‹ Histoire de mes ascensions;Chapitre 5 sur 32 · IE · texte numérisé non relu

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première fois, il peut contempler de si haut le double panorama de la terre et de l'océan.

Quelétonnement de se sentir immobile dans la nacelle d'osier, bouée flottante, suspendue dans l'espace, sans que le moindre frottement, la moindre sensation de mouvement paraisse l'animer 1

HISTOIRE DE MES ASCENSIONS D'bb bond, U Septvne a gravi le sommet des nuages, que noas traversoas STec rapidité, nous voila déjà à 1200 mètres de haut et la mer s'étend soos notre nacelle. Duruof regarde la boussole.

— Nous nous dirigeons vers l'Angleterre, s'écrie-t-il.

Vais, hélas ! notre joie est de courte durée, nous regardons avec plus de soin notre direction, nous marchons rapidement vers le nord-est, et c*est dans le milieu de la mer du Nord que le vent nous entraine.

Je regarde Duruof; ses yeux sont animés, il semble réfléchir profondément.

— Que faisons-nous? me dit-il visiblement ému.

— Je vous ai dit que je vous suivrais partout, répondis-je avec calme.

— Advienne que pourra ! les Calaisiens ne diront plus que je suis an liche.

Je pensais alors à Deschamps, ce pauvre aéronaute dont on m'avût parlé, qui s'était trouvé à Calais même, dans une circonstance analogue k la nôtre. Pour éviter d'aller se perdre au large, il avait ouvert sa soupape, et était tombé lourdement sur la plaire où il avait failli périr.

La mer agit comme un objectif dangertMix qui amplifie le péril. Malheur à l'aéronaute ijni se laisse prendre à ce vertige ! Qu'il ait confiance en son navire aérien, qu'il se laisse entraîner par le souffle de l'air. N'a-l-il pas de longues heures devant lui, et le vent ne peut-il pas changer subitement de direction ? Qu'il ^^' t^onlic aux laprii'es de la brise. Audaces fortwiajuval.

Du reste, la spleniieur dn |iiiiiorunia {\n\ so iléroide à nos yeui, subjugue notre admiration, .\ns8i uni soutiniont de crainte réelle ne peut avoir prise en notre esprit, et nous HonKenris A jieiue i\ la marche rapide qui nous entraîne vers les imiiionsitÔH do la mer du Nord.

A notre gauche noua apercevons lu ville do Calais qui se dresse comme une cité en miniatiiro sur un rivage lilli|inlion ; nous voyons distinctement les jetées du |iort, uiio iiiu^o do Hpoctutours microscopiques ne tardent pas A s'y porter coniine l'arni^'o il'iino fourniiliore. A nos pieds

la mer transparente s'étend à l'infini comme un vaste champ d'émeraudes qiie viennent colorer brillamment les rayons solaires ; tout ce spectacle est séparé par une légion de nuages floconneux qui glissent sur un même plan horizontal, et qui semblent prendre naissance d'un côté de l'horizon pour se disperser de l'autre. En jetant nos regards vers le ciel, nous voyons d'autres nuages violacés qui semblent être soutenus dans l'air aune grande hauteur, car ils se trouvent très éloignés de nous, et nous sommes à 1 800 mètres d'altitude. La température est de -15° centésimaux, nous nous trouvons à l'aise dans notre nacelle, et j'éprouve une paisible émotion au milieu de cette implacable sérénité de l'atmosphère.

Je n'oublierai jamais cette étonnante procession de nuages qui marchaient avec une extrême rapidité sous notre nacelle. On aurait dit une infinité de filaments de laine, entraînés par une force invisible. On voyait cette armée de nuées prendre naissance dans le lointain âl'endroit où la mer se confondait avec le ciel ; ces cumulus blaiichfitres semblaient s'échapper des flots. Comment la peur ou l'émotion auraient-elles pu nous troubler quand des scènes si nouvelles, si merveilleuses s'offraient de toutes parts à nos yeux? Apeineai-je cessé de regarderies nuages, qu'un phénomène de mirage bien inattendu vient ajouter k mes surprises. Nous cherchons les falaises de Douvres et nous nous étonnons de ne pas voir les côtes de l'Angleterre qui ne sont pas bien distantes de notre aérostat; elles sont cachées par un immense rideau de vapeurs plombées, qui s'étend vers ce côté de l'Iiorizon. Je lève la tète pour chercher la limite de cette muraille de nuages, et quelle n'est ma stupéfaction quand j'aperçois dans le ciel une nappe verdâtre qui ressemble à l'image de l'océan! Bientôt un petit point semble se mouvoir dans -lette plage . céleste : c'est un bateau, gros comme une coquille de noix, et en y fixant avec soin mes regards, je ne tarde pas à constater qu'il navigue à l'envers sur cet océan retourné; ses mâts sont en bas et sa quille en haut. Un moment après je vois l'image du bateau à vapeur qui vient de partir de Calais pour l'Angleterre, et, avec ma lunette, je distingue la fumée qui s'échappe de son tuyau. Voici bientôt deux ou trois autres barques qui

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apparaissent au milieu de cette mer magiqu e, tableau vraiment saï^wûn d'une éblouissante Tantasmagorte du mirage.

La jetée de Calais n'est pas plus grande qu'une allumette, mais je distingue encore la foule qui s'y porte. La plage est aouverte de spectateurs ; et parmi eux j'ai des affections, des amis qui me regardent! Je pense alors à notre route maudite; je commence à distinguer le phare de Gra- Telines, Dunkerque n'est pas loin ; nous sommes au-dessus de la mer du Nord, et je sens que nous, notre nacelle et notre ballon, nous ne sommes qu'un infime grain de sable, que les flots pourraient bien facilement engloutir.

Cependant nous observonsattentivement les nuages inférieurs qui se meuvent toujours rapidement sous nos pas, et qui courent comme use myriade de flocons de neige. miracle ! ils se dirigent tous vers Calais. Tandis qu'à l'altitude de lOlX) mètres nous voguons vers le nord-est, ces cumulas, que nous avons traversés à 6()0 mètres de baut,suivent une marche opposée, et s'élancent vers le sud-ouest. Nous comprenons alors qu'en laissant descendre l'aérostat dans la couche d'air inférieure, il reviendra sur Calais, au-dessous de ces nuages, messagers bénis qui nous apprennent coni ment nous pourrons revenir au port.

— Nous pouvons continuer notre promenade en mer, dit Duruof avec joie ; quand nous voudrons, nous reviendrons à terre.

Nous noua laissons donc emjiorter sans inquiétude, par la brise supérieure; nous savons que i>rès de la mer. le vent souftle vers le rivage. Pendant que nous nous réjouissons k l'idée de notre retour inattendu, la foule continue à se porter sur la plage de Calais, et une profonde émotion y règne au milieu d'un lugubre silence.

De vieux marins nous regardent avec leurs limettes :

— Ils sont perdus, diaoïit-ils avec attendrissement! Pauvres fous ; qu'allaient-ils faire dniis cette nacelle?

II y avait une heure que nous avions ([iiitli' le port; nous avons fait sept lieues au-dessus de la nior, et noiiH pensons que notre promenade a été d'une durée assez longue ; noua eoattona do jotur du lest, et le ballon^

HISTOIRE DE MES ASCENSIONS il

rappelé à la surface de la mer par la pesanteur, descend rapidement; nous traversons une deuxième fois les nuages, et nous voilà à 400 mètres au-dessus des flots. Il est cinq heures !

Nous voyons quelques barques qui accourent à notre secours, l'une d'elles tire des bordées pour venir nous rejoindre ; mais nous ne tardons pas à comprendre que nous allons pouvoirnouspasser de ce secours.

La brise superficielle nous entraine, nous volons rapidement au-dessus des flots, Calais grandit à vue d'œil ; le vent nous ramène au point de départ.

En un quartd'iieure nous sommes revenus, et voilà bientôt le Neplimi' qui traverse Calais aux applaudissements frénétiques de toute la foule. En passant au-dessus de lajetée.je regarde attentivement les groupes de spectateurs, et quelle n'est pas ma sui'prise quand j'aperçois mon frère .\lbert qui me regarde et me fait signe de la main! — Étrange effet du hasard ou d'un magnétisme mystérieux ! 11 y a dix mille regards qui se croisent avec le mien, et mes yeux sont attirés vers celui que je cherche avec le plus d'émotion ! — Nous revoyons la place d'Armes qui est déserte, car tout le monde est sur le rivage ; je distingue encore le buste du duc de Guise, qui seul ne lève pas la tête !

L'équipage du Neptune est dans la joie ; je serre la main à Duruof, ;'l Barret, et je leur fais judicieusement observer que notre excursion en mer ne nous a donne ni nausées, ni mal de cœur. Une pincée de lest nous fait monter de nouveau, et cette fois nous admirons la campagne qui se déroule à notre vue. Je regarde le guide-rope ' qui pend de notre nacelle :

— Attention, Duruof ! l'extrémité de noire corde va toucher terre.

— Ètes-vous fou ! nous sommes à 1 'iO(> mètres au-dessus du sol. Notre guide-rope avait i:îO mètres de long ; mes yeux m'en faisaient

voir l'extrémité contre le sol, ils ne me trompaient que de 1270 mètres I Simple erreur d'un débutant inaccoutumée voir les objets de haut. Plus loin, ce sont des pointa blancs qui s'agitent lentement dans une

). Corde de 100 i 200 mètres de long que l'on laisse pendre verticalement attachée au cercle, et qui sert â l'atiarrissage.

la nisToirtE de mes ascensions

prairie , jn chercho en vain à donner un nom à ces singulières formes qui m'intri(;uent; inn lunette me montre quelques vaches qui paissent tranquillement sans Si; soucier du regard iailiscret qui leur est lancé du ciel.

A 5 heures A'i minutes, nous sommes revenu» près de terre, notre guiderope ruse un champ, et fait voltiger autour de lui les bottes de foin qu'on y placées; des paysansaccourent, et nous leur demandons où nous sommes :

— Houte de Boulogne, s'écrient-ils.

I.*Hn d'eux va saisir notre corde, mais nous ne voulons pas encore revenir A terre. Duruof me dit de jeter du lest, et dans mon inexpérience j'en vide un sac presque entier; nous sommes lancés duis l'air jusqu'à IWW nit-tres de liaut, el A ce moment nous nous trouvons enveloppés par des nuages lellemonl épais, tellement densos que nous perdons de vue l'aérostat; c'est A peine si nous j)Ouvoqs nous voir, et il me semble que nous sommes soutenus dans la lirume grisâtre par des liens invisibles. t.<'simprf-ï«sionsqui occupent mon esprit sont alors confuses et étranges; fllos ressemblent assex bien A celles d'un rêve invraisemblable. Ma vue est iHtnt^ pur ces viipeurs den.-ies et lounles qui nous environnent, le .Vt-jtfw'M' est oucluWoiisco voile opaque: noire panier d'osier paraît immobile; c'est la raison seule qui peut nous guider et nous rappeler que nous sv^mmes A *J kilonit^lres au-itossns du niveau terrestre.

l>epu)sK> malin nous avions rudement travaillé au gonflement, et noir» <*sti>miic était vide. J'ouvre' nnod-'s boites de U nacelle, et j'en tire tut (HMil^'l que nous d^\\tn>ns avec un appétit aérien: nous buvons un \^en« de vîn, déjeunant ainsi au milieu d'un Itain de vapeur. Je jette par- *l<pss«s bor\) un os qm» je viens de rx^nger, Duruof me fait observer que )*o<immels «ne imprudence eu déli'^unt ainsi raéritstal; je crois qu'il plaisant»', mats je suis forct' de mo rendre à l'évidence en regardant le Ivarom^lre... Nonsm»intons de".>» A ;!i>métres— tant est sensible le ball<tn bien i^iuilibré dans l'air, t'ne plume, dans certain cas. pourrait piysqu* en obanj^T raltitilde.

l>I^ndanl 1ti« x'ajtf nrs se dissiit^nt, tl«s iiiii4{«s ^pats nous cachent

IIISTOIUE* DE MES ASCENSIONS l:i

PQCore la terre, mais nous voyons le soleil qui disparait à l'horizon,... il est rouge comme un disque de feu: mille rayons étincelants illuuiinenl le ciel, et projettent au loin notre ombre sur l'iminense vallée de nuages qui s'étend autour de nous. Ce sont de vastes mamelons blanchAtres qui ne ressemblent plus à des vapeurs légères, mais i des montagnes de neige; les ombres foncées s'étendent au milieu de mystérieux ravins, et

Où sommes-nous actuellement? Le vent ni nous a-t-il pas portés sur les continents? Ne nous aurait-il pas lancés une seconde fois sur mer? Il est sept heures I

Barretnous fait observer qu'on entend un vague murmure sous les nuages ; un son continu, mélodieux et tout à la fois menaçiuit et lerribli-, frappe nos oreilles.

Serait-ce la mer?

Un eoup de soupape noua tait rapidement descendre, nous perrons les nuageset nous voyons, non pas la terre, ni la verte campagne, mais la nappe immense de l'Océan !

H UISTOIRE DE M ES ASC EN SiO NS

Le Boleil s'est sensiblement rapprocbé de l'onde qu'il nuance de mille tons vermeils, et la nuit commence a couvrir la mer de sou obscur manteau... Quelle imprudence nous avons commise! N'est-ce pas trop tenter la fortune que d'être retournés encore au milieu de l'Océan, uprè^ nous en être échappés une première fois, comme par miracle. Mais il n'dst plus temps de délibérer... Le soutSe puissant de la brise superlideile nous entraîne, et nous n'oublions pas qu'il nous a sauvés déjà! Bientôt un cap s'étend devant nous comme une mince proéminence, et grandit à vue d'œil ; mais le Neptune vA-i-iX pouvoir en atteindre la côte, ou en dépassera-t-il, au contraire, la pointeextrème pour continuer en pleine mer sa course rapide? Après la mer du Nord, nous avons U Manche comme perspective.

La nuit tombe, le ciel se voile ; chaque seconde d'hésitation compi nwX le succès d'une périlleuse descente. Le moment est vraiment solennel; tous trois à bord de notre frtle esquif, silencieux, regardant attentivement le phare qui domine la poinle du cap, nous nous efforçons de deviner si nous allons aborder ces eûtes qui sont le seul espoir de saluL .le n'oublierai jamais ces quelques minutes d'angoisse, où l'idée d'une mort tragique envabissait malgré moi ma pensée. — Je croyais pour ma part que notre route nous conduisait bien au-delà des falaises, et que nous allions être obligés de nous jeter à la mer, dans l'impossibilité où nous étions de flotter au hasard pendant la nuit dans les immensités de la Manche et de l'Océanl Je regardais machinalement le disque solaire que je n'avais jamais vu d'un rouge si sanglant; il planait sur l'immensité comme un aérostat enflammé, qui allait bientôt s'engloutir dans le sein des Ilots... Par moments mon imagination me le montrait comme une grande et bienfaisante figure qui me disait peut-ô tre un dernier adieu ! Tantôt mes yeux se reportaient sur le rivage encore lointain, et il me semblait entrevoir tous ceux que j'aime, qui allaient me recevoir dans leurs bras; tantôt mon regard errait à la surface de la mer, où quelques barques bondissaient sur les vagues écumantes. C'était un sentiment confus, indécis, qui s'emparait de mon esprit; il y avait du rôi

d&ns cette période de mon voyage. Je distingue cependant toutes les scènes de ce panorama, et j'euteads encore le murmure monotaoe, sombre de l'Océan, qui monte jusqu'à la nacelle, et qui remplit notre âme d'un triste presâeatiment!...

Tout à coup Duruof pousse un cri de joie; je me retourne, et, cette fois, nous ne pouvons plus douter que le vent nous jette sur le rivage. Il va falloir agir ; le courage renaît chei; l'équipage ! Nous sommes tirés brusquement de uos réflesions, l'espérance nous ranime. Duruof ouvre la soupape duballou,qui rase bientôt la surface des llotî; Barret s'empresse en même temps de jeter à la mer le grappin que nous remorquonsà notre suite, et moi-môme, rassuré par la froide énergie de mes compagnons, je ne tarde pas à lancer l'ancre sur le rivage, au commandement de notre vaillant capitaine. L'ancre est retenue par une dune de sable, et le Neptune vient s'affaisser, avec la rapidité de l'éclair, sur le sommet d'un monticule gazonné; un troupeau de moutons, qui paissait ces maigres herbages, se sauve à toutes jambes comme poursuivi par quelque loup fantastique, tandis que des jeunes paysannes, saisies d'un effroi pour le moins aussi grand, roulent elTarées les unes sur les autres.

Cependant quelques hommes s'approchent résolument; à leur tète est l'intrépide Maillard, le sous-gardien du phare du Gris-Nez, l'infatigable sauveteur ; il a ûairé un naufrage et vole au secours des passagers. Ses pieds sont ensaQglantés,il s'est précipité du haut de la falaise pour courir à notre aide. Il se jette aux câbles que lui lance Duruof; deux pêcheurs qui le suivent, imitent son élan. Malgré ce secours, le Neptune bondit encore; une rafale qui s'élève va nous enlever, nous et nos sauveteurs, à ta traîne. Duruof a vu la mer de l'autre cùté du cap, il sait qu'un bond va nous relancer dans l'Océan ; il saisit à deux mains la corde de déchirure , qui ouvre le ballon et t'affaisse instantanément sur nos tètes.

En nous serrant la main avec effusion, le brave Maillard raconte qu'il a vu bien loin, en pleine mer, une petite poire qui se découpait sur Iholizon; sur le premier moment, il croyait avoir au bout de son télescope un ballormeau échappé des mains d'un enfant. C'est en nous voyant nous

agiter dans la nacelle qu'il comprit son erreur, il crut alors qna^-Mmi Blanchard et tireen, nous venions de traverser la Manche. Loin d*âl rassuré en nous voyant sains et saufs, il nous avoue qu'il ne craindi pas de se hasarder en plein Atlantique sur un radeau de sauve! mais que, pour un million de francs, il ne se déciderait jamais à se risqi dans le plus beau ballon du monde- Il nous apprend aussi que, de l'autre côté du cap, à quelques centAîi de mètres du Mont-A igu où nous avons atterri, s'élève le tombeau d'un aéronaute; c'est celui de l'illustre Pil'itre de Rozier, qui vint se briser snr les rochers, il y a près d'un siècle ! Le lendemain, nous devions aJi rendre visite à cette ûme intrépide, et nous prosterner devant la piei près de laquelle le plus grand des aéronautes trouva la plus glorieuse' morts ! Je n'oublierai jamais cette humble pierre oîi repose cette vasi intrépide intelligence, que son courage et son amour de la aciei conduisirent au néant : Qne n'as-tu vécu plus longtemps, ô brave lâtre! Mais ton esprit si ardent et si passionné nous anime!

La nuit couvre bientôt de son manteau les dunes et les falaises, et tandis que nous nous occupons de démêler le filet du Xeptune et de replier son étoffe, l'autorité fait son apparition sous les traits d'un douaniar demande nos passe-ports, et se met en demeure do visiter notre et tous nos bagages. Un peu plus, il entrerait dans le ballon lui-mèmeC

Je laisse Duruof et les pécheurs continuer leur besogne au milieu des ténèbres, et jecours au sémaphore envoyer à Calais une dépêche télét^raphique qui va rassurer ma famille et mes amis. Je n'avais pour me guider au milieu des rochers qu'une mauvaise lumière, et je me serai

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