‹ Histoire de Mme DuchesneChapitre 181 sur 247 · CONCILE DE BALTIMORE · texte numérisé non relu

CONCILE DE BALTIMORE

règlements de discipline ecclésiastique, précautions et remèdes contre l'introduction « d'un esprit d'indifférence qui, disaient-ils, sous le nom spécieux de libéralisme, ne tend à rien moins qu'à confondre la vérité avec l'erreur, en représentant toutes les religions comme bonnes )i, tels avaient été les objets principaux des sessions du concile.

Enfm la création d'une presse catholique avait semblé à ces apôtres le levier le plus puissant pour soulever ce pays. On encouragea les livres pour les écoles catholiques; une revue mensuelle, le Métropolitain, fut destinée à servir de lien entre tous les diocèses ^ Déjà celui de Boston, celui de Charleston et d'autres avaient leurs feuilles religieuses : « Vous ne sauriez croire , écrivait alors M. Antoine Blanc, lui aussi théologien de cette assemblée , vous ne sauriez croire la terreur que les sectes protestantes ont conçue à l'apparition de ces feuilles, ainsi qu'à la célébration du concile provincial. Elles ont sonné l'alarme dans leurs nombreux journaux , et leur cri général a été celui-ci : « Si l'on n'y prend garde, le papisme « envahira bientôt tout le pays. » Mais cette espèce de désespoir ne nous intimide pas. »

Dans cette œuvre, quelle était la part du Sacré- Cœur? Une lettre de M"i8 Duchesne établissait qu'à cette époque ses six maisons comprenaient ensemble soixantequatre religieuses et trois cent cinquante enfants, tant pensionnaires qu'élèves externes et orphelines ^ Elle se montrait heureuse de cette première récolte, qui allait devenir à son tour une nouvelle semence.

Mni° Duchesne demeura trois semaines à Saint-Michel, arrêtée par les glaces, qui, l'hiver, enchaînent le Missis-

1 Voir la lettre pastorale de M^^ l'archevêque de Baltimore. — Ami de la religion, 16 décembre 1829.

2 A M°'« Prévost, mai 1830.

sipi , maïs consolée par los glot-ieux témoignages tjue nous venons d'enregistrer. Enfin, le 5 février, elle put se mettre en route : « Je naviguai heureusement jusqu'à la jonction de rOhio, raconte-t-elle; mais au-deSsous, le manque d'eau nous mit à chaque instant en danger d'échouer. » Elle prit alors le parti de voyager par terre, dans une charrette à bœufs, « bien contente, écrit-elle, que le contretemps du voyage m'ait donné la facilité de recevoir les sacrements ^ » Après un court arrêt aux Barreins, où elle fut reçue chez les filles de la Croix, et une relâche de quelques heures à Sainte -Geneviève, elle atteignit Saint- Louis, le 27 février 1830.

Ce conseil de Saint-Michel forme une sorte d'arête qui sépare en deux versants la vie apostolique de M"»® Duchesne. Malgré les solides qualités qu'elle y déploya, il lui sembla qu'à elle ne devait pas appartenir le rôle trop glorieux de jouir de sa conquête en la gouvernant, et son humilité n'eut pas de peine à en conclure que le temps était venu de descendre de la scène et de rentrer dans l'ombre. Aussi, après ce dernier grand acte de son gouvernement, nous la voyons désormais, et jusqu'à son dernier jour, se plonger dans une vie de retraite, d'obscurité et de crucifixion qui finalement devait être plus profitable que l'autre à la dilatation de sa Société. Tel est le caractère et l'efficacité de la période suprême dans laquelle nous entrons : celle de l'immolation de M'""^ Duchesne.

1 Saint-Louis, 14 mars 1830.

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