‹ Histoire de Mme DuchesneChapitre 157 sur 247 · VIE SPIRITLELLE ET APOSTOLIQUE · texte numérisé non relu

VIE SPIRITLELLE ET APOSTOLIQUE

tion ont un tel attrait que, pour cette raison, je goûto davantage notre pauvre campagne qu'un riche établissement lins une ville •. » Et quelque temps après : < Je ne con- -^ pas M™= Eugénie de vous avoir conseillé d'abandonner ic maison : je la trouve, quoique plus pauvre, plus heuuse ({ue la sienne. L'esprit principal pourra s'y conserver i.'temps à lombre de cette bonne direction ^ » Enfin is une autre lettre : « Sans doute on doit avoir du méiimpte dans ce pays, si on vient y chercher la fortune, honneur, le plaisir. Mais quand on n a voulu que le bon 'aisir de Dieu, on demeure en paix, même parmi les mau- - succès. Dieu n'exige pas de nous que nous soyons 1 reux ' ! »

Ainsi se passèrent les années 1824 et 1825. A cette der-

li'Te date le nombre des pensionnaires était tombé à quatre !

Mais là n'était plus le champ principal de l'apostolat des

:ligieuses de Fleurissant. Un autre ministère s'était olîert

I li'ur zèle; et les fruits qu'elles en recueillaient comme

: 'ux qu'elles en espéraient leur tenaient lieu de bonheur.

'l'était d'abord la conversion de Fleurissant, dont le

11' Recteur était en même temps le curé. Parfois la pluie

■nflant les cours d'eau qui séparaient la ferme et la pa-

oisse , le Père devait les traverser à cheval , à la nage ou

ur un tronc ieté à travers le courant : « Ils sont dans

es épreuves, mais non dans le découragement, écrivait

iW"® Duchesne : l'ancien esprit de zèle, de courage, comme

lie pauvreté, revit en eux tout entier*. » Il fut ranimé

lincore par la venue à Fleurissant de M. l'abbé Nérinckx,

iîrêtre flamand d'une grande sainteté, et fondateur d'une

;)ieuse congrégation de religieuses vouées exclusivement à

' Fleurissant, lii février 1824. — * lôid:, 22 novembre 1824. — f Ibid., 28 février 1823. — ■» Ibid., 10 juin 1824.

l'éducation des pauvres. Son exemple, son entretien, puis sa mort édifiante imprimèrent encore mv) nouvelle impulsion au dévouement pareil de M™° Ducliesne : « M. Nérinckx, écrivait-elle le l^'' septembre 1824, allait se lixcr au Missouri, pour de là passer avec ses religieuses vers les sauvages, quand la mort l'a prévenu, au moment où il venait de faire visite à nos Pères de Fleurissant. Il semble que ce saint homme ne soit apparu ici qu'afin de souffler, jusqu'à son dernier soupir, son amour pour la classe indigente. Il disait que, vu l'indifférence des riches, l'instruction des pauvres était le seul moyen de fixer la religion dans ce pays. »

En conséquence , le Sacré - Cœur de Fleurissant eut désormais deux écoles de pauvres. M™® Octavie Berthold pril pour elle les petites filles, avec une classe d'adultes poui les femmes mariées. M"^° Lucile Mathevon fit l'école au> garçons. Ceux-ci, rentrés chez eux, se faisaient à leui tour les catéchistes de leurs familles. Plusieurs mères disaient : « Depuis que mes enfants vont à l'école, il; m'ont fait connaître que telle chose est mal , et je ne 1; fais plus ^ » L'élan devint général. Des retraites prêchée, par les Pères amenèrent au pied de la chaire, puis à li Table sainte, la bourgade presque entière. Cent soixanti hommes firent leurs Pâques. Le jour de la Fête-Dieu, 1; procession , suivie par toute la paroisse , parcourut religieusement les rues et la campagne, où le saint Sacremen reposa dans le champ d'avoine du Sacré-Cœur : « Ce pères seraient capables de convertir un royaume, » écrivait 31'"^ Duchesne.

Autour de Fleurissant , dans un rayon d'au moins trent à quarante lieues , Saint-Charles , le Portage , la Darenne||

1 M"e Mathevon, 25 avril 1823.

Page 1