‹ Histoire de Mme DuchesneChapitre 168 sur 247 · INSTALLATION A SAINT-LOUIS · texte numérisé non relu

INSTALLATION A SAINT-LOUIS

Elle guetta les esprits : et la légion de dénions se trouva en définitive n'être qu'une légion de chats sauvages, qui, chaque nuit, s'élançant des arbres voisins dans le grenier, s'emparaient de ce poste pour y tenir leur sabbat. On les en délogea tous; après quoi on ne craignit plus d'appeler les orphelines. Les habitants de Saint-Louis, qui n'avaient pas oublié la sainteté de M'"° Duchesnc , s'empressèrent de l'assister. Le nouveau curé de la paroisse, M. Saulnier, lui envoya une vache, les produits de son jardinage, avec quelques meubles pour la petite école et la communauté, car on n'avait pour lit et siège que la terre nue. La maison fut bénite par M*" Rosati; M™" Duchesne vint l'habiter définitivement, laissant Fleurissant à M™^ Mathevon.

L'orphelinat installé, on attendit, pour ouvrir un petit pensionnat, l'arrivée de plusieurs maîtresses qui étaient envoyées de France par M™*' Barat. C'étaient M'"''* Dutour, Piveteau , Xavier Vandamne et Louise Dorival , qui prirent la voie de New- York, désormais préférée par le Sacré-Cœur, M"" Dorival se sépara de ses sœurs à la jonction de l'Ohio, pour se rendre au Grand-Coteau, sa destination. Les autres arrivèrent à Saint-Louis le 9 septembre , jour de la fête du saint Nom de Marie, laquelle avait été leur étoile conductrice durant la traversé(3.

La France, qui envoyait au Sacré-Cœur d'Amérique des iipôtres et des secours, lui envoya aussi le mot d'ordre du cpmbat : générosité, confiance l Une lettre de M"^° Barat, datée du 12 juin, apportée par les mêmes sœurs, demandait à la colonie d'être le corps d'élite de la Société : « Oh! combien je désire, leur disait cette mère, que vous atteigniez ce haut degré de vertu que le Cœur de Jésus demande de ses épouses, mais surtout de celles à qui il confie la mission de propager le culte de son Cœur parmi les peuples qui l'ignorent ou le connaissent à peine ! Cette

grande vocation doit élever vos âmes. Notre bonheur croîtra, au ciel, en proportion do la générosité avec lacjuelle nous aurons offert plus de sacrifices et d'actes de vertu à la divine Majesté. »

A cette lettre en était jointe une du Père Varin , inspirée par le même esprit. Elle était écrite du 1 1 juin et adressée à M""" Duchesne : « Ma bien chère fille , quel long silence j'ai gardé, mais non pas devant Dieu! Tous les jours cette pauvre Louisiane est présente à ma pensée ; elle est au fond de mon cicur. Je la porte à l'autel , et je l'oflVe avec une tendre afléction au Cœur adorable de Jésus-Christ. Qu'elle soit sa conquête et que ses épouses en soient les instruments : voilà l'objet de mes vœux... C'est donc avec une grande consolation que jai appris que vous aviez enfin formé un établissement à Saint-Louis, maintenant siège épiscopal. Voilà le fondement qui jusqu'ici manquait à l'édifice. Quelle joie ne m'est- ce pas aussi de voir partir vers vous la petite colonie qui aujourd'hui même, à six heures du soir, se mettra en route pour cette chère Louisiane! Avec quelle ardeur, malgré les années et les infirmités, moi- môme je partirais pour aller contempler, dans vos Etats-Unis, l'extension de l'œuvre de Dieu dont votre terre aura été le glorieux berceau ! »

Le Père Varin terminait par le cri de son cceur : « Oh ! ma fille, que Dieu est bon! que de choses n'a-t-il pas faites pour notre Société! Et comment, après tant de prodiges de grâces, la foi et la confiance pourraient-elles être ébranlées? Comment le cœur ne se livrerait- il pas à la reconnaissance?... Encore une fois, que Dieu est bon! Et comment ne pas dire : Courage et confiance! voilà notre devise jusqu'à la mort. »

Après le Père Varin, M. l'abbé Perreau soufflait la même ardeur courageuse à M'"" Duchesne, par cette con

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