XXVI INTRODUCTION
cette immense rivière, ces cœurs de pierre laissent passer inutile la grâce, qui rentre dans l'abîme sans les avoir entamés '. »
Il n'en sera pas ainsi des torrents de miséricorde dont le Cœur de Jésus inonde l'Amérique , spécialement de nos jours. Fondée originairement « dans un but de religion et non de commerce », comme on l'a remarqué - ; peuplée par des réfugiés dont plusieurs étaient des confesseurs de la foi , instruite par sespères et premiers législateurs à mettre la religion àla base de sa vie civile et politique . et dès lors marquée du caractère religieux comme de son caractère propre , la nation américaine ne peut impunément renier son origine et fausser sa nature , sans courir le péril d'une dissolution , qu'en dépit de certains tableaux romanesques et fantaisistes, tout présage et fait redouter pour cette grande nation.
Ni le pervertissement de la constitution, ni le débordement violent de la démagogie , ne sont les causes premières du déraillement manifeste de cette puissante machine dont la course vertigineuse fait notre stupéfaction. Mais le mal, le grand mal, est qu'elle n'a plus de frein. Si c'est un axiome que nulle nation ne peut naître ni ne peut vivre sans Dieu, combien plus ce principe est -il vrai pour un peuple qui, divisé d'origine, de territoire, d'intérêts, de
1 Vie de Msr Flaget, p. 185, 186.
2 Prince's Christian History, p. 66. — Item, Magnalia Christi Americana, vol. I«r, cap. iv, p. 61. — M. de Tocqueville, Démocratie en Amérique, t. I«'', ch. ii, p. 69. '