‹ Histoire de Mme DuchesneChapitre 62 sur 247 · SON DIVIN APPEL AUX MISSIONS · texte numérisé non relu

SON DIVIN APPEL AUX MISSIONS

Je vous écrivis, ma cligne mère, le 23 du môme mois, à cette intention ' . »

Nous n'avons plus cette lettre ; mais nous avons la réponse de M™° Barat. C'est une explosion de reconnaissance envers Dieu : « Votre lettre a frappé au plus sensible de mon cœur. Je me suis sentie exaucée. Oui, ma chère tille, voilà ce que je . demandais pour vous depuis que le Seigneur vous a confiée à mes soins; et souvent je n'insistais auprès de vous avec ardeur, que dans la persuasion où j'étais que Jésus-Christ voulait de vous ce dévouement, cet entier sacrifice. Oh! j'y étais portée par un autre intérêt que je puis vous faire connaître , ce ne sera que pour vous. C'est un de mes secrets. »

Ici elle lui faisait part de l'espérance qu'elle aussi avait longtemps nourrie d'aller porter l'Evangile aux pays infidèles. Il lui avait fallu une grande résignation pour obéir aux ordres qui la confinaient en France ; mais elle n'avait pas , pour cela , renoncé à procurer le salut de ces peuples : a Non, écrivait-elle encore, ce désir, au contraire, augmente tous les jours. Je demande à Dieu que du moins une de mes compagnes l'accomplisse, et que l'Esprit-Saint lui-même la dispose et la conduise. Si, présentement, aucune de nous ne peut aller si loin , qu'il s'en trouve quelqu'une parmi celles qui doivent nous suivre; qu'en attendant, il y en ait qui soient disposées à le faire , qui prient pour ces nations , qui brûlent de zèle pour elles , et qui fassent passer ce feu dans d'autres âmes , afin qu'on puisse saisir l'occasion favorable quand Dieu l'aura décrété dans sa sagesse et sa miséricorde. »

Mais quand viendraient ce temps et cette occasion? Et

1 Mémoire autographe de 1818, fol. 2«, p. 1 et 2.

quelle part, l'heuro venue, serait donnée dans cette mission à M'"° Duchesne? A ces (|uestions pressantes la supérieure répondait : « Maintenant, ma chère tille, il me semble vous voir prosternée aux pieds de votre indigne mère, lui demander si c'est vous qu'elle destine, ou plutôt que Jésus lui-même appelle ?... Vous attendez le oui que vous avez déjà cherché, et qui paraît si long à vos désirs. Oh ! permettez que je ne le prononce pas encore. Mais je vous dirai : Espérez, nourrissez les désirs que vous avez, et travaillez à vous rendre moins indigne de cette faveur. Priez aussi , je le ferai particulièrement pour cela. Que je serais heureuse, si le Seigneur, ayant tant de raisons de dédaigner mes services , voulait agréer les vôtres ! Alors , à mon tour, prosternée à vos pieds, je vous supplierais de me recevoir pour votre petite servante... » Tout cet épanchement s'achevait par une excitation mutuelle à aimer Dieu et à souffrir pour lui.

Dans cette réponse M"" Duchesne ne comprit qu'une chose, c'est qu'elle était exaucée. Elle crut déjà toucher au terme de ses vœux. « Quai ! répondit-elle avec une vive allégresse, quoi! il m'est donc permis de me livrer à la plus douce des espérances! Mes vœux s'accompliront un jour! Dès maintenant je puis tendre par mes désirs et mes prières vers des contrées où je pourrai enfin rendre quelque service à Notre- Seigneur, et n'être riche que de lui! Quel aiguillon puissant pour m'exciter à me réformer, que la crainte de me rendre indigne de ma haute destinée! Avec quel respect mêlé d'attendrissement entendrais-je ces paroles de la bouche de ma tendre mère : Je vous envoie parmi les loups ! Oh ! si vous pouviez ajouter comme un agneau! Avec quel transport prendrais -je sa vénérable main et la porterais-je sur ma tète pour être bénie de cette sorte : A6 illo benedicaris in cujus honore crema-

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