‹ Histoire de Mme DuchesneChapitre 71 sur 247 · LES LENTEURS DE L'ÉTERNEL · texte numérisé non relu

LES LENTEURS DE L'ÉTERNEL

naîtra , avec actions de grâces , la réponse d'un Dieu fidèle en ses promesses.

Telle fut la longue épreuve , la longue préparation de ]\Ime Duchcsne. Qu'on ne s'étonne pas d'y voir prédominer la patience, la prière, le sacrifice et la contradiction; car tel sera, nous le verrons, l'élément prépondérant dans l'œuvre apostolique de la servante de Dieu. Qu'on ne s'étonne pas non plus de voir M""^ Barat employer tant d'années à cette formation. Qu'on se rappelle plutôt que, durant sa vie mortelle, le Seigneur ne fit autre chose que de former douze hommes à l'apostolat. Il fallait à la base d'une telle entreprise cette lente et solide expérimentation, pour s'assurer soi-même et pouvoir, au besoin, assurer aux autres que l'inspiration en venait bien de Dieu, et qu'on était dès lors en droit de compter sur lui. Ceux qui s'en vont répétant que ces déterminations aux choses héroïques, chez les femmes surtout, naissent d'une heure d'enthousiasme, et qui traitent d'aventures inconsidérées ces sacrifices sublimes, savent-ils bien ce qu'ils disent? Bien plutôt, faudrait -il s'étonner de la r lenteur avec laquelle d'ordinaire procède l'Eternel. Sans doute il ne faut pas marchander avec Lui, et l'Evangile nous apprend que Jésus ayant dit aux disciples : « Suivezmoi, » les disciples, quittant tout, se mirent aussitôt à le suivre. C'est l'élan spontané du zèle et de l'amour, tel que nous venons de le voir dans M™** Duchesne. Mais il est également écrit que l'homme qui veut édifier une tour, ou que le roi qui prépare une expédition, doit supputer d'abord si ses moyens répondent à son entreprise. C'est un autre élément, celui de la prudence. La sainteté ne se croit pas dispensée d'en tenir compte ; et qui osera reprocher à M"*^ Barat d'avoir exagéré ce premier de ses devoirs '?

Maintenant on se demandera : Mais qu'était-ce donc que

cette femme qui foulait ainsi aux pieds et famille et patrie? Elle n'aimait donc rien? Elle n'était donc retenue par aucune de ces attaches qui enlacent notre cœur? C'était donc un cœur de glace? C'était au contraire un cœur aussi ardent que fort; et le chapitre suivant, en nous la faisant connaître sous ce nouvel aspect, nous permettra d'apprécier la grandeur du sacrifice qu'elle s'apprêtait à faire pour l'amour de Dieu.

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