RÈGLE POUR LES ÉLÈVES PROTESTAMES
luio liste d'arrêtés sur co sujet et sur plusimirs autres fut sMumiseà la sanction do la mère Barat, qui, tenant compte des circonstances, accorda à ses filles, à titre de simple permission , « qu'on n'exigerait pas des enfants protestantes l'étude du catéchisme, » et que dans le pensionnat « les prières, au lieu d'être récitées en latin, le seraient en anglais ». Ce fut tout ce qu'elle concéda. Quant aux promenades dans les champs, M""" Barat répondit : « On a la permission d'aller dans un hois sans flôturê, pour la promenade. » Mais une autre lettre stipulait que cette permission n'était que temporaire : « La clôture ayant été aussi réclamée aux Opelousas, je laisserai maintenant cet article in statu qtio. Nous y reviendrons à l'épOque de notre conseil général ^ »
Remarquons, en passant, qu'au milieu de ces soucis du gouvernement, les tendresses de la charité ne perdent pas leurs droits chez M"'^ Duchesne. Le même cœur que nous avons vu débordant de maternelles et délicates affections pour M"^"^ Aude et M"^*^ Murphy, s'inquiète en outre du sort des sœurs coadjutrices ; elle s'afïïige de les voir, logées cinq ou six ensemble, coucher dans des chambrettes glaciales et sous le toit. Elle re<loute qu'elles n'y prennent mal, et elle presse pour qu'on leur donne de meilleures cellules. Cette femme, toute de fer pour la régularité de l'observance religieuse et l'intégrité de l'honneur de Dieu , est toute mansuétude pour celles de ses sœurs qui lui rappellent le mieux Jésus, son divin Epoux, couché dans une étable.
Un rapport circonstancié sur le Conseil de Saint -Michel et la visite de la mère Duchesne fut envoyé par elle à M'"*' Barat. Celle-ci ne pouvant, à cette grande distance, se
1 Art. 18 de la lettre du 14 février, et lettre du 2 juillet 1839.
rendre compte tle la position de sa représentante, s'étonna qu'une si sage et si forte visitatrice n'eût pas agi , avec ses filles, plus résolument et plus complètement. Elle lui en écrivit cordialement sa pensée, à sa douce manière : « Sans doute, ma chère fille, votre voyage aura fait du bien ; mais il en aurait fait davantage si , en suivant le plan que je vous avais tracé, vous eussiez tenu un conseil dont vous eussiez été présidente, et qui eût décidé, à la pluralité des voix, tels ou tels articles tendant à la régularité et à l'uniformité. Vous avez bien réglé l'essentiel ; mais il me semble qu'il reste encore beaucoup à faire. »
Ce bien qui restait à faire, l'esprit judicieux de M'"° l'.nrat entrevit de quelle sorte elle le pourrait procurer phb efficacement. La supérieure générale l'indique, quand clli dit : « Il faudra absolument avoir pour la Louisiane um provinciale qui ait des pouvoirs particuliers et généraux , pour agir là selon le besoin. L'éloignement où je suis di vous peut nuire au bien , puisqu'il vous faut attendre uni réponse souvent plus de trois mois. Nous verrons, avec le temps , ce qu'il conviendra de régler. » Le conseil génénti" de 1833 résolut le problème, ainsi que nous le raconterons.
Toute cette situation faisait d'autant plus. aspirer M™" Duchcsne à retrouver, dans le Nord , sa vie de recueillemcn comme de pauvreté : « Je ne sais, écrivit-elle à la mèri générale, je ne sais si Dieu agréera mon voyage, que voli' volonté seule m'a rendu agréable. Mais mon cœur nu porte toujours vers la partie affligée, et c'est le Missouris »
Le 19 janvier 1830, elle quitta le Grand-Coteau, par ui temps d'orage et une pluie elfroyable. Un prêtre l'accompagnait avec un nègre à cheval, qui guidait la marchi
1 Saint-Michel, 1" février 1830.