‹ Histoire de mes ascensions;Chapitre 6 sur 32 · I. Void la eopîu textuelle du certiScat de notn descflole · texte numérisé non relu

I. Void la eopîu textuelle du certiScat de notn descflole

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Je ^ussigDé, maiiv d'Audinghem (Pas-de-Cal&is), certifie <^e, le 17 aoûl 1888, A7heui 55 minntes, l^s habilantH des hani(-aus de la commuua d'Audingliem ont aperça on ■ l UDC granile distance, un Hèroslat qui, venant du nord, se dirigeait vers la pointe é tap Gris-Nei, où il a dit atterrir i 8 beores 30 minalea snr la partie du cap B MoHi-.iigti, sans occasionner ni ilomnage, ni accidents.

Cet airoat»!, le Xfpturtr, élût dirige par M. DuruoI, assisté de M. Barret, et * pagni de M. Gaston rï^aandier. chimiste.

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cent fois cassé les jambes, sans le secours d'un pécheur bienveillant qui me prévenait des mauvais pas; l'employé du télégraphe dormait déjà, mais il se met à sou poste avec une rare complaisance, envoie ma dépêche, et je reçois immédiatement une réponse qui m'apprend que tout le monde est dans la joie. Je retourne auprès de mes compagnons; le Neptune est pYié dAiis \d. nacelle, les paysaus, les marins, les pécheurs sont accourus en foule, et nous revenons triomphalemeut au village d'Auding- " bem. Les braves gens qui nous accompagnent, sontdans un enthousiasme indescriptible.

Ces hardis pécheurs, qui vivent sans cesse au milieu des ilôts, parmi les dangers et les tempêtes, nous regardent comme des héros, et cependant la frêle barque à la cime des vagues est exposée tout autant que l'aérostat au milieu des airs! Mais ces marins n'ont Jamais vu de ballons, et leui admiration les aveugle. lis nous considèrent comme des demi-dieux, qu'un miracle a sauvés d'une mort certaine. Nous cheminons lentement & travers les dunes, et nous arrivons bientôt au milieu d'un humble village où nous trouvons l'hospitalité dans une auberge. Nous nous faisons ser\-ir de la bière et nous trinquons avec tous ces pêcheurs qui nous accablent de questions. Pour ma part, j'éprouve une indicible joie à me retrouver à terre, et je ne puis m'enipècher de me réjouir, en entendant, cette fois sans inquiétude, les rafales du vent et le mugissement lointain de la mer.

Notre festival se prolonge jusqu'au milieu de la nuit ; nous nous couchons enfin, mes compagnons de voyage et moi, dans ti'ois lits placés dans une même pièce, lits comme on n'en a jamais vus, et dont les matelas semblaient bourrés des silex de la plage. Épuisé de fatigue, je veux m'endormir, mais ma couche est habitée par de nombreux insectes qui me dévorent et me torturent à un tel point qu'il m'est impossible de fermer l'œil. En les chassant, je m'aperçois qu'ils apparliesnent à la classe des parasites qui n'ont pas d'ailes. Sont-ils jaloux des aéronautes? Duruof et Barret ne sont pas plus ménagés que moi. Nous allumons les chandelles et nous causons, puis nous essayons de dormir, mais nos ennemis

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Bost a^més. Contraints d'abandonner la place, nous quittons le champ âe bataille, c'est-à-dire nos lit&; oous nous levons à trois heures du matin «t nous allons nous promener au milieu des falaises escarpées du Gris- Nez. Nous parcourons d'immeitiies rochers que la vague a détachés des côtes pieireoses, et nous admirons ce désordre vraiment grandiose, cet entassement formidable, cette architecture fantastique que la main de la nature façonne sans cesse avec un art indicible. Ces récifs du Gris-Nez, une des plus admirables merveilles des eûtes de la France, sont fort peu coDDOs; il n'est pas nécessaire de monter en ballon pour les visiter, et nous conseillons au lecteur d*y faire une excursion, quand il passera à Calais où à Boulogne.

Nous allons retrouver notre aérostat ; â cinq heures, Maillard, le douanier, et quelques pécheurs de l'endroit, viennent nous joindre. Nous louons une charrette qui ramène te Xeptune â la gare de la ville de Uarquise, éloignée de quelques lieues, ua char à bancs nous conduit nous-mêmes au même endroit.

.4 deuï heures, le chemin de fer nous a ramenés au port, â Calais, 011 une grande foule nous attend j tout le monde nous questionne, nous acclame, on ne nous laisse pas le temps de changer de vêtements, on nous entraine à diner, et le cbanipuyne remplit nos verres.

Pour ânir dignement une soirée si bien commencée, nous allons nous promener sur la jetée de tlalnis, une des plus longues qui soit en France. L'Océan est en fureur, et les lames se heurtent avec fracas contre les asi>i'n;>) de bois cimentées dans le sable. — L'ob.scurité du ciel est complète , mais la mer est phosphorescente, et jette dans l'air mille feux éblouis- «ant»; l'écume blanchùtre est roiiiplacéo jiar des rubans de lumière, et chaque vague, en roulant sur elle-uiêmo, brille d'une mystérieuse clarté.

On a vu par le récit qui précédo qui' diuis noire expédition maritime nouB avons eu le rare bonheur do pouvoir noltoiiuMit constater la marche en »eo5 inverse de deu-S couches d'iilr sii|iori)oséos,et de proUteravecsucc«9de leur action. Ce fait, qui jusqu ulor.s n'avait jamais été aussi sûrement observé, offre une réelle iiuin>rttiium, ol nioiilro nettement qu'il

reste encore à l'art de l'aérostation un vaste champ à conquérir dans l'étnde de la direction des vents.

Bien souvent, comme on l'a constaté depuis, h plusieurs reprises, l'utmosphère est ainsi découpée en couches aériennes qui se meuvent dans des directions différentes, et bien souvent aussi l'aéronaute pourrait se diriger si, comme l'oiseau qui plane, II cherchait à diverses altitudes le courant aérien qui lui est favorable.

Si le temps ne nous avait pas fait défaut dans notre première ascension, nous aurions pu conflrmer brillamment cette assertion, en répétant un grand nombre de fois la première manœuvre faite en face de Calais; on aurait vu le Neptune suivre alternativement à des hauteurs diverses, deux routes différentes, et gagner peu à peu les côtes de l'Angleterre, en tirant des bordées comme un navire à voiles. En effet, les deux courants superposés suivaient deux routes qui n'étaient pas absolument opposées; elles faisaient entre elles un angle appréciable, comme l'indique nettement le tracé de notre voyage (Voy. p. 5).

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