt ont été réduites à leur minimum de volume et de poids, et le mécanisai est monté sur un châssis de bois à jour. L'appareil pèse 5.ï kilogrammâl et peut fournir un travail effectif de 100 kilogramm êtres '.
La batterie électrique, que j'ai construite, et que l'on peut appelée J
1. La macliine Siemens a 6tA esRttyée danH les utelie l'ainmlile concours de MM. Hospitalier et RatTard ; <
! Foiiie ri Lumière, i fonctionna pendant 1
générateur de l'aérostat à hélice, est formée de quatre auges d'ébonite à six compartiments, formées de 24 couples zinc et charbon.
Chaque compartiment formant un élément de pile renferme, montés sur des tiges de cuivre plombé, 11 charbons minces (de O^jlSO de hauteur sur 0",800 de largeur et O»,003 d'épaisseur) et 10 zincs un peu plus petits placés alternativement les uns à côté des autres. — Les zincs sont tenus, à leur partie supérieure, dans des pinces flexibles qui permettent de les renouveler facilement après chaque expérience; ces zincs ont O^jOOlS d'épaisseur pour faire fonctionner la pile pendant trois heures. Ils doivent être parfaitement amalgamés. Chaque compartiment est muni, à sa partie inférieure, d'un mince tube d'ébonite qui communique à un conduit latéral, relié par l'intermédiaire d'un tube de caoutchouc à un grand seau d'ébonite très léger, contenant la solution acide de bichromate de potasse. Quand on lève le seau à l'aide d'une cordelette passant dans des moufles, au-dessus du niveau de la batterie, celle-ci se remplit par le principe des vases communiquants, le liquide agit sur les zincs, le courant passe ; quand on baisse le seau au-dessous, le liquide y rentre par le tube de caoutchouc, la pile se vide et cesse de fonctionner. On voit que, par ce système, les piles communiquent entre elles, mais uniquement par des conduits étroits : la résistance du liquide est assez grande pour que cette communication n'ait aucune influence sar le débit, quoique les éléments soient lùontés en tension. Dans la nacelle de l'aérostat électrique, il y a 4 batteries semblables, soit 24 éléments montés en tension, alimentés par quatre seaux d'ébonite contenant chacun 30 litres de la dissolution de bichromate de potasse.
La batterie est arrimée dans la nacelle, qui a de 1™,90 longueur et 1™,45 de largeur, de manière à occuper le moins de place possible. Deux auges d'ébonite, formant 12 éléments, sont placées transversalement à 0™,35 du fond de la nacelle, et les deux autres se trouvent fixées à 0»»,15 au dessus; ces auges sont placées sur des traverses de bois et consolidées par des fils tendeurs ; les réservoirs d'ébonite des deux angles postérieurs de la nacelle alimentent les piles du haut, les deux autres réservoirs de la
^y'i. HISTOIRE DE MES ASCENSIONS
batterie alimentent les piles intérieures. Un espace libre est réservé eatre les quatre seaux pour l'opérateur, qui peut tout faire fonctionner luimême, ayant sous la main les cordelettes pour lever les seaux, les crochets pour fixer ces cordelettes à hauteur voulue, le commutateur à godet de mercure pour faire passer le courant et les cordes du gouvernail. La dissolution de bichromate de potasse employée pour faire fonction-
Épnrc pour la conslrucllon df llifllce. (Paga 260.)
ner la pile, est très concentrée et très acide ; elle est versée dans les seaux à une température de 35 à -40 degrés.
Noua allons, à présent, décrire d'une façon spéciale le nouvel appareil à gaz qui a servi à nos expériences.
Nouvel appareil (te M. Gaston TissamUer pour la fabrication au gaz hydrogène.
Le gaz hydrogène bien préparc a une force ascensionnelle delISO grammes par mètre cube ; le gaz de l'éclairage en a une qui, sous le même volume, atteint seulement 730 i\ 740 grammes. Ces chiffres suffisent pour
montrer l'avantage que présente, au point de vue aérostatique, le premier gaz sur le second.
Si la production en grand de l'hydrogène intéresse les aéronaates, elle n'est pas sans offrir quelque imporlance, au point de vue des laboratoires de chimie, coutitruits loin des usines à gaz, et de certaines industiies de luse quifont usage du chalumeau à gaz oxhydrogène pour la fusion des
Fig. 5. — Cirand a|ip8teïl à gaz hydtogtna du l'atelier uérosluliiin>: d <au ni 1 ago 261 )
métaux.; c'est à ces titres différents que nous donnerons ici une description assez détaillée de notre nouvel appareil.
On a vu par les chapitres qui précèdent que noua avons suivi de près les nombreux essais de Henry Giffard pour la fabrication du gaz hydrogène ; nous avons songé comme lui ;'i nous servir d'un appareil par voie sèche, mais la construction d'un fourneau nous eût entrainé à trop de frais. Nous avons eu recours à la voie humide beaucoup plus pratique.
:>j4 H1STU11:K DE MKS AtîCENSlUNS
Notre appareil est construit sur un principe analogue ù celui que noti'e regretté maître avait installé, en 1878, dans la coiir deà Tuileries pour le gonflement de son grand ballon captif à vapeur ; mais il en diflère considérablement dans les détails, et dans le mode de construction. L'bydrogène dans notre appareil, comme dans celui de M. Giflard, se produit par la décomposition de l'eau sous l'influence du fer et de l'acide sulfuriiiue, mais au lieu d'employer un générateur unique de grand volume fait en tôle garnie intérieurement de feuilles de plomb épaisses, d'un prix très élevé, j'ai fait usage des tuyaux Doulton en terre de Londres, do ceux-là m&me dont on se sert habituellement pour les conduites d'eau. Ce tuyaux résistent très bien à l'action des acides, même à chaud ; en les superposant verticalement, et en les soudant les uns avec les autres à l'aide d'un mastic spécial, il est possible de s'en servir pour faire des réservoirs cylindriques de grand volume et d'un prix beaucoup moindre que celui de réservoirs métalliques. Après avoir fait des essais sur des tuyaux do petite dimension, j'ai construit un générateur, formé de huit tuyaux Doulton, de 0'°,4î) de diamètre intérieur et de 0"',75 de hauteur. On obtient ainsi une colonne déplus de G mètres do hauteur capable de contenir 1 (HHI kilogrammes de tournure de fer tamisée. Quatre générateurs distincts sont capables de produire un volume considérable de 3(X) métrés cubes de gaz hydrogène à l'heure, c'est-à-dii'e d'opérer la dissolution de 1 IWU kilogrammes de fer, dans 1 iiiX) kilogrammes d'acide sulfnrique étendu de trois fois son volume d'eau.
Les quatre générateurs sont identiques ; il nous suffira donc d'en décrire isolément un seul. C'est ce que nous allons faire aussi succinctement que possible en reportant le lecteur à la coupe représentée dans la figure de la page '23i. Le générateur formé de tuyaux en grès Doulton, est figuré en G ; le cylindre est fermé à sa partie inférieure par une maçonnerie de briques faite à chaud avec un ciment de soufra fondu additionné de résine, de suit et do verre pilé. Ce même ciment a été employé pour garnir les joints des tuyaux et les souder Jes uns avec les autres. Le tuyau
IIISTOIIIE DE MES ASCENSIONS ijj
11- li, en comptant de bas en haut, sont des tuyaux à deux tubulures qui permettent de ramifier les tubes servant : à l'entrée de l'eau additionnée d'acide sulfutique, à la sortie du liquide chargé de sulfate de fer après la réaction opérée, et au dégagement du gaz hydrogène formé.
Le générateur étant rempli de tournure de fer, l'eau additionnée d'acide sulfurique arrive par le tuyau A, et pénètre à la partie inférieure du récipient. Le liquide traverse un double fond percé de trous, et il s'élève à travers une colonne de tournure de fer, qui se dissont peu à peu ; le fer sous l'action de l'acide sulfurique décompose l'eau dont il fixe l'oxygène ; il se forme ainsi du sulfate de fer et un abondant dégagement de gaz hydrogène. Ce gaz se dégage par le tuyau T ; le liquide chargé de sulfate de fer s'écoule en B par le tuyau BC enferme d'U, et arrive dans un caniveau qui le mène directement à l'égout '. L'écoulement de l'eau chargée d'acide sulfurique étant continu, la production de l'hydrogène est également continue ; au fur et à mesure que le fer se dissout dans la pai^ tie inférieure du générateur, il est sans cesse renouvelé par la réserve contenue dans la partie supérieure du tuyau. Cette réserve de fer qui alimente le générateur, est placée dans un tube supérieur métallique, légèrement troni-onique : la partie inférieure de ce tube est en cuivre plombé et elle pénètre de quelques centimètres dans le liquide où se produit la réaction.
Legénéraleur à sa partie supérieure est bouché à l'aide d'une fermeture hydraulique qui, en cas d'obstruction, forme soupape de srtreté. Notre appareil, comme nous l'avons dit, comprend quatre générateurs qui peuvent à volonté fonctionner ensemble ou isolément ; il est facile de les séparer du circuit de tuyaux de dégagement, à l'aide de robinets de 0",08 de diamètre intérieur ; on peut ainsi remettre de la tournure de fer dans un générateur, procéder à son nettoyage en cas d'obstruction des
i. On peut recueillir le liquide chargé de sulTale de fer et faire cristalliaer ce ael qui aunecertaiuo valeur comiiicruiale, main il faudrait !i cet effet disposer de grands réservoirs, évapuror lus eauï, etc. ; les frais d'i lis lallation, pour nue production f»ile ù du Tare» iulcrvalles, dàpusscraiont do beaucoup lu faible b£aè&co que l'oli pourrait retirer de la voulu du siulfate do fer. 'J-: j.,
tuyaux, etc.,, sans interrompre la production des trois autres générateurs. Le gaz hydrogène, produit par une réaction énergique, se dégage avec des torrents de vapeur d'eau; il est en outre légèrement acide : il tautU retroidir et le laver. Notre laveur, presque entièrement semblable à celui
Ei^iùrkBco du H Uctebre W^l.
de M. Gifl'ard, fst représenté en L; le gaz arrive à la partie inférieure d'une masse d'eau sans cesse renouvelée par un écoulement continu; il traverse le liquide en se divisant à travers un grand nombre de tubes, percés de trouM, ramilles au tuyau adducteur; après s'être lavé, le gaz traverse deux épurateurs £ £' remplis de soude caustique, et de cblorara
de calcium ■; il passe eiiQii à travers un globe de verre H contenant uo hygromètre et un thermomètre qui indiquent si le gaz est bien desséché et bien refroidi. Daos ces conditions, nous obtenons un gaz presque complètement sec ayant une force ascensionnelle de 1 190 grammespar mètre
cube, chiffre qui n'avait jamais été obtenu dans les préparalions aérostatiques faites en grand. Après avoir traversé le globe de verre H, contenant en outre des instruments du papier de tournesol, le gaz arrive dans l'aérostat par l'intermédiaire d'un tuyau de gonllement.
I. Dans les appareils précéj eut ment coiialniiis, on vive pour sécher le gaz byiirogèue. Cette substanci
1 toujours fait usai;^ Je la cliaiix ulTru lin grand inconvéoienl: tu
.«lA
* -Tî
HlsroiHE DE MES ASCENSION
Les quatre générateurs de notre appareil sont alimentés du liquide acide qui les (ait fonctionner, par de grands réservoirs de 8 mètres eûtes: ce sont des cuviers de bois très épais, munis à leur partie inférieure de quatre robinets eii terre iJoulton permettant d'alimenter à la fois les quatre générateurs.
Chacun de ces réservoirs peut contenir 3(1 touries d'acide sulfuriqueà 53° ou 3000 kilogrammes, délayés dansfiOOO kilogrammes d"eau ordinaire. Il y a là, dans chaque cuvier, une réserve capable de fournir à la production de 3J0 à4(X) métrés de gaz hydrogène. Pendant que l'un des cuviers 60 déveràe dans les quatre j^'énérateurs, l'autre cuvier peut ûtre rempli, et ainsi de suite alternativement.
Les générateurs sont enveloppés d'une solide charpente, munie d'une plate-forme supérieure où l'on peut laire monter, à l'aide d'un moufle, les touries d'acide sulfurique et les sacs de tournure de fer nécessaires à ralimentatio» de l'appareil.
Expériences de l'ucroslat ètcelrique Voici les poids des diiféreutes parties de notre aérostat électrique.
ALTuslat, avec ses HoupapL-s. 170 kilogrammes. Housse, avec le ijouveraail
utlea corilesde EuspoDsioii, ÏU
Bruucikids âe\ibleH latéraux. 3i
Nacflli; 100
Motuur, hùlieu, vl pik-a iLvcc
le liqiiido pour leK faire
faucliouDei' |jeudtiut2h. JO 280 Ënginad'arrùt(iLDeruel^ide-
rope) 50
Poids du malËriol Rxc. 7(M Deux voyaijours avec inslru-
meuta 150
Poids du lest enlevé, . . . 3ai
Poids lûlal. . . \t&»
absorbaiil l'iiuuiiditi^, L'Ile hl- dL'Iik', vile so ijujillu ut su traiisFormu on une poussière Iréslénou qui peut boucLer les luyaun ou lître ontrafiiéo avet le yuz daus l'aérostiit dont ellu Li'âlulu tUau. La cliloiure de calcium eal d'un excelloiil fiiiploi; nous y arons
lildTiJIUE DE UES ASCENSIONS 251!
La force aaoensionnelle était, en comptunt 10 kilogrammes d'excès de force pour l'ascension, de 1 ^50 kilogrammes. Le volume du ballon étant de 1000 métrés, le gaz avait donc une force ascensionnelle del 180 grammes par mètre cube. (Le gaz hydrogène préparé par Giflard n'avait que i 150 grammes de force ascensionnelle.)
Depuis la fin de septembre iêH^i, l'appareil à gaz était ]irèt ;\ fonctionner, l'aérostat était étendu sur le terrain, sous une longue tente mobile, alin depouvoir être gonflé immédiatement. la nacelle et le moteurétaient tout arrimés sous un hangar iiui les contenait; mon frère et moi, nous n'attendions plus que le beau temps pour exécuter notre expérience.
Dès le samedi U, une hausse barométrique a été signalée ; le dimanche 7, le temps s'est mis au beau, avec vent faible : nous avons décidé que l'expérience aurait lieu le lendemain, lundi 8 octobre 1883,
Le gonflement de l'aérostat a commencé à 8 h. du matin et a été continué sans interruption jusqu'à 2 h. :iO de l'après-midi. Cette opération a été facilitée par des cordes équatoriales qui pendaient à droite et àgauche de l'aérostat, et le long desquelles on descendait les sacs de lest. Le navire aérien étant tout à fait gonflé, il a été procédé de suite à l'installation de la nacelle et des réservoirs d'ébonite contenant chacun 3U litres de la dissolution acide de bichromate de potasse. A3 li. 30 m., après avoir entassé le lest dans la nacelle et avoir procédé ù ré({uilibrage, nous nous sommes élevés lentement dans l'atmosphère par un faible vent E.-S.-E.
A terre, lèvent était pres(iue nul, mais comme cela se présente fréquemment, il augmentait de vitesse avec l'altitude et nous avons pu constater par la translation de l'aérostat au-dessus du sol, qu'il atteignait à.50l) mètres de hauteur une vitesse de 3 mètres ù la seconde.
Mon frère était spécialement occujié i régler le Jeu de lest, dans le but de bien maintenir l'aérostat à une altitude constaute et peu éloignée delà
ajouté de la kouiIb l'atistiiiiie, alin i[u« \i< i-tx l soil ii'uilu alcalin ; s'il Était encoi-o (|iielqiie peu cbareii J'ui'iiii; ïiiifuriiiUL', il [iunnait liounti' iiaissum'c. nvuc lu chloi'ui'o du calcium, à des tracuH (l'acitlu clilui'li) ilrii|uu >|iii !ji:i'uitiiit ti'ùs iiuisibJua.
■JfH) lllSTOlJtE DE MES ASCENSIONS
surface du sol. L'aérostat a très régHlièrement plané à une Iiauteurde quatre ou cinq cents mètres au-dessus de la terre ; il est resté coastamment gonflé, et le gaz en excès s'échappait même par la dilatation, eo ouvrant sous sa pression, la soupape automatique inférieure dont le fono lionnement a été très régulier.
Quelques minutes après le départ, j'ai fait fonctionner la batterie de piles au bichromate de potasse, composée de quatre auges à sis compartiments, lormant vingt-quatre éléments montés en tension. Un commutateur à mercure nous permet de faire fonctionner à volonté six, douze, dishuit ou vingt-quatre éléments, et d'obtenir ainsi quatre vitesses différentes de l'hélice, variant de soixante à cent ijuatre-vingts tours par minute. Avec douze éléments en tension, nous avons constaté que la vitesse propre de l'aérostat dans l'air était insuffisante, mais au-dessus du Bois de Boulogne, quand nous avons fait fonctionner notre moteur à grande vitesse, à l'aide des vingt-quatre éléments, l'effetproduîts'esttrouvé être tout différent. La translation de l'aérostat devenait subitement appréciable, et nous sentions un^vent frais produit par notre déplacement horizontal. Quand l'aérostat faisait face au vent, alors que sa pointe de l'avant était dirigée vers le clocher de l'église d'Auteuil, voisine de notre point de départ, il tenait tête au courant aérien et restait immobile, ce que nous pouvions constater en prenant di'Spoints de repère au-dessous de notrenacelle.
Malheureusement, il ne restaitpasionglempsdans cette position favorable, et quand il avait bien fonctionné pendant quelques instants, il se trouvait soumis, tout à coup, h des mouvements giratoires que le jeu du gouvernail était impuissant à maîtriser complètement.
Malgré ces rotations que nous avons trouvé le moyen d'éviter dans une expérience ultérieure, nous avons recommencé la même manœuvre pendant plus de vingt minutes, ce qui nous a permis de stationner sensiblement au-dessus du lîois de Boulogne.
Quand nous avons essayé de nous déplacer en coupant le vent dans une direction perpendiculaire à la marche du courant aérien, le gouvernail se gonflait comme une voile et les rotations se produisaient avec beaucoup
plus d'intensité. Nous estimons, d'après ces faits, que la position d'un navire aérien par rapport à la ligne du vent, n'est pas indifférente si le gouvernail ne fonctionne pas bieu.
Après avoir procédé aux expériences que nous venons de décrire, nous avons arrêté le moteur, et l'aérostat a passé au-dessus du Mont- Val érien. Une fois qu'il eut bien pris l'allure du vent, nous avons recommencé â faire tourner l'hélice, en marchant cette fois dans le sens du courant aérien ; la vitesse de translaliou de l'aérostat était accélérée ; par l'action du gouvernail nous obtenions facilement alors des déviations à gauche et à droite de la ligne du vent. Nous avons constaté ce fait en prenant comme précédemment des points de repère sur le sol ; plusieurs observateurs l'ont d'ailleurs vérilié, k la surface du sol.
A 4 h. 35 m. , nous avons opéré notre descente dans une grande plaine qui avoisine Croissy-sur- Seine ; les manœuvres de l'atterrissage ont été exécutées avec un plein succès. Nous avons laissé l'aérostat électrique gonflé toute la nuit, et le lendemain, il n'avait pas perdu la moindre quantité de gaz ; il était aussi bien gonllé que la veille. Peintres, photographes ont pu prendre l'aspect de notre navire aérien au milieu d'une foule nombreuse et sympathique que la nouveauté du spectacle avait attirée de toutes parts.
Nous aurions voulu recommencer le jour même une nouvelle ascension; mais le froid delà nuit avait déterminé la cristallisation du bichromate de potasse dans nos réservoirs d'ébonite, et la pile, qui était loin d'être épuisée, se trouvait cependant ainsi hors d'état de fonctionner. Nous avons fait conduire l'aéroslat à l'état captif sur le rivagt de la Seine près du pont de Croissy, et là à notre grand regret, nous avons dû procéder au dégonllement, et perdre en quelques instants, ce gaz que nous avions mis tant de soins à préparer.
Nous avons été aidés, dans toutes ces opérations, avec la plus aimable obligeance par la population de la localité et par plusieurs propriétaires des villas voisines. Nous remercierons particulièrement M. Poitrineau, architecte, qui avouludonner asile aux voyageurs et abriter leur matériel.
262 lIISTOIItE DE MES ASCENSIONS
Sans entrer dans de plus longs détails au sujet de notre retour', nom pouvons conclure de cette première expérience :
Que l'électricité fournit à l'aérostat un moteur des plus favorables, et dont le maniement dans la nacelle e«t d'une incomparable facilité ;
(Jue dans le cas partiirulier de notre aérostat électriifue, quand notre hélice de 2~,R0 de diamètre tournait avec une vitesse de l&T tours âli minute, avec un travail effectif de lOOkilogrammètres, nous arrivions i tenir tile à un vent de 3 mètres à la seconde et en descendaut le courant j'i nous dévier de la li[^ne du veut avec une grande facilité ;
Que le mode de suspension d'une nacelle â un aérostat allongé, par des sangles obliques mainlenues au moyen de brancai'ds latéraux flexibles assure une stabilité parfaite au système.
A la suite de l'ascensionque nous avons exécutée le 8 octobre 188;3 dans notre aérostat (i hélice, le premier qui ait emprunté à l'électricité sa force motrice nous avons dû modiQer quelques parties du matériel et refaire notamment de toutes pièces le gouvernail (page âC7), dont le rôle n'est pas moins important que celui du propulseur.
Nous avons exécuté, Iv vendredi "20 septembrel884,un deuxième essai ; il a donné tous les résultats que nous pouvions attendre d'une construction faite exclusivement dans un but d'étude expérimentale. Notre aérostat, dont la stabilité n'a jamais rien laissé à désirer, a obéi avec la plus grande sensibilité aux mouvements du gouvernail, et 11 nous a permis d'exécuter au-dessus de Paris des évolutions nombreuses dans des directions dilîéreutes, et de remonter même, à plusieurs reprises, le courant aérien avec veut debout, conime ont pu le constater des milliers de spectateurs.
L'aérostat a été yonllé avec le [;raml appareil à j^'jz bydrogène.
A 4 heures de l'aprùs-miili, il était ontiéroment arrimé et prêt à partir
1. Noua ilirans ii-i tjuf imlra iiinli'^iiol !i (.il riiy raïupiiù â Paris sans que rien absolument ail subi la moiiiili'i' iivarie, ^['.ite ^ un muiii' s|)c'>fial ilo foruielufpiie nos râservoin d'i^bonltc, pus' une (joullo Uotiquidi' ii'u idi- K>panJuu dans In nacelle, et pax un charbon miucc da lu pilu n'a ilû nassÈ.
Nous avons (l'aLord essayé à terre la machine dynamo-électrique; puis, mon frère et moi, noua sommes montés dans la nacelle aveu un ancien marin, ootre cordier, M. Lecomte, (lui ayant bien voulu se charger des manœuvres du gouvernail, a pris pla*;e à la partie supérieure de laçage de bambou, sur un petit banc de vigie construit spécialement à cet effet. L'ascension a eu lieu à 4 h. 20 m., au milieu des applaudissements et des clameurs d'une foule considérable réunie dans les envirous '. Mon frère Albert s'était chargé du jeu de lest, destiné à maintenir l'aérostat au raèrae niveau, M. Lecomte tenant de chaque main les drosses du gouvernail, faisait virer de bord selon la direction que nous voulions prendre ; quant à moi, Je m'occupais spécialement de faire fonctionner le moteur et de prendre le point.
A 400 mètres d'altitude, nous avons été entraînés par un vent assez vif du N.-O. et aussitôt t'hélice a été mise en mouvement, d'abord à petite vitesse; quelques minutes après, tous les éléments de la pile montés en tension, ont donnéleur maximum de débit. Grâce aux dimensions plus volumineuses de nos lames de zinc et à l'emploi d'une dissolution de bichromate de potasse plus chaude, plus acide et plus concentrée, il nous a été donné de disposer d'une force motriceeffcctive de un cheval et demi, avec une rotation de l'hélice de I!KI tours à la minute.
L'aérostat a d'abord suivi presque complètement la ligne du vent, puis il a viré debord sous l'action du gouvernail, et décrivant une demi-circontérence, il a navigué vent debout. Nous sentions alors un air très vif qui soufflait avec assez de force et nous indiquait que nous luttions contre le courant. En prenant des points de repère sur la verticale, nous
s heureux d'adresser noït remËrcieinents ù tous ceux qui ont bien voulu nous prêter leur concours pour l'arrimage <Ie l'aiïrostat et l'âquilibi-age, :lu moiiienl de l'ascension. M, Lechevalior.enlrepreneur, quia conslrott notre appareil à gaz, M. Comme, qui a conreclionné la nacelle, et M. Lecomte, cordier, nous ont obligeamment aidûa peadant le gouflement. M. Lachambre, aéronaule conetru(;leur, et ses aides, nous ont tout particulièremenl Été utiles. Noua remercions aussi M. Gabriel Von, le praticien bien connu, et M. Louis Godard jeune, qui ont exécuté l'équilibrage au inoinctit du départ, avec M. Lachniiibrc et nombre île speclaleurs syinpatliiques et dèvouL-a.
m HISTOIRE DE MES ASCENSIONS
constations que nous nous rapprochions très lentement, mais sensiblement, delà direction d'Auteuil, ayant mie complète stabilité de roule. La vitesse du vent était environ de 3 mètres à la seconde, et notre vitesse propre, un peu supérieure, atteignait à peu près 4 mètres à la seconde. Nous avons ainsi remonté le vent au-dessus du quartier de Grenelle pendant plus de dix minutes ; le tracé du voyage que nous publions (^''oyez
p. 2fi5), inilique ce mouvement d'iJvolution, qui nous conduisit jusqu'au dessus de l'église Saint-Lambert.
Nous avions constaté avant notre ascension, par le lancement de petits ballons d'essais, et par l'observation des nuages, que les courants aériens supérieurs étaient trop rapides pour qu'il puisse nous être permis de revenir au point de départ ; il nous eût été d'ailleursdetoute impossibilité de descendre dans notre terrain très exigu, et tout entouré d'arbres élevés ou deconstruclions,
Après notre première évolution, la route fut ciiangée et l'avant du ballon, tenu vers l'Observatoire; on nous vît recommeneer dans le quar-
tier du Luxembourg, une manœuvre de louvoyage tout à fait semblable ;\ celle que nous avions exécutée précédemment, et l'aérostat la pointeavant contre le vent, a encore navigué quelques minutes à courant con- - traire pour remonter ensuite dans la direction du Nord.
Après avoir séjourné pendant 40 mi nu tes au-dessus de Paris, l'hélice a été arrêtée à la hauteur du pont de Bercy, et l'aérostat laissé à lui-même
tout en étant maintenu à une altitude àpeu près constante, a été aussitôt entraîné par un vent assez rapide. 11 passa au sud du bois de Vincennes. A partir de cette localité, il nous a été facile de mesurer encore une fois par le chemin parcouru au-dessus du sol, notre vitesse de translation et d'obtenir ainsi très exactement celle du courant aérien lui-même. Cette vitesse n'était pas constante; elle variait de ft mètres à fi mètres par se-
a» HISTOIRE DE MES ASCENSIONftI
conde, et acliangé fréquemment pendant le cours de Arrivés aiMiessus de la Varenne-Saint-Maiir, à 5 h. 5*» minutes^ nous avions lout disposé pour la descente, devenue nécessaire par l'approche de la nuit. Le soleil se couchait nii-dcssus des brumes, quand nous remarquâmes que le vent diminuait sensiblemeat de vitesse. Mon frère me lit observer que puisque notre pile était loin d'être épuisée, nous poui^ riousprotiter de cetteaccalmie pour recommencer denouvelles évoluUoas, uo serait-ce que pendant quelques minutes. Aussitôt je pris mes dispositions pour remettre la machine en mouvement ; nous vîmes alors l'aérostat obéir facilement à son action, et remonter avec beaucoup plus de Milité que prvcëdemment. le courant aérien devenu momeotaDément presque nul. Si nous avions eu encore une heure devant noos, il ne nous aurait pas été impossible de revenir vers Paris.
Notre carte montre la rétrogradation de route exécutée aa-dessas de la Marne, que nous avons traversée successivement deux fois en sens contraire. Cette maniruvre. .i notre grand regret, dut être arrêtée promptement . il ne fallâii pas songer i retarder plus longtemps U descente.
L'atterrissage eai lieu près du bois Servcn. à iI*rolles-en-Brie. can iMt de Boissy-Saint-Léger < ^eine-el-Oise i. à une distance de t£> kHomètres da point de départ, après un séjour deO heures cunsëcatîves dans l'atmos-
Le reol de terre était asseï \-iî • noire pùde-^v)p« fut inc^aUe 4e imnis arréfier. Il £iUut jeter t'a&xre qui ne morvlU pas immédiateakent, et aotam ■K«tte eût i subir ractioa de deux lé-^ers cèvvs •loi nacs penûreal iTjproaver ta solidité du niaWriel. 11 b't est al^solnnteat nea d'à «•pé'
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La nouvelle disposition que nous avons adoptée mon frère et moi, pour le gouvernail, nous paraît devoir être signalôe, comme très favorable à la stabilité de route. Cet organe, coafectionnéen tissu de percaline lustrée, est placé à la pointe-arrière extrême et il fait sensiblement saillie audelà de cette pointe. 11 est divisé en deux parties bien distinctes ; ta moitié de aa surface environ, est maintenue rigide, et constitue la quille du navire aérien, tandi» que le gouvernail proprement dit qui forme la suite de celle quille peut être incliné à droite et à gauche, et déterminer
quand l'hélice est en rotation, un mouvement correspondant de tout l'appareil. Le gouvernail et la quille tendus par des cordelettes, sont montés sur un châssis de bambou, relié d'une part aux brancards longitudinaux de l'aérostat, et d'autre part à une pièce de bois de noyer très solide fixée au-dessus de l'hélice, â la partie inférieure de la nacelle. (Fig. ci-dessus.) La translation de l'aérostat dans l'air, est facilitée par la rigidité de sa surface, et un ballon dirigeable doit être toujours bien gonflé. Notre navire aérien est muni à sa partie inférieure d'une soupape automatique qui favorise ces conditions. Elle est réglée de telle sorte qu'elle augmente
2f>8 HISTOIBE DE MES ASCENSIONS
sensiblement la pression intérieure, tout en permettant à l'excès de gaz
formé par la dilatation, de s'échapper au dehors.
L'ascension du 26 septembre 1884, aura donnéune démonstration expérimentalede la direction des aérostats fusiformes symétriques avec hélice à l'arrière ; et cela, sans qu'il ait été nécessaire de rapprocher dans la construction, les centres de traction et de résistance. La disposition que nous avons adoptée, favorise considérablement la stabilité du système, sans exclure la possibilité de confectionner des aérostats très allongés et de très grande dimension: qui pouiront seuls assurer l'avenir de la locomotion atmosphérique.
Pendant que nos expériences se réalisaient, MM. les capitaines Renard et Krebs à l'atelier militaire de Chalais-Meudon ont brillamment démontré d'autre part, que l'hélice pouvait être placée ù l'avant et qu'il était possible de rapprocher considérablement la nacelle, d'un aérostat piscitorme auquel elle est attachée ; ils ont obtenu, grâce à l'emploi d'un moteur électrique très puissant et très léger, une vitesse propre qui n'avait jamais été atteinte avant eux, et pour la première fois, ils se sont élevés dans un aérostat dirigeable qui est revenu à son point de départ après avoir accompli un parcours de plusieurs kilomètres.
Nous rendons hommage au grand mérite de l'œuvre de MM. Renard et Krebs, comme ces savants officiers l'ont fait eux-mêmes à l'égard de l'antériorité de nos essais, en (.e qui toncei'ne l'application de l'électricité à la navigation aérienne.
Les question.s de personnalités doivent disparaître quand il s'agit des intérêts de la science, et nous applaudirons toujours au succès de nos