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ÉPANOUISSEMENT DU SACRÉ-COEUR

ma paresse à son service, et de tant de fautes punissables. Vous êtes l'épouse du Cœur le plus tendre et le plus aimable. Aussi je me confie en nos liens de charité, en m'appelant votre sœur in Corde Jesit. »

Les années qui. suivirent la fondation de Saint-Jacques furent successivement remplies par de pareils établissements ou agrandissements, lesquels couvrirent bientôt toute la face des Etats. En 1846, Saint-Jacques se transporta en partie à Saint -Vincent, dans l'île de-Jésus, formée par le fleuve Saint- Laurent. En 1847, la maison de New- York, établie d'abord dans Y lie longue d'Astoria, se transporta définitivement à Manhattanville , où elle devint le grand noviciat de l'Amérique. Un pensionnat placé en 1841 à Mac Sherry's toxon, puis à Philadelphie, en 1846, est fixé l'année suivante près de la même ville, dans le magnifique domaine de Eden Hall. En 1849, Israël continue de dilater ses tentes. La ville d'Halifax en Nouvelle-Ecosse, celle de Buffalo sur le lac Erié, reçoivent chacune une colonie, tandis que celle de New -York voit s'élever de vastes écoles et associations. En 18.51, c'est au Détroit que le Sacré- Cœur établit un pensionnat, un orphelinat et un externat. L'année suivante, les villes de Sandwich et Albany reçoivent .le même bienfait. C'était en tout seize maisons que le Sacré-Cœur devait, sinon à l'action personnelle, du moins à l'initiative première, à la continuelle prière et aux longs sacrifices de la mère Duchesne.

M'"'^ Barat le savait. Un des plus beaux témoignages de sa reconnaissance se trouve dans une lettre du 16 février 18.52. Profitant du retour en Amérique des deux mSres Maria Cutts et Aloysia Hardey, qui revenaient du conseil général de la Ferrandièie , la supérieure générale voulut écrire à son amie. Cette lettre est la dernière adressée par elle à cette grande compagne : « Nos mères

partent demain, chère et bonne mère Duchesne, pour aller rejoindre leur chère mission. Je ne doute pas que M"i° Cutts ne s'empresse à son retour de vous faire une petite visite , pour vous parler de la Société, de vos anciennes mères, qui vous conservent un si tendre souvenir. Surtout elle vous dira combien notre réunion a été consolante, et, j'espère, utile à toute la Société. Ce sera donc, j'en ai la confiance, une des consolations de vos vieux jours. » Puis son amitié s'épanche en admirations et en remerciements; c'est la justice de la terre qui déjà précède pour M""' Duchesne la justice du Ciel : « Ma chère Philippine, la confiance dans le Sacré-Cœur s'accroît, se répand dans presque toutes les parties du monde, et nous recevons de partout des demandes qu'il faut refuser. Ah! s'il nous venait des mères aussi zélées et dégagées que celles qui ont envahi le pays où vous êtes, il ne faudrait pas tant de monde, et les fondations deviendraient faciles! Priez donc , chère et si bonne mère , priez avec instance que le doux Maître ait égard aux besoins des âmes qui nous réclament, et qu'il daigne envoyer des apôtres selon son cœur. Il vous exaucera, j'en suis sûre, vous, ma vieille fille, qui avez si bien compris le prix des âmes, et qui n'avez reculé devant aucun obstacle lorsque Jésus vous a appelée à les secourir. »

Ainsi M°^« Duchesne, au terme de la campagne, était mise à l'ordre du jour par sa supérieure, comme on le fait pour le soldat qui le premier a ouvert le chemin de la victoire. Le Seigneur, de son côté, lui avait été fidèle; et nous venons de voir combien magnifiquement il avait tenu enviTS elle cette promesse de son Evangile : Celui qui aura quitté pour moi père et mère, frère et sœur, maison et patrie, celui-là recevra le centuple, non seulement dans le siècle futur, mais dés le temps présent.

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