‹ Histoire de Mme DuchesneChapitre 201 sur 247 · PRO.IKT DE FONDATION INDIENNE · texte numérisé non relu

PRO.IKT DE FONDATION INDIENNE

trop! mais non, je vous connais assez; et je vous dirai : Allez! Suivez votre attrait, ou plutôt la voix de Dieu. Il sera avec vous. Je le prie de vous bénir. »

Cette lettre était une force pour M'"" Duchesne. D'autre part, le Père de Smet insistait lui aussi sur la nécessité d'une maison du Sacré -Coîur parmi les tribus indiennes. « Madame, disait-il à la mère Galitzin, alors à Saint-Louis, croyez que vous ne réussirez jamais dans ce pays si vous n'attirez la bénédiction de Dieu en fondant un établissement chez les sauvages. — Eli! mon Père, c'est le désir de ma mère générale; mais nous n'avons pour cela ni argent ni sujets. — Ma mère, il le faut! » Tous deux convinrent de prier à cette intention.

Le projet chéri de M'"'^ Duchesne prenait donc de la consistance. Le 6 janvier 1841, fête de l'Epiphanie, ayant eu un entretien avec le Père de Smet, qui la vénérait comme une mère, M™° Duchesne fut pressée par ce missionnaire de présenter à ses supérieures une demande en règle. Le lendemain elle écrivit à M'"'' Galitzin , appuyant sa requête sur la volonté de Dieu, qui, disait- elle, a ne l'avait laissée vivre que pour cela! » — « Voilà, expliquaitelle , trois maladies graves que je supporte en Amérique ; jamais je n'avais aussi bien cru que je sortirais de ce malheureux monde, où je ne faisais qu'offenser Dieu. Le jour surtout de l'Immaculée- Conception et celui de Nool, j'avais joint à cet état de sacrifice si pénible, de si ardentes prières, pour obtenir de me voir enfin à mon terme, que je me croyais presque exaucée. Il n'en a pas été ainsi. Or je crois comprendre le mystère de cette résurrection. » Ici M"^^ Duchesne , rappelant à grands traits que son but premier, en partant pour l'Amérique, avait été de porter l'Evangile aux sauvages, disait dans son style ardent : « Surtout hier, fête des Rois, la visite du Père qui revient

des montagnes Rocheuses a tellement réveillé mes désirs et mon ardeur, que je me suis sentie comme ressuscitée par l'espoir que je serais de la mission qui»s'otire maintenant sous les apparences les plus favorables. »

Les avantages de cette mission des Potowatomies étaient expliqués par elle dans ces lignes du 7 janvier : a Le missionnaire que j'ai vu hier (c'est toujours le Père de Smet) nous a dit bien des choses qui rendent l'établissement facile : la promixité des petites villes, la sûreté du lieu, à l'abri de toute incursion. Sur quoi il nous a fait une obligation de saisir la place , avant qu'elle soit occupée par les presbytériens ou les méthodistes. Je lui ai montré la lettre de M^'' Rosati, lettre qui sent l'inspiration, où il me dit positivement : « Suivez cette vocation... » Je pense maintenant qu'elle est la voix, de Dieu , que la volonté souvent exprimée de ma mère générale y concourt, et que Dieu permettra que vous y donniez la main. » Elle concluait ainsi, fortement et humblement: « Dieu va me guérir; j'irai; je serai là surnuméraire, aidant au ménage, au travail , et ainsi laissant à une novice que vous y emploieriez le temps de finir son noviciat , en la remplaçant. »

Quinze jours après , le Père de Smet descendait en Louisiane , dans le double but de chercher des secours pour la fondation et de s'entendre à cet égard avec M°^'' Galitzin. Il portait à l'adresse de la visitatrice une seconde lettre, écrite le 2o janvier par 3I""° Duchesne, où celle-ci disait : Le Père, porteur de cette lettre, est celui qui soutient la grande mission, vers les montagnes. J'espère qu'il appuiera fortement mes demandes... Daignez, ma révérende mère, hâter votre retour pour cette grande affaire, que je sais être un des désirs ardents de notre mère générale. Les sujets ne manquent pas. J'espère que Dieu permettra que je sois choisie... » Et un peu plus loin : « Au lieu d'in-

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