SA MALADIE ET SA GUÉRISON
.M""-' Duchesnc ello-mème voyait dans cet état l'annonce et le pronostic d'une fin prochaine. On lit dans une de ses lettres du commencement de cette année : « J'ai souvent été occupée de la mort dans ces derniers temps, cependant mon âme tient encore fortement au corps ^ »
Le recours à Dieu et à ses saints fut encore une fois le ^q-and remède qu'elle opposa à ce mal. Au commencement (le juillet elle put enlin écrire une lettre plus rassurante à \|nic Barat : « Il est vrai, lui dit-elle, que depuis quelques mois ma santé changeait beaucoup : je ne me reconnaissais pas moi-même. Mais le jour de Saint-Régis, sans avoir rien demandé, sans avoir rien désiré, je me suis retrouvée dans mon état ordinaire. Je ne puis donc méconnaître la main qui m'a touchée. Il ne me reste plus qu'a mieux profiter du temps à venir; et à vous, ma mère, de nous envoyer ici une meilleure tête. »
Elle terminait cette lettre par cette protestation de filiale soumission, aussi forte que tendre ; « C'est demain que, dans tous les Etats, on célèbre la fête de V Indépendance. Les catholiques n'oublient pas que ce jour leur a donné la liberté du culte. Quant à moi , je me transporte à votre fête du 22 ( la fête de sainte Madeleine ), et je célèbre en mon cœur l'aimable dépendance qui me lie à vous, et dont je bénirai Dieu jusqu'à mon dernier soupir, »
]\]me garât lui répondit en août , par la recommandation de ménager ses jours : « Je vous prie , ma chère fille , de vous laisser soigner. Voyez combien vous me causeriez de chagrin si vous tombiez malade. Je n'ai personne pour vous remplacer; il faut au moins que vous viviez jusque-là. » — « Je ne désire de vivre, repartit M™« Duchesne le 14 septembre, que pour consumer ma vie dans de plus grands
* Fleurissant, 28 février 1825.
travaux. Je sens ([ue le repos n'est pas pour cette vie. Il faut avoir le corps à la gène et le cœur sous le pressoir. Si je puis servir à la moindre petite œuvre pour la gloire du sacré Cœur, je consens à vieillir sans succès, sans reconnaissance, pour la seule gloire du Cœur en qui je suis votre fille indigne. Philippine. »
■ La fondation de Saint-Michel fut conclue entre les deux mères , d'autant plus facilement que M™" Duchesne venait de la négocier elle-même avec succès auprès de !>!■»« Barat. C'est ce que nous apprend cette lettre à M. Delacroix : « J'ai évité de prononcer sur une affaire de ce genre avant de connaître les intentions de notre supérieure générale. Mais déjà sa dernière lettre suppose un consentement ' . 3jmo Duchesne en adressa son humble reconnaissance ;i Celui dont elle voyait et adorait la main dans toutes ses afTaires : « Le Père Vaii Quickenborn m'a fait lui-même cet aveu : « Je ne sais comment il se fait que tout va ici, car « je n'y vois rien! » C'est bien autre chose de moi, pauvre, pécore, vieille et sans talents, sans amabilité et sans vertU.J Il n'y a que Dieu qui voit la fin*. »
En conséquence de cette humble disposition, M"'"^ DttiJ chesne écrivit pour faire attribuer à une plus capabfëj qu'elle la conduite et le mérite de cette fondation : « Il n'y ë] que M™° Aude qui puisse être là, écrivait -elle précédeiri^ ment à la supérieure générale. Il faut sa fermeté, sorti adresse , sa conduite irréprochable par sa grande prudenKil et régularité; qualités qui la rendent propre à tenir un pos difficile ^ »
3jnae Barat agréa, avec la proposition de M. Delacroîï la nomination de M""*^ Aude , qui devait être remplacée aujjl
1 Le l" mai 1824. — - Fleurissant , 14 septembre 1825. — » Ibid.\ l^f janvier 1825. — Item, à xM. Delacroix, l^r mars 1825.