ARRIVÉE DE M"'=^ MATHEVON ET MURPHY
M. de Tocqueville a écrit : « Si l'on me demandait à quoi je pense qu'il faille principalement attribuer la prospérité singulière et la grandeur croissante du peuple iinéricain, je répondrais que c'est à la supériorité de ses femmes. »
11 se peut que postérieurement l'Amérique ait justifié celte affirmation; mais il est trop certain qu'à l'époque lient nous écrivons l'histoire, les femmes, celles du moins lit! l'ancienne Louisiane, étaient dans une ignorance qui liisait l'étonnement et la douleur de l'Église.
Voici, sur ce sujet, ce qu'écrivait M'^' Dubourg à la iiiiTe Barat : « L'ignorance profonde, résultat de l'aban- Inn où ce peuple de la Louisiane vivait depuis son ori-
iie, était chez lui un obstacle à ce que, dès l'abord, on ippréciât le bienfait de l'éducation. Les femmes, même l'S plus riches, élevées dans l'apathie la plus incurable
pour tout ce qui tient aux choses de l'esprit et du cœur, une fois devenues mères, avaient peine à concevoir l'avantage que leurs filles pourraient retirer d'une culture soignée. Je vous laisse à penser l'état de grossièreté où sont plongées celles de la classe inférieure et pauvret » En conséquence le pasteur demandait à la mère générale de multiplier les foyers d'instruction, promettant qu'une prochaine transformation chez les femmes serait, Dieu aidant, le prix de l'éducation donnée par le Sacré- Cœur.
L'accueil que M*"^ Dubourg venait de recevoir dans la basse Louisiane avait fortifié en lui cette confiance. La fondation d'une nouvelle maison d'éducation lui fut alors proposée dans des conditions tellement avantageuses, qu'il s'empressa d'en faire part à M'"^ Duchesne.
A trois cents lieues environ au-dessous de Saint-Louis, et à soixante lieues de la Nouvelle-Orléans, au sein d'un pays appelé les Opelousas, un terrain bâti était offert au Sacré-Cœur par une dame riche et pieuse. Le mari de cette dame, M. Charles Smith, catholique fervent, était venu du Maryland, vers 1803, s'établir en Louisiane, où il avait eu la joie de voir sa femme, Marie Sentee, une Pensylvanienne , ardente anabaptiste, embrasser la vraie foi et s'associer désornaais à toutes ses bonnes œuvres. C'est là qu'ayant acquis une grande fortune, M. Smith avait acheté un immense domaine appelé le Grand-Coteau, où les époux bâtirent d'abord une égUse. Bientôt ils com- Drirent la nécessité d'élever à son ombre deux maisons d'éducation, l'une pour les garçons et l'autre pour les filles. La mort surprit M. Smith avant l'exécution de ce dessein charitable; mais sa femme, héritière de la moitié
' Fleurissant, ;{0 octobre 1819.