‹ Histoire de Mme DuchesneChapitre 123 sur 247 · SON APPUI EN DIEU SEUL · texte numérisé non relu

SON APPUI EN DIEU SEUL

plu dans la bienveillance de mon premier Pasteur. Le Dieu seul et Vlta Pater ont un nouveau goût dans cette situation où je sens que la divine Providence ne m'abandonne point. Il me semble en être investie, et la toucher de mon cœur et de mes mains. » Puis, peu de temps après, dans une seconde lettre : a Les consolations sont perdues pour moi. Mon cœur cherche à s'appuyer et ne trouve que Dieu seul. Dans cette pente qu'il a à se soulager, je jetais les yeux sur M"'Flaget, évèque de Bardstown, mais il n'est pas venu. J'ai pensé aussi au saint M. de Andreis, provincial des Lazaristes, mais il est toujours malade. Il me faudra donc rester avec Dieu seul, mou âme n'ayant pu se livrer depuis que j'ai quitté la P'rance, »

M, l'abbé Delacroix étant parti pour une mission au bord de la Gasconade, M. de Andreis fut envoyé pour '^ remplacer. Ce fut une consolation pour M™° Duchesne, |uelle disait de lui et de M'"' Flaget : « Ce sont deux lats d'une réputation universelle, et dont Dieu bénit \ isiblement le ministère ^ . »

Félix de Andreis était un prêtre piémontais*. Il pressait à Rome la théologie dans la maison de son ordre, Monle-Citorio, avec un grand éclat de doctrine et de lole, lorsque }P^ Dubourg, en traversant l'Italie, l'avait rôle pour sa mission de la Louisiane. Il l'avait fait ensuite son vicaire général. C'était une âme mystique et 'postolique. Lui-même a raconté l'attrait qu'il éprouvait, s sa plus tendre enfance, pour les choses célestes, et quel ravissement le transportaient les cantiques sur

' Fiêurissant, 29 septembre 1819.

' Voir sa vie en anglais : Life oftlte vary Rev. Félix de Andreis.

1 timoré, 1861.

l'amour de Dieu et de la Vierge Marie , que lui chantait alors une tante maternelle. Poète lui-même, il célébrait en vers son ange gardien. Plus tard, il se plongea dans l'étude des écrits de sainte Thérèse et de saint Jean-de-la- Groix. Esprit élevé, cultivé, sachant également bien les langues sacrées et profanes, l'hébreu, le grec, le latin, le français, l'espagnol, il eût pu aspirer à toutes les dignités ecclésiastiques ; mais la solitude l'attirait, et ce goût n'était combattu en lui que par le zèle du service des âmes. Un petit livre, Dieu seul, alluma définitivement en lui la flamme sacrée de l'apostolat. Dès lors il souhaita d'être martyr pour sa gloire. C'était dans cet espoir qu'il était parti pour les missions étrangères, mais sans perdre l'habitude de sa conversation intime avec le Ciel. Tout ce qui l'en rapprochait avait le don de le transporter. M'"^ Duchesne raconte qu'un jour, à la ferme, M*"" Dubourg ayant demandé à M"»^ Octavie de chanter, en présence de ce vénérable prêtre, le cantique composé par le Père Barat en l'honneur du nom de xMarie : « Le bon saint, dit-elle, manqua nous donner le spectacle de saint Jean-de-la-Croix tombant en extase au chant de sainte Thérèse et des Carmélites. Il rougit, pâlit, trembla, se serra sur sa chaise, s'y laissa tomber, et enfin pleura... Il a tellement goûtt la solitude de ces bois, qu'il ne cesse de dire qu'il y i passé les plus heureux temps de son séjour en Amérique Les cantiques de Sion chantés dans cette terre le ravissaient. Il s'était déjà plu, le long de l'Ohio, à faire éclate: les noms de Jésus et de Marie là où ces noms sacré n'avaient jamais été ouïs ^ . »

Quelques pensionnaires de la maison de Saint-Charle

1 Journal au 9 octobre, p. il, et lettre aux élèves de Saintl Marie, le^ mars 1819.

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