‹ Histoire de Mme DuchesneChapitre 25 sur 247 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

Depuis vingt ans une haine jalouse contre les catholiques menace en Amérique l'ancienne liberté; et il ne tiendra pas aux six mille loges maçonniques qui oppriment les États que la Révolution ne passe l'Atlantique pour forger là aussi à l'Église romaine les chaînes qu'elle a juré de lui mettre partout. Mais n'ayons pas de crainte, l'Amérique catholique possède , entre autres forces , un puissant gage de victoire : c'est son union d'esprit et de cœur avec le Saint-Siège ; là réside sa grande puissance. L'attitude de ses'évêques au concile du Vatican a montré que son attachement à Rome n'a fait que croître depuis le jour 011 Grégoire XYl en parlait de cette sorte : (( Dans aucun pays du monde, je ne me sens plus pape qu'aux États-Unis. »

Puissent, réunis par ce lien d'unité et de charité, les deux mondes n'en faire qu'un, et donner ainsi raison aux paroles évangéliques du premier télégramme transmis par le câble transatlantique , le 18 août 1858 : «L'Europe et l'Amérique sont unies désormais. Gloire à Dieu dans les deux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. »

Puisse cette paix se faire au sein de la vérité , et s'accomphr ainsi les vœux qu'exprimait, il y a trois ans , un des plus vaillants champions de cette sainte croisade : « La foi catholique est le seul élément religieux dont le mouvement progressif soit en rapport proportionnel avec l'accroissement de la population dans les États-Unis... Avant la fin de ce siècle, les catholiques dépasseront en nombre les autres com-

INTRODDCTION XXXI

munions chrétiennes de la République réunies *. >> Alors, tournant ses regards vers les missionnaires qui lui conquirent cette place, l'Église d'Amérique rencontrera et bénira le nom de M"*" Duchesne ; alors elle lui redira les paroles qu'Israël adressait autrefois à Judith triomphante , et que nous avons placées en tête de ce livre : « Parce que tu as agi en homme, et que ton cœur a été ferme , la main du Seigneur t'a conféré sa force, et voilà pourquoi tu seras bénie à tout jamais. » Quia fecisti viriliter , et confortatum est cor tiium, ideo et manus Domini confortavit te, et ideo eris benedicta in œternum. (Judith, xv, 11.)

Orléans, ce saint jour de Pâques, 21 avril 1878 (l^e édit.). Lille, ce saint jour de Pâques, 9 avril 1882 (nouv. édit.).

1 Le P. Hecker, fondateur et supérieur des Paulistes à New-York, L'Eglise en présence des besoins de notre siècle , p. 52, 53.

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