‹ Histoire de Mme DuchesneChapitre 129 sur 247 · AGONIE DE SA NIÈCE ALOYSIA · texte numérisé non relu

AGONIE DE SA NIÈCE ALOYSIA

Mais une victime, entre toutes, était demandée par le Ciel , et elle achevait alors son immolation. A Sainte-Marie de Grenoble, Aloysia Jouve offrait à Dieu ses soufl'rances, afin qu'il suscitât des vocations pour ces terres que, hélas! elle n'espérait plus de servir autrement. Déjà M"^° Barat Récrivait à sa tante : « Ce qui m'attriste le plus, est la tin prochaine de notre Aloysia, cet ange de vertu. Nous f sommes désolées : priez pour elle et pour nous'. » M'"®Duffchesne, jusqu'ici si opiniâtrement cramponnée à l'espérance, commençait à ne plus parler que de résignation : U 11 paraît, écrivait - elle , ({u' Aloysia est maintenant plus [f malade. Il faut l'imiter dans sa résignation; mais il m'en ^1 coûte bien; je la voudrais ici-. » Elle comprit bientôt que I.Dieu lui demandait ce suprême sacritice, comme nous 1 l'indiquent ces lignes presque désespérées : « La mère |;Thérèse m'apprend l'agonie de ma chère Aloysia. Hélas! .quand on est ici, après avoir traversé les mers, on n'a plus d'amis à «revoir que dans le ciel. C'est là que je les vois tous ' . »

Tant de coups redoublés finirent par toucher et ébranler » > cieux. Le combat s'achevait, la victoire se déclarait, et yd Dieu commençait à en montrer le prix. Au plus tort des soufïrances de ce douloureux automne de 1820 , \lmo Duchesne constatait des germes de vocation dans plu- ■^ieurs pensionnaires : <( Eulalie Hamilton et Emilie Saint- ■ vr, ainsi que l'orpheline Mary-Anne Summer, manifestent loutes trois le désir d'être religieuses, « note le journal de la supérieure.

A une autre cependant était réservé l'honneur d'ouvrir la brèche et d'entrer la première dans la place. De toutes

' Paris, 24 mai 18"2ii.— 2 A M'"" Thérèse Maillucheau, 30 noiiliro 1820. — 3 Fleurissant, 7 mars 1821.

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les paroisses ou congrégations du Missouri , la plus fervente était celle des Barreins, au Bois-Brûlé. Un jour, M. Rosali, qui la dirigeait, et quelques autres prêtres, étant venus souper au Sacré-Cœur de Fleurissant, en faisaient cette description à M™° Duchesne : « Il y a tous les dimanches plus de soixante communions, et le samedi une vingtaine, souvent plus d'hommes que de femmes. Il n'y a pas dancette paroisse huit personnes qui n'approchent de la communion tous les mois. On n'y voit aujourd'hui ni dansc^, ni cabarets, ce qui ne peut se détruire ailleurs ^ » Or, <li cette fervente paroisse, était venue à Fleurissant une simple et bonne fille nommée î\lary Layton , médiocrement cultivée, — elle ne savait pas lire, — mais remplie de couragi et d'amour de Dieu. Quoiqu'elle n'eût que vingt ans , clk déclara qu'elle voulait être du Sacré-Cœur; et, de plus, foulant aux pieds le préjugé national , elle se déclara prcMt à y être mise au rang de sœur coadjutrice. La postulante reçut l'habit le 22 novembre , fête de sainte Cécile. C'était quelques semaines après la grande maladie de M"'" Duchesne , presque au lendemain de la mort de M. de Andreis Voici en quels termes solennels M™° Duchesne raconte ce événement : « En ce grand jour, celles de nos élèves qu ont quelques dispositions naturelles pour le chant chantèrent la messe en musique, et fort bien. Nous avions laissa l'autel paré de la veille, fête de la Présentation de Mari' au Temple, en laquelle nous avions renouvelé nos vœux Nous avons profité de la solennité pour donner plus d'aj> parât à la première prise d'habit faite dans la haute Loui siane depuis le commencement du monde, heureuses d voir une victime du sacré Cœur de plus^. »

1 M™" Duchesne, 29 août 1820. — 2 A la mère Thérèse, 30 ncj veinbre 1820.

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