FONDATION A SAINT-MICHEL
( ipelousas par M'"^ Murphy. Elle y mit eu même temps la iiditiou expresse que l'inspection générale des trois établisinents resterait commise à M"'° Duchesne : « Vous allez inc avoir, écrivait-elle à celle-ci trois maisons en Louisiane. Vous comprenez , ma fille , que deux de ces établissements riant confiés à de jeunes supérieures, elles auront besoin lYèiTQ guidées. La distance si grande qui est entre nous ne peut permettre, sans de graves inconvénients , que ces malais soient immédiatement dirigées par votre m-ère. C'est s ous , ma chère Philippine , que j'en laisse la conduite ■mme à la plus ancienne de celles à qui j'ai confié cette mission. Quoique nous n'ayons pas admis de provinciales, '.nus en ferez les fonctions par rapport à la Louisiane. Seins ■ute, vous allez encore gémir de cette nouvelle responsaliilité; mais Dieu vous aidera', »
;\Imc Aude commença par prendre les instructions de lie qu'elle regardait toujours comme une mère : « Nous voici au moment de notre départ, écrivait-elle le 28 oc- ' lire à 31"^" Duchesne; moment déchirant pour mon cœur, cause de l'affliction où je vois mes bonnes sœurs , de la I harge pénible que je laisse à ma sœur Xavier, et de celle )nt je vais moi-même être chargée. Priez pour que le ' eur de Jésus soutienne ma faiblesse , et que je sois une vraie amante du Calvaire. » Puis elle donnait ces détails : Je n'emporte que la somme de quatre cent cinquante : iastres. Voilà toute ma ressource pour payer notre voyagé, jurrir neuf personnes à Saint-Michel jusqu'à ce que nous ons des pensionnaires, meubler la maison , l'approvisionner > acheter un nègre. C'est peu de chose en soi-même; nais si Dieu est avec nous, c'est assez , c'est beaucoup *. »
' Paris, 7 avril 1825. — 2 Grand-Coteau, 28 octobre 1825. Rec, partie, p. 1.
Ce jour -là même, 28 octobre, M'"'' Aude se mit en route, emmenant avec elle une petite colonie de laquelle faisait partie une novice de seize ans. M'"*' Aloysia Hardev, que nous avons déjà vue pei^sionnaire au Grand-Coteau, au moment de la visite de la mère Duchesne. Elles arrivèrent à Saint -Michel la veille de la Toussaint. Le lendemain elles assistèrent à la messe paroissiale , placées dans le sanctuaire , au milieu d'une foule avide de les contempler : « A la prière du curé, écrivait M'°'= Aude, nous chantâmes la messe solennelle de Dumont, le Tantum ergo des Jésuites, un petit cantique, et le Laudate , auquel l'assemblée répondit avec une émotion extraordinaire : la moitié pleurait. » — « Mais plus on nous accueille, ajoutait cette mère , plus j'éprouve le besoin de me cacher dans le Cœur de Jésus : il n'y a plus pour moi de repos que \k\ »
Saint-Michel, à vingt lieues de la Nouvelle-Orléans, est situé en amont et sur la rive gauche du Mis&issipi, dont ilj n'est séparé que par une de ces levées qui se prolongenfl pendant des centaines de milles des deux côtés du fleuveJ Tout ce sol est une terre basse, visiblement formée pail des alluvions du Mississipi. Entre la ville et Saint-MicheM au-dessus et au-dessous , des bois nommés Cypricres, doni le pied baigne dans l'eau pendant presque toute l'année' alternent avec les prairies dont la monotonie profond*! donne à tout ce pays une physionomie de grandeur tranl quille.
La population se composait en très grande partie d'émij grés canadiens, d'origine française. Quand le désastreu| traité de 1763 eut livré aux Anglais nos possessions di Canada, plus de vingt mille colons, disant adieu à lei
* A la mère Duchesne; Saint-Michel, 7 novembre. Rec, II» parlj p. 2.